Aéronautique: Stelia pose la première pierre de sa 2e unité à Nouaceur
Le doublement d’activité de Stelia au Maroc d’ici 2019 se concrétise. 400 emplois seront créés et 50 millions de sourcing sont espérés.
De son aveu, le ministre de l'Industrie aime sentir la poussière, et c’est à chaque fois avec beaucoup d’entrain qu’il inaugure le lancement de chantiers industriels, démonstration que sa politique des écosystèmes fonctionne.
Ce mardi 2 décembre, la première pierre de la 2e unité de Stelia, équipementier aéronautique filiale d’Airbus, était posée par Moulay Hafid Elalamy et Cédric Gautier, Président de Stelia. La construction de cette deuxième unité répond à l’objectif de doublement des activités de Stelia au Maroc. 400 nouveaux emplois et un sourcing de 50 millions de dollars sont à la clé d’ici 2019.
Une extension initialement prévue en Tunisie
Stelia lance le chantier de son usine nouvelle qui doit être livrée en juillet 2016. Cet investissement de 400 MDH représente 400 créations d’emplois d’ici 2019. Cette montée en cadence de la filiale d’Airbus, acteur majeur de l’aérostructure, doit répondre aux nouvelles commandes des A320 et A350.
La fabrication de l’A320, engin vedette, doit monter en cadence à hauteur de 60 pièces par mois. Pour Cédric Gautier, Président de Stelia Aerospace, la 2e unité au Maroc remplit un objectif de production, et non de R&D et transfert technologique, en tout cas pas dans un premier temps.
Cette extension d’activité au Maroc, annoncée en juillet 2014 par Cédric Gautier, était initialement prévue en Tunisie où l’ex-Aerolia dispose déjà d’un site de production. La phase 2 de l’investissement en Tunisie a été abandonnée, Stelia optant pour le Maroc.
Pour le Président, les activités tunisiennes et marocaines sont pourtant complémentaires et non en concurrence, chaque pays présentant des atouts différents de part et d’autre. "Nous avons une vision pérenne sur l’un et l’autre site."
L’extension d’activité de Stelia au Maroc est déjà opérationnelle. "Nous n’avons pas attendu la livraison de l’usine pour commencer à travailler. 50 salariés sont déjà en formation à l’IMA d’opérateurs et de maîtrise pour commencer à travailler sur des produits. Il y a déjà des produits fabriqués et livrés en France. En juillet, on sera déjà entre 150 et 200 personnes déjà opérationnelles, formées, prêtes à prendre leurs nouveaux postes."
Un exemple de co-localisation
Stelia et le Ministère de l’Industrie refusent de parler de délocalisation, mais plutôt de co-localisation "gagnante-gagnante". Il y a 6 mois, Stelia répondait à un appel d’offres sur l’airbus A350. Stelia l’a remporté. Pour le Président de Stelia, c’est la combinaison des deux usines française et marocaine qui a permis cette victoire, la présence au Maroc permettant au groupe d’avoir une offre compétitive. "Un emploi créé au Maroc, c’est un emploi pérennisé en France", selon la bonne formule du Président.
400 nouveaux emplois sont à la clé avec la nouvelle usine d’ici 2019, ce qui représente un doublement d’activités pour Stelia au Maroc qui compte déjà 400 postes dans sa première usine.
Stelia sous-traite une très grande partie de ses composants. Ses achats représentent près de 75% de son chiffre d’affaires.
L’entreprise se base sur un large réseau de sous-traitants existants. Ses partenaires historiques pourraient donc suivre le chemin de Stelia en «co-localisant» au Maroc. On parle déjà de Blondel, logisticien français partenaire de l’équipementier, comme potentiellement intéressé pour une implantation marocaine.
Ecosystème aérostructure autour de deux équipementiers
L’extension de Stelia a fait l’objet d’un accord avec le Ministère de l’Industrie, dans le cadre de la signature d’un écosystème aérostructure, dont Stelia est la locomotive.
Par cet accord, Stelia s’engage sur un investissement, des créations d’emploi mais également sur un taux d’intégration locale. L’équipementier s’approvisionne déjà pour un montant de 25 millions de dollars de biens et services au Maroc.
Avec la nouvelle usine, ces achats devront doubler. La logique d’intégration est déjà présente pour la première unité. La grande majorité des pièces ne sont pas fabriquées dans l’usine mais assemblées à partir de composants essentiellement sous-traités sur place. "Nous dépassons déjà allègrement les 60 à 70% de taux d’intégration, selon la définition retenue de taux d’intégration", affirme le Président de Stelia. "Ces taux d’intégration, c’est du jamais-vu, c’est très particulier", a opiné MHE.
La deuxième usine doit suivre cette logique, soit localiser l’ensemble de la chaîne de valeur sur place. Une stratégie pleinement justifiée par la maîtrise des coûts logistiques. Stelia fait de l’assemblage et fera dans la nouvelle usine de l’usinage de pièces longues. Cet équipementier tier 1 doit drainer autour de lui son réseau de fournisseurs.
Moulay Hafid Elalamy ambitionne dans le cadre du PAI de booster la branche aéronautique d’ici 2020, par le triplement de l’effectif actuel en créant 23.000 nouveaux emplois, et le doublement du chiffre d’affaires réalisé en 2014 pour atteindre 16 MMDH. Le taux d’intégration local - part de l’approvisionnement local dans les achats - doit être porté à 35%. 100 nouveaux acteurs doivent venir s’implanter.
Le ministre déploie dans l’aéronautique sa logique de création d’écosystèmes. L’écosystème aérostructure aura pour locomotive Stelia; le ministère souhaite également placer Bombardier au coeur de cet ensemble.
Les acteurs de l’écosystème bénéficient de contreparties étatiques, comme la franchise d’impôt pour 5 ans dans la zone franche de Midparc et la prise en charge de la formation à l’Institut des Métiers de l’Aéronautique dont a bénéficié Stelia.
Stelia Aerospace est une filiale à 100% d’Airbus née de la fusion entre Aerolia et Sogerma le 1er Janvier 2015. Elle engrange 1,8 MM€ CA, emploie 6.100 salariés dans ses 10 sites industriels (5 en France, 2 au Canada, 1 en Tunisie et maintenant 2 au Maroc). Elle engage 250 M€ de R&D par an.
Stelia Aerospace présente une volonté de croissance. Elle ambitionne d’atteindre 2,2 MM€ de CA d'ici trois ans, en surfant sur la croissance de l’activité aéronautique d’Airbus et de nos autres clients: Bombardier et Boeing.
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