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ECONOMIE

Les exportateurs agricoles marocains prospectent à Moscou

Le Maroc a pris part pour la première fois au salon de l'agroalimentaire World Food Moscow. 16 entreprises marocaines se sont déplacées, accompagnées d’une délégation composée de Mohammed Sadiki, Abdellah Janati et Ahmed Bentouhami. Médias 24 fait un premier bilan de l’opération.  

Les exportateurs agricoles marocains prospectent à Moscou
Hamza Mekouar
Le 19 septembre 2014 à 9h36 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Cinq semaines après l’entrée en vigueur de l'embargo russe sur les produits alimentaires en provenance de l’Union Européenne, des Etats-Unis, de l’Australie, du Canada et de la Norvège, le Maroc avait une belle occasion de faire de bonnes affaires, avec sa participation au World Food Moscow qui constitue le plus important salon de produits alimentaires en Russie.  

Bien qu’il soit trop tôt pour dresser un bilan exhaustif sur la participation marocaine, Médias 24 vous livre les premières impressions de Abdellah Janati, Mohammed Sadiki et Ahmed Bentouhami, respectivement directeur général de l'établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE), Secrétaire général du ministère de l'Agriculture et de la pêche maritime et Directeur général de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA).

“Les Russes ont bonne une image des produits labélisés Maroc“

«Il y avait une forte présence marocaine», nous raconte d’emblée Abdellah Janati. «Le pavillon marocain s’est étalé sur 256 m2 et a accueilli 16 entreprises représentant les secteurs des agrumes, des primeurs, des produits halieutiques, de l'huile d'olive et des produits du terroir notamment l’argan et le safran», précise-t-il.

«Les premiers échos sont encourageants, c’est une belle occasion pour consolider notre relation avec la Russie et permettre aux opérateurs d’explorer de nouvelles opportunités d'investissement et conclure des partenariats. On peut dire que globalement les opérateurs ont fait du bon travail», ajoute le DG de l’EACCE.

«Nous avons constaté un engouement pour les produits marocains qui bénéficient d’une crédibilité en termes de qualité. Les Russes ont une bonne image des produits labélisés Maroc », nous confie-t-il.   

Plus globalement, M. Janati rappelle que la Russie est un marché traditionnel pour le Maroc. C’est aussi un marché en croissance puisque les exportations agroalimentaires vers la Russie ont progressé de façon significative ces dernières années. «La Russie reste notre principal marché pour les agrumes, mais on voit se développer d’autres produits à l’export comme la tomate dont le volume exporté a triplé ces dernières années», dit-il.

La qualité passe avant le volume des exportations

Pour Mohammed Sadiki, le Maroc n’augmentera pas le volume des exportations au détriment de la qualité. «Les exportateurs misent sur la qualité et non sur le volume des exportations. Si la demande augmente du côté de la Russie, nous augmenterons l’offre dans la mesure du possible, tant que nous pouvons contrôler la qualité des produits», a-t-il déclaré au site gazety.ru.

Rien à signaler sur le plan sanitaire

Pour Ahmed Bentouhami, Directeur général de l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), les opérateurs marocains ont pu aborder le marché russe sans rencontrer le moindre problème sanitaire.

«Ma présence avait pour but d’accompagner les opérateurs en matière de certification sanitaire, répondre à d’éventuels questionnements des partenaires sur les questions sanitaires et écouter les problèmes rencontrés sur ce plan, que ce soit pour les produits agricoles ou les produits de la pêche», déclare M. Bentouhami à Médias 24, ajoutant que la question sanitaire a été abordée jeudi lors de la commission mixte maroco-russe qui se tient à Rabat.  

«Un dossier important concernant l’accélération de l’enregistrement a été abordé durant la commission mixte. Il faut savoir que la Russie travaille selon un système d’enregistrement. Or, toutes les sociétés marocaines exportatrices ne sont pas enregistrées. Donc ce sujet a été discuté et il y a eu beaucoup d’avancées dans ce sens».

«C’était aussi l’occasion de discuter des facilités de contact entre les services de contrôles des deux pays. Les problèmes sont en cours de règlement, car les autorisations sont indispensables pour exporter vers la Russie. Nous avons un accord avec la Russie que nous sommes en train d’actualiser et d’améliorer. Nous étions présents pour accompagner les opérateurs et répondre à leurs questions. J’espère que cette visite et la réunion mixe donneront un coup d’accélérateur à nos relations avec ce grand pays qu’est la Russie», conclut-il.  

Mardi 16 septembre, le ministre russe de l'Agriculture, Nikolai Fiodorov a déclaré à Rabat que «la partie marocaine respecte les règles de sécurité alimentaire, vétérinaires et phytosanitaires», rapporte la MAP. Il s’est également réjoui qu'environ 87 usines de produits halieutiques aient bénéficié de l'autorisation sanitaire des autorités russes afin de pouvoir exporter leurs produits.

Des opérateurs représentants plusieurs secteurs 

Le pavillon marocain a donc accueilli 16 entreprises représentant les secteurs des agrumes, des primeurs, des produits halieutiques, de l'huile d'olive et des produits du terroir notamment l’argan et le safran. Il s’agit entre autres de :

-Les Domaines Agricoles (ex- Domaines Royaux), filiale de la SNI, comptent plusieurs sites de production agricole et agro-industrielle, répartis sur l’ensemble du territoire marocain: de Dakhla à Berkane en passant par les régions du Souss, d'El Haouz, du Saïss et du Gharb. Créés en 1960, les Domaines Agricoles comptent parmi les premiers opérateurs marocains dans le secteur;

-Le groupe Delassus qui existe depuis 1949, est spécialisé dans la production, le conditionnement et l’exportation de 4 produits: les agrumes, la tomate cerise, le raisin et les fleurs. L’entreprise exporte chaque année 80.000 tonnes et emploie 4.500 personnes au Maroc. Le Groupe est également un des leaders de la production de jus et nectars au Maroc avec la marque Marrakech ;

-Fresh Fruit Maroc, gros exportateur d’agrumes avec 40% des exportations, qui avait conclut en octobre 2013 un contrat de 5 ans avec le port de Wilmington (USA), la plus grande plateforme de stockage frigorifique de l’Amérique du Nord, pour un volume de 35.000 T/an ;

-Azura, producteur de fruits et légumes franco-marocain spécialisé dans la tomate (ronde, ovale, cerise, tomate en grappe). En 24 ans, le groupe Azura est devenu un des plus importants producteurs privé de tomates au monde avec 8.000 salariés, 68 fermes et près de 900 hectares de cultures ; 

-Suncrops, entreprise créée en 2003 et spécialisée dans la production et la commercialisation des primeurs. Elle est entièrement intégrée, de la production à la commercialisation sur les marchés extérieurs à travers sa société Suncrops France créée en 2008 en France. Sa station de conditionnement couvre 12.000 m2 dans la région d’Agadir ;

-Agafonte, située dans la région d’Agadir et spécialisée dans la production, l’emballage et l’exportation des fruits et légumes, notamment de la tomate, poivron, courgettes, piments;

-Domaine elboura, spécialisé dans les agrumes et les pommes de terre (Semence). Il exploite près de 1.200 ha à Taroudant ;

-Agri-souss, un important groupement d'exportateurs de fruits et légumes situé à Agadir et spécialisé dans les agrumes et les produits maraichage. Agri-souss exporte ses produits à presque toutes les régions du monde.   

-La Fédération nationale d'olive (FNO), la Fédération des Industries de Transformation et de Valorisation des Produits de la Pêche était présente, ainsi que des sociétés spécialisées dans les produits du terroir, notamment l’argan et le safran.

L’embargo Russe, une belle opportunité

L’embargo russe imposé le 7 août représente donc une belle opportunité pour le Maroc. D’une durée d’une année, il concerne le bœuf, le porc, la volaille, le poisson, le fromage, le lait, et les fruits et légumes. Un marché juteux qui a absorbé en 2013 pas moins de 10% des exportations agricoles et alimentaires européennes, soit près de 12 milliards d'euros.

Pour le Maroc, deuxième partenaire commercial de la Russie en Afrique après l’Egypte (avec un volume des échanges commerciaux bilatéraux qui dépasse actuellement les 2 milliards de dollars), les opportunités se trouvent évidemment du côté des agrumes et des primeurs, deux produits que le Royaume exporte de manière soutenue vers ce pays devenu par la même le premier client du Maroc pour les agrumes avec 50 à 55% du volume exporté, mais aussi du côté de l’huile d’olive et des produits de la mer.  

Actuellement, les agrumes constituent 71% de la valeur des produits agricoles exportés vers la Russie et les tomates 12%, alors que les produits halieutiques représentent 15% des produits exportés et sont constitués principalement de farine de poisson (10 %) et de poissons congelés (4%). 

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Hamza Mekouar
Le 19 septembre 2014 à 9h36

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