Samir: la perte a dépassé 4,6 MMDH en 2015
Outre l’incapacité à rembourser ses dettes, le rapport d’expertise judiciaire sur la Samir revient sur l’évolution des principaux indicateurs financiers et opérationnels du raffineur, sur la période 2012-2015. Il relève également l’incapacité des filiales de la Samir à atténuer le déséquilibre.
Il a été constaté une évolution fortement négative, influencée par la régression de l’activité du raffineur, traduite par une baisse du chiffre d’affaires, combinée à la montée des charges d’exploitation et des charges financières liées à l’endettement.
En effet, le chiffre d’affaires de la Samir a régressé de 20%, passant de 54,946 MMDH en 2012 à 44,044 MM DH en 2014. Au 30 juin 2015, il a atteint 12,076 MMDH, accusant ainsi une baisse de 73%. Rappelons que la Samir subit un arrêt de son activité industrielle depuis le 7 août 2015.
Parallèlement, la production a accusé une baisse de 14% en volume et de 29% en valeur.
Ainsi, la valeur ajoutée de la Samir a enregistré une baisse moyenne de 176% sur la période 2012-2014, s’établissant à -2,891 MMDH en 2014. Selon les chiffres communiqués par la Samir (chiffres provisoires et non audités), la valeur ajoutée s’est établie à -2,361 MMDH à fin 2015.
Le taux de la valeur ajoutée par rapport au chiffre d’affaires s’est naturellement inscrit dans la même perspective. Il était de 3% en 2012, et s’est établi à -9% au 30 Juin 2015.
Suivant la même cadence, l’excédent brut d’exploitation s’est situé à -3,242 MMDH en 2014, au lieu de 1,211 MMDH en 2012. Au 30 juin 2015, il était de -1,326 MMDH.
Le résultat d’exploitation a enregistré une régression moyenne annuelle de 264% entre 2012 et 2014, pour s’établir à -3,320 MMDH à fin 2014 et à -1,400 MMDH à fin juin 2015. La marge opérationnelle s’est située à -8% en 2012 et à -12% au 30 juin 2015.
Le résultat net, ayant été fortement impacté par tous ces éléments, a affiché une baisse moyenne de -404%, entre 2012 et 2015 : selon les chiffres de la Samir, le résultat net a fait ressortir une perte de 4,637 MMDH à fin 2015. Le résultat net était de 1,480 MMDH en 2012.
Les chiffres communiqués par la Samir démontrent ainsi une marge nette de -29% en 2015, au lieu de -8% en 2014 et de 1% en 2013 et 2012.
Avec un endettement de 25,240 MMDH, selon les chiffres provisoires et non audités communiqués par la Samir, l’expertise judiciaire relève une difficulté pour le raffineur à s’acquitter de ses dettes.
Mais encore, l’expertise judiciaire relève, à travers les chiffres des filiales de la Samir, l’incapacité de celles-ci à faire remonter du cash à leur maison mère ni à atténuer son insolvabilité. Ci-dessous une analyse de la situation des filiales de la Samir (Salam Gaz, TSPP, Africbitumes et SDCC) telle qu’elle a été présentée dans le rapport :

Les auteurs de l’expertise estiment, à travers les ratios et chiffres présentés dans le tableau ci-dessus, que les filiales de la Samir sont également extrêmement endettées.
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