Affaire Samanah : les acquéreurs réclament les titres de propriété
L'affaire Samanah Country Club refait surface. Le groupe Alain Crenn n’a réalisé que le parcours de golf et une partie des villas et un seul hôtel. Les acquéreurs protestent contre la lenteur des travaux et réclament la délivrance des titres de propriété.
Le groupe français Alain Crenn s’est engagé, en vertu de deux conventions d’investissement signées en 2006 et en 2007 avec l’État marocain, à réaliser le projet Samanah Country Club à Marrakech sur une superficie de 288 ha. Ce projet, piloté par la société de droit marocain Marprom, filiale du groupe Alain Crenn, devrait réaliser un golf sur 100 ha, 600 villas et maisons de haut standing et trois hôtels 5 étoiles.
Un retard de livraison de 4 ans !
Contacté par Médias 24, Farid Temsamani, président de l’Association des acquéreurs du projet Samanah à Marrakech, a déclaré : «Les acquéreurs du projet Samanah ont signé avec le promoteur immobilier un contrat de vente en l’état futur d’achèvement en février 2007. Le délai de livraison était fixé à 6 mois. Finalement, quelques acquéreurs ont possédé leurs biens après 4 ans de retard».
Le projet demeure inachevé
Par ailleurs, 9 ans après la signature des contrats, le projet est très loin d’être achevé et les clauses initiales de la convention n’ont pas été respectées. En effet, uniquement la première tranche de 200 villas a été construite et seulement 120 acquéreurs ont récupéré leurs biens après avoir payé 80% du montant. «Personnellement, j’ai détenu ma maison il y a deux ans après l’avoir payée en totalité. Je l’ai trouvée en très mauvais état», a déclaré M. Temsamani.
Ainsi, malgré les montants colossaux encaissés, les promoteurs n’ont pas finalisé les équipements prévus et n’ont pas fourni les titres de propriété aux acquéreurs, nous a précisé M. Temsamani.
Quant à la partie hôtelière, elle est toujours en suspens. Un seul hôtel est en construction et loin d’être opérationnel, a fait savoir M. Temsamani.
De nouveaux actionnaires et des difficultés financières
Ce retard dans l’exécution du projet Samanah est dû, entre autres, aux difficultés financières de Marprom. La société a été cédée, en 2011, à de nouveaux actionnaires, en l’occurrence Gaël Paclot et Daniel Boisson, qui ont déclaré Marprom en cessation de paiement.
D’après l’Association des acquéreurs du projet Samanah à Marrakech, une procédure de redressement judiciaire a été initiée le 4 février 2014. Le jugement d’ouverture a été prononcé par le juge commissaire du tribunal de commerce de Marrakech, KhouyaMouh Mustapha, qui a nommé un administrateur judiciaire en la personne de Dinar Houcine, expert comptable.
16 mois après l'ouverture de la procédure de redressement, les acquéreurs restent sans nouvelles, malgré plusieurs écrits à la fois aux promoteurs immobiliers, à l'administrateur judiciaire, au juge commissaire et à la Banque Centrale Populaire, en tant que partenaire financier du projet, selon l’association.
Les acquéreurs réclament les titres de propriété
Face à cette situation, les acquéreurs se sentent ignorés, abandonnés et pris en otage dans cette situation et doivent, malgré tout, continuer à faire face à leurs échéances d’emprunts auprès des banques, a avancé M. Temsamani.
Ainsi, les acquéreurs du projet Samanah à Marrakech lancent un appel aux institutions et aux organismes étatiques signataires de la convention avec Marprom, aux autorités locales de Marrakech, au président du tribunal de commerce de Marrakech, à la Banque Populaire et à l’administrateur judiciaire, pour trouver une solution à la délivrance des titres de propriété aux 200 familles qui sont dans l’attente depuis plusieurs années.
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