Le DG de l’ONCF sur la sellette
L’ONCF, une entreprise stratégique qui mécontente tout le monde. Après les usagers, c’est au tour du gouvernement d’épingler la gestion de l'Office national des chemins de fer. Son directeur est plus que jamais sur la sellette.
Retards interminables, manque d’information, climatisation défectueuse en pleine canicule…le service de l’ONCF déraille depuis plusieurs semaines.
Face à cette situation, les usagers mécontents ont improvisé plusieurs sit-in de protestation dans les principales gares marocaines. Et ne cessent de faire entendre leurs voix sur les réseaux sociaux.
Au niveau du gouvernement, le mécontentement des usagers semble pris très au sérieux. La question a été abordée le 12 mai au parlement. Mohamed Najib Boulif, ministre délégué auprès du Ministre de l'Equipement, a reconnu la mauvaise qualité de service de l’office et critiqué sa gestion et son mode de gouvernance, ajoutant que «la situation est devenue intenable», et qu’il faut nécessairement y remédier par «des mesures radicales».
Khlie rassure ses collaborateurs
Quelles seraient ces mesures radicales? On pense en premier lieu au patron du rail marocain Mohamed Rabie Khlie, pur produit de l’ONCF qui semble plus que jamais sur un siège éjectable. Depuis jeudi soir, des confrères annoncent même (au conditionnel) son limogeage imminent.
Le boss de l’ONCF s’est empressé d’envoyer ce vendredi un mail au ton rassurant à ses 8000 collaborateurs. Il les rassure et essaie de les remobiliser autour des objectifs et de l’amélioration de la qualité du service.
Voici le mail intégral:
«Chères Collaboratrices, chers collaborateurs,
«Face à certaines rumeurs, relayées récemment par quelques supports électroniques, prétendant le changement de la Direction Générale, je tiens à vous préciser qu’il s’agit là d’intox véhiculée au moment où notre Office avance avec détermination sur plusieurs fronts: amélioration au quotidien du produit ferroviaire en plus de la réalisation de projets structurants.
«Néanmoins, les perturbations du trafic enregistrées récemment ont suscité un fort mécontentement auprès de notre clientèle. Cela nous interpelle pour une mobilisation totale et nous incite à doubler d’efforts, à tous les niveaux, en vue d’améliorer davantage notre système d’exploitation et rehausser le niveau de qualité des services et réussir la mise en œuvre du plan d’action adopté à cet égard.
«Je sais alors compter, comme à l’accoutumée, sur l’engagement collectif et individuel ainsi que la rigueur (deux de nos cinq valeurs) qui ont toujours distingué les cheminots, pour relever les défis et rétablir la situation en toute sérénité afin de mieux répondre aux attentes et exigences légitimes de notre clientèle.
«Le Directeur Général Mohamed Rabie Khlie ».
L’ONCF devrait publier un communiqué dans la journée pour démentir le limogeage de Khlie.
ONCF, champ de bataille entre l’Istiqlal et le Pjd
Cela fait plusieurs mois que le crédit de Mohamed Rabie Khlie s’épuise à grande vitesse.
Selon nos informations, le ministre de l’Equipement et du transport Aziz Rebbah avait sommé il y a quelques mois le DG de l’ONCF de limoger son numéro deux, Mohammed Smouni, directeur du pôle développement à l’ONCF, qui a accompagné Khlie tout au long de sa carrière. Mais le DG n’a pas voulu écarter son lieutenant.
Depuis, les relations avec le ministre sont aussi chaleureuses qu’une banquise du pôle sud. Sans oublier que Khlie a été nommé directeur de l’office sur proposition de l’Istiqlalien Karim Ghellab, qui fut lui-même DG de l’entreprise publique avant d’être nommé ministre de l’Equipement et du Transport. D’ailleurs, l’entourage de Rebbah ne cesse de critiquer le bilan de l’ancien ministre. L’ONCF serait-elle devenue le champ de bataille entre le PJD et l’Istiqlal?
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