Sonasid réclame quatre ans de protection douanière
Le marché local demeurant impacté par la morosité de l’immobilier et des BTP, Sonasid axe sa stratégie sur les économies de coûts et la maîtrise de la distribution. Entre-temps, elle réclame de proroger de quatre ans les mesures de sauvegarde actuellement en application.
Sonasid, qui vient de publier un profit warning, ne dévoilera pas encore ses résultats semestriels. «Ils ne sont pas encore validés par le conseil d’administration», précise Ayoub Azami, directeur général de la filiale d’ArcelorMittal et de SNI, lors d’une conférence de presse organisée ce mardi 11 août à Casablanca. Donc pour l’instant, personne ne peut évaluer l’ampleur du profit warning sur les résultats à fin 2015. Tout ce que l'on sait, c'est qui figure dans le communiqué diffusé le lundi 10 août et qui évoque un "net retrait".
En revanche, le management de la société sidérurgiste se veut rassurant. La conjoncture internationale tire l’activité vers le bas, certes, mais les fondamentaux de la filiale marocaine tiennent bon.
Sur le plan international, la Chine met le paquet sur la liquidation de sa production, devenue surdimensionnée par rapport à ses besoins internes. Elle s’attaque aux pays du Moyen Orient et d’Afrique, poussant les exportateurs traditionnels, les Turcs et les Egyptiens notamment, à s’aligner sur ses prix. L’effet domino est tel que le prix à la vente du fer à béton a perdu 12%. La quête de nouveaux marchés, dont le Maroc, est devenue le maître mot de tous les producteurs mondiaux.
Au Maroc, le marché n’a pas connu de révolution commerciale. L’activité demeure dans une posture attentiste sous l’effet de la panne de l’immobilier et de la lente reprise des BTP. Sonasid ne peut, donc, compter sur des volumes additionnels au Maroc.
Pour maintenir le cap financier et créer de la valeur pour ses actionnaires, la société n’a d’autres choix, selon son management, que d’agir sur les coûts, maîtriser la distribution et militer pour le renouvellement des clauses de sauvegarde.
Les coûts passent inévitablement par l’économie d’énergie dans deux sens: le combustible pour les fonderies et l’électricité. La société qui s’alimente déjà en énergie éolienne auprès de Nareva, filiale de SNI, compte, d’ici fin 2015, basculer complètement et exclusivement vers l’énergie verte. «Nous sommes en négociation avec plusieurs opérateurs du marché», se limite à expliquer Ayoub Azami.
Le renforcement des circuits de distribution présente aussi des économies additionnelles ou des commissions sur chiffre d’affaires à récupérer. Sonasid a déjà initié cette stratégie depuis 2012 pour détenir, en 2015, plus de 40% de sa force commerciale en propre. Cette tendance sera maintenue pour l’année 2015 et les années suivantes.
L’autre poste de coût est l’approvisionnement en matière première. Sonasid parle de l’installation d’une centrale d’achat de ferraille pour «mieux acheter» sa matière première. Ses ambitions, non datées il faut le dire, vont jusqu’à proposer au gouvernement la délocalisation vers le Maroc de l’activité de démantèlement de navires. «Nous pensons le faire avec un partenaire étranger et nous sommes en train d’étudier les possibilités de concrétisation,» souligne Ayoub Azami.
Le projet de délocalisation est, entre autres, un appât assez intéressant pour vendre le dossier du renouvellement des clauses de sauvegarde. Sonasid, par le biais de l’association des sidérurgistes, a en effet présenté une requête auprès du gouvernement pour renouveler la protection douanière pour une période de 4 ans. La production du rond à béton a déjà bénéficié d’une mesure de sauvegarde depuis 2013, dont la date limite est prévue à fin 2015. La requête de l’association est actuellement en phase d’enquête et la décision du maintien de la protection sera prise d’ici fin 2015.
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