Financement de la Cop22. Mezouar sollicite le monde des affaires
Le budget de la Cop22 est estimé à quelque 800-850 millions de DH, dont 300 MDH proviennent du budget de l’Etat. Le tissu économique est sollicité pour y contribuer.
Environ 70 grands pontes du monde économique sont conviés ce jeudi 16 juin à Rabat pour un méga ftour organisé par Salaheddine Mezouar. Objet de l’invitation: échanger autour de la Cop22, de l’état d’avancement de sa préparation, du suivi de la mise en œuvre de l’accord de Paris, du rôle des opérateurs dans la lutte contre les changements climatiques… mais aussi – et surtout- mener une opération de levée de fonds.
Selon une source au comité de pilotage de la COP22, «le budget global de l’événement est évalué à 800-850 millions de DH». 300 millions de DH ont été débloqués du budget de l’Etat. 200 MH sont espérés en provenance du secteur privé et le reste sera financé par l'extérieur.
Lors d’une rencontre tenue en avril 2016, certaines organisations internationales ont promis des dons (2 millions d’euros accordés par l’Union européenne qui pourrait verser 5 millions d’euros supplémentaires, 450.000 dollars par le FIDA et 2 millions d’euros versés éventuellement par le PNUD, si les pourparlers aboutissent).
"Les négociations sont toujours en cours. Mais le processus avance d’une manière très positive", s'est contenté de nous déclarer une source autorisée au comité de pilotage de la Cop22.
Othmane Benjelloun au Ftour de Mezouar: "Les banques oeuvrent à la décarbonisation de leurs actifs de manière à être conformes aux normes internationales"
Le Maroc n’est-il pas néanmoins en retard dans le processus de levée des fonds, sachant que nous sommes à moins de cinq mois de l’événement? "Les financements et les partenariats continuent à être signés jusqu’à la dernière minute. C’était le cas des précédentes Cop", tient à préciser la même source.
En dehors des bailleurs de fonds internationaux, où aller chercher les fonds qui manquent? "La contribution purement financière n’est pas la plus importante. Des contributions en nature existent. Beaucoup d’entreprises sont déjà engagées, d’autres les rejoindront", répond ce membre du comité de pilotage.
La SNRT est à citer en exemple. Le groupe prévoit une contribution en services. "Elle est évaluée à plusieurs dizaines de millions de DH", note notre interlocuteur.
Lors de la conférence climatique de novembre, le groupe SNRT assurera la partie "host brodcasting", c'est-à-dire tout le dispositif de captation et de retransmission en direct des travaux des différentes salles.
"C’est une fonction très lourde, sujette à un cahier des charges très précis des Nations-Unies. C’est une donation que fait la SNRT en matériel, en mobilisation et en ressources humaines…", ajoute notre source.
Dans le même esprit, des entreprises vont équiper le village Bab Ighli, à titre de donation, de moyens de déplacement, de voitures hybrides…
Quel rôle joueront les grands comptes dans le financement de la Cop22? On en saura plus dès les prochains jours.
À découvrir
à lire aussi
Article : Après Tessera Capital, Tarik Sijilmassi lance Tessera Climate Intelligence
Après son grand retour sur la scène financière, avec Tessera Capital, Tarik Sijilmassi annonce la naissance de Tessera Climate Intelligence, filiale de Tessera Capital dédiée aux enjeux de décarbonation, de finance climat et aux nouvelles formes d’ingénierie financière liées à la transition.
Article : Gazoduc Maroc-Nigeria : l'accord intergouvernemental entre le Roi Mohammed VI et Bola Tinubu d’ici fin 2026
Lors d’un entretien téléphonique entre le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, et son homologue nigériane Bianca Odumegwu-Ojukwu, les deux parties ont confirmé qu’un accord intergouvernemental relatif au gazoduc Maroc-Nigéria devrait être signé par le Roi Mohammed VI et le président Bola Tinubu au cours du dernier trimestre 2026, marquant une étape majeure dans la concrétisation de ce projet énergétique stratégique pour l’Afrique de l'Ouest.
Article : Automobile : le chinois Kuntai accélère son projets d’usine au Maroc
Spécialisé dans les tapis et revêtements intérieurs pour véhicules, l’équipementier a déjà constitué sa société marocaine et poursuit ses investissements ainsi que ses discussions avec des clients locaux et européens.
Article : Commerce. Plutôt que de combattre l'informel, la plateforme de distribution AIKAD œuvre pour l'organiser
Pour Mohamed Kadmiri, le commerce marocain ne pourra pas se moderniser contre le terrain, mais avec lui. Le PDG d’AIKAD Group estime que les circuits non structurés remplissent une fonction économique réelle, tout en posant des problèmes de traçabilité, de concurrence équitable et de protection du consommateur. Dans cet entretien, il détaille une voie médiane : organiser progressivement l’informel, professionnaliser les réseaux et faire du "dernier kilomètre" un avantage compétitif.
Article : Logement : le Maroc place l’équilibre entre accessibilité et durabilité au cœur des débats
Réunis les 8 et 9 mai 2026 à Marrakech, experts et décideurs ont débattu des nouveaux modèles de logement abordable à l’occasion de la 58ᵉ édition du Réseau Habitat et Francophonie. Une vitrine pour la stratégie marocaine, fondée sur une approche intégrée, durable et inclusive.
Article : Ozone. Le plan de sauvetage judiciaire de la société de Aziz El Badraoui validé sur dix ans
Le tribunal de commerce de Rabat a arrêté un plan de continuation au profit d’Ozone Environnement et Services. La société dispose désormais de dix ans pour apurer son passif, déjà marqué par plusieurs créances importantes validées ces dernières semaines. Détails exclusifs.
