Les “établissements de paiement”, nouveaux opérateurs financiers, enfin homologués
Le Bulletin officiel daté du 2 mars apporte une nouveauté majeure pour le secteur financier marocain. Il s’agit des établissements de paiement qui viennent d’être homologués et qui pourront désormais offrir une palette de service à leurs clients.
Le ministère des Finances a publié sur le Bulletin officiel n° 6548 datant du 2 mars 2017, deux arrêtés relatifs à l’activité de paiement électronique. Dans le détail, il s’agit de deux circulaires de Bank Al Maghrib, qui ont été homologuées par Mohamed Boussaid, ministre des Finances, et qui exposent les conditions et délimitent le champ d’action des établissements de paiement tels qu’ils sont présentés par les articles 22 et 23 de la loi bancaire 103.12.
Deux textes tant attendus par les acteurs du marché, mais qui serviront aussi une bonne partie de la population.
"Avec ces deux circulaires, la Banque centrale souhaite donner aux citoyens non bancarisés l’accès à des outils d’inclusion financière", explique Hazim Sebbata, directeur général de Cash Plus.
Dans les faits, la Banque centrale apporte une grande nouveauté pour le secteur financier, qu’on pourrait même qualifier de révolutionnaire. D’un côté, les établissements de paiement pourront, à la suite de ces deux textes, ouvrir un compte de paiement pour leur clientèle.
Néanmoins, pour sécuriser ces opérations, Bank Al Maghrib a imposé une série de conditions à l’opérateur. Le client ne pourra pas injecter plus de 20.000 DH sur son compte. Avec cette condition, la Banque centrale veut verrouiller l’utilisation de ces comptes pour qu’ils ne soient pas utilisés pour l’épargne.
"Grâce à cette exigence, la Banque centrale veut que ce compte reste exclusivement dédié au paiement", remarque Hazim Sebbata. Pour que ces établissements ne viennent pas empiéter sur le territoire des banques, Bank Al Maghrib leur a interdit d’accorder des crédits aux clients.
Par ailleurs, suite à ces deux circulaires, les banques n’ont plus la mainmise sur l’émission des cartes, qu’une grande partie de la population appelle abusivement cartes bancaires. Parce qu’une fois le compte ouvert, le client aura droit à une carte de paiement et pas seulement. "En plus de cette carte, le compte donnera accès à tous les autres moyens de paiement disponibles et même ceux qui seront inventés plus tard et intégrés dans le circuit", détaille Hazim Sebbata.
In fine, les établissements de paiement offriront des services semblables à ceux d’une banque classique à savoir, le transfert d’argent, les prélèvements unitaires ou permanents, le dépôt, le retrait et même les virements.
"Tout dépendra de l’établissement choisi, mais toutes ces opérations pourront se faire grâce à une application sur le téléphone portable", enchérit un acteur de la place.
Pour rendre ces opérations plus simples, les circulaires de la Banque centrale ont introduit un nouveau concept, celui d’agent de paiement qui peut être l’épicier du quartier. "La nouveauté, c’est que chez ces agents, les clients pourront payer toutes sortes de factures et même faire des retraits ou des virements", nous explique un autre opérateur de la place.
La volonté de la Banque centrale de limiter l’utilisation du cash se confirme avec ces deux circulaires. Car même si les chiffres sur le marché de la monétique au Maroc semblent satisfaisants, l’utilisation la plus répandue reste le retrait du cash. "C'est une nouvelle aventure qui va commencer au Maroc et qui va élargir la concurrence et c'est au profit du consommateur", explique un opérateur du secteur.
Pour le moment, une seule petite étape reste à franchir pour les opérateurs qui souhaitent offrir à leurs clientèles ces services. "Nous attendons le cahier des charges qui doit expliquer comment cette demande doit être faite dans le fonds et la forme pour déposer les demandes", prévoit Hazim Sebbata. Après quoi, la Banque centrale délivrera des agréments aux différentes entreprises qui auront remplis les conditions requises.
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