Caravane OCP maraichage de saison 2014 : c’est parti !
Le coup d'envoi de la «Caravane OCP maraichage de saison 2014» a été donné par l'OCP le 18 mars dans la région de Chaouia Ouardigha. La caravane durera deux mois et vise 2.000 exploitants. Objectif : augmenter le rendement agricole et améliorer la productivité.
Après avoir pris connaissance des produits auprès des distributeurs d'engrais, quelque 200 agriculteurs ont été accueillis, mardi 18 mars, dans un grand chapiteau à Jakma.
Dans un laboratoire mobile accompagnant la caravane, sont effectués des tests d'analyse du sol, des plantes et de l'eau. Au sein du chapiteau, vingt professeurs et chercheurs agronomes se sont mobilisés pour fournir des présentations explicatives thématiques, traitant les différentes facettes du maraichage : types d'engrais à utiliser, rationalisation d'utilisation, périodicité d'utilisation, importance de l'analyse du sol, etc.
La caravane posera son dévolu sur six régions de cultures maraîchères. Dans l'ordre, la caravane sera déployée dans la région Chaouia-Ouardigha à Jakma, les zones de la Haute Moulouya à Aghbalou Nserdane, Rabat-Gharb-Loukkos à Laaoumra, Saiss-Meknès à El Hajeb, l'Oriental à Berkane et la région de Doukkala-Abda à El Jadida.
Des contrats-package entre distributeurs d'engrais et OCP
Dans l'objectif de dynamiser le secteur de la distribution des engrais au Maroc, et parallèlement la croissance de la productivité et du rendement, le concept de la caravane agricole a été conçu selon le modèle «contrat-package», entre l'OCP et les distributeurs d'engrais phosphatés.
14 contrat-packages ont été signés en 2013 pour répondre à l’objectif de la disponibilité des fertilisants appropriés et en quantité sur le marché local ainsi que l'accompagnement technique et scientifique sur le mode opératoire des engrais. Ceux-ci stipulent que les distributeurs s'engagent à former les agriculteurs en fertilisation, les accompagner à installer des essais de démonstration et les aider à se mettre à jour quant aux formules d'engrais adaptés ; l'OCP de son côté s'engage à mettre à disposition des distributeurs les volumes demandés en engrais. Cela étant, en 2014, l'OCP assurera un approvisionnement national de 550.000 à 600.000 tonnes d'engrais phosphatés.
Une production d'engrais en évolution
Le groupe dispose de plusieurs unités de production d'engrais phosphatés, à Jorf Lasfar et à Safi.
Jorf Lasfar seul, produit aujourd'hui prés de 7 millions de tonnes d'engrais annuellement. Un volume qui devrait dépasser la barre des 10 millions de tonnes à l'horizon 2017, appuyé notamment par la mise en service dans la même région de 4 nouvelles unités, d'une capacité de production chacune de 1 million de tonnes par an.
Ainsi, la part de marché d'OCP dans le commerce international des engrais est d'environ 15%. C'est pourquoi l'office aspire à accroître sa production d'engrais :sa part de marché naturelle devrait être à terme de 40%. l'augmentation de la production d'engrais vient répondre à l'évolution structurelle de la demande mondiale. Aujourd'hui nous sommes 7 milliards sur la planète, et nous serons 9 milliards en 2050. L'enjeu étant de nourrir une population démographique croissante, du fait que les engrais constituent, selon les experts, l'une des solutions clé de la sécurité alimentaire mondiale.
Par ailleurs, cette 5e caravane a, de plus, une particularité sociétale : une caravane médicale va accompagner la caravane agricole. Elle offre des soins en ophtalmologie et des séances de sensibilisation bucco-dentaire au profit de 3.000 enfants. Et ce, en partenariat avec l'Association médicale marocaine de solidarité (AMMS) pour les soins en ophtalmologie et l'association «Opération smile Morocco» pour la sensibilisation bucco-dentaire.
QUATRE QUESTIONS A :
Lhoussaine Moughli : « nous ciblons les petits agriculteurs pour un utilisation efficace des engrais »
Lhoussaine Moughli est professeur d’agronomie à l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II. Il est partie intégrante des caravanes agricoles de l’OCP.
Vous faisiez vos recherches dans la région de Chaouia-Ouardigha il y a 20 ans de là. Quelles sont les évolutions que la région a connues ?
Je note deux grandes évolutions. D’abord l’aspect technique de la production qui s’est modernisé grâce à l’introduction de nouvelles techniques et de nouvelles semences ainsi que la vulgarisation de leur utilisation. Cependant, je constate une raréfaction des ressources en eau. C'est-à-dire qu’on va maintenant vers des profondeurs de 120 à 130 mètres pour les puits. Car ici, l’irrigation est faite à partir des puits. Ce qui fait que la production devient de plus en plus chère.
La spécificité de la région de Chaouia-Ouardigha ?
C’est une région où les sols sont très riches et très fertiles. A l’échelle nationale, c’est l’une des communes les plus productrice des pommes de terre depuis très longtemps. La région alimente la consommation nationale de pommes de terre, oignons et carottes. Une partie est destinée à l’export, mais la majorité couvre la production locale.
Quelle est la spécificité de la caravane agricole ?
On essaie d’avoir le maximum des petits agriculteurs. Parce que les grands agriculteurs ont la capacité, la technicité et les moyens pour élever leur production. Donc nous nous intéressons aux petits agriculteurs pour les sensibiliser en termes de fertilisation de culture dont les prix des engrais ne cessent d’augmenter. Et donc les charges augmentent en parallèle.
Nous leur présentons ainsi des techniques pour l’utilisation efficace et efficiente des engrais, de manière à réduire les charges tout en protégeant l’environnement. Parce que l’excédent d’engrais est susceptible de poser les problèmes de pollution.
Avez-vous perçu un résultat des précédentes caravanes ?
En tant que professeur universitaire, je laisse mes cartes visites pour les agriculteurs intéressés. Je reçois ultérieurement des appels de demandes d’informations diverses. A titre d’exemple, on m'appelle pour se renseigner sur l’endroit approprié pour faire l’analyse du sol, ou sur le type d’engrais à choisir. Un changement de mentalité est largement constaté.
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