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La Samir dans la tourmente

Plombée par un important coût financier, l’activité de la Samir a du mal à prendre son envol. Avec une charge financière incontrôlable, la société se lance dans la distribution à la conquête de nouvelles marges.  

La Samir dans la tourmente
Amine Belghazi
Le 17 avril 2013 à 13h53 | Modifié 17 avril 2013 à 13h53

A fin 2012, la Samir couvre 57% du besoin national en produits pétroliers. Sur les deux dernières années, le prix moyen du baril de pétrole est resté relativement stable (111,3 USD en 2011 à 111,7 USD en 2012). La hausse des prix des produits pétroliers a permis de réaliser un chiffre d’affaires en évolution globale de 10% à 54.946 millions de DH. La demande a, quant à elle, reculé de 1,3% en 2012. Chose qui n’a pas empêché le groupe de mettre en service le projet Topping 4, qui a nécessité une enveloppe de 1,6 milliard de DH, afin de répondre à 80% de la demande nationale.

Ce projet d’investissement arrive à un moment où la demande européenne en produits pétroliers recule. Le Maroc suit la même tendance. «A cause de la crise, les marges de raffinage dans les pays méditerranéens sont les plus faibles au monde. Et des pays comme l’Espagne, le Portugal ou la Grèce dégagent des excédents en produits pétroliers, ce qui a pour effet direct une augmentation de l’offre et une baisse des prix dans la région. La Samir ne fait qu’en subir les conséquences», explique Jamal Ba Amer, DG de la firme, avant de poursuivre: «le groupe réalise une marge de raffinage de 6 USD par baril, nettement inférieure à la norme mondiale dans le secteur.»

Les filiales du groupe Samir (notamment Salam Gaz et Somas) affichent des performances meilleures, leurs résultats nets s’élèvent respectivement à 167 et 93 millions de DH.

Un constat plutôt amer qui pousse le groupe à s’endetter davantage. Résultat: des produits financiers en diminution de 2% et des charges financières qui augmentent du tiers, pour un résultat financier qui se dégrade, globalement, de -39% s’établissant à -666 millions de DH.

Un programme de restructuration de la dette, soutenu par la deux banques, BCP et AWB, prévoit un reclassement de 4 milliards de DH de dettes court terme en dettes long terme à un taux d’intérêt de 6,80%. Ce programme de reclassement est conditionné par une augmentation de capital de 1,75 milliards de DH, dans un délai de 3 ans, pour un prix de 600 DH/action. Chose que la tendance du marché ne permet pas, actuellement.

Boulimique en financements, la Samir a, par ailleurs, bénéficié d’un crédit d’enlèvement sur 18 mois, plafonné à 6 milliards de DH (auprès de la douane) et un contrat de préfinancement de 200 millions de dollars auprès de Glencoreenergy.

Au final, la Samir se retrouve avec une trésorerie qui se dégrade de 23% et des dettes de financement qui augmentent de plus de 110% s’élevant, à fin décembre 2012, à 8,6 milliards de DH.

Conscient de la faible rentabilité du secteur du raffinage, le groupe part à la conquête de parts de marché dans la distribution, en donnant naissance à la SDCC, qui sera dirigée par Youssef Ouhilal. En effet, la Samir a annoncé l’ouverture d’une trentaine de stations portant son nom dans les villes, sur les routes nationales et a affirmé son engagement dans les futurs projets autoroutiers.

«Pour le moment, la priorité est de restructurer le bilan afin d’en rétablir l’équilibre, en vue de faciliter de futurs accords de financements bancaires», nous confie Nabil Tazi, Directeur comptabilité de la Samir.

 

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Tags : Algérie
Amine Belghazi
Le 17 avril 2013 à 13h53

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