“Renault peut atteindre un taux d’intégration de 65% à l'horizon 2020”
Si Renault se donne jusqu’en 2023 pour atteindre un taux d’intégration industrielle de 65%, des professionnels de l’automobile estiment que "ce taux peut être atteint d’ici 2020".
"Le Made in Morocco que nous faisons actuellement est au meilleur de la qualité de nos usines dans le monde". C’est ainsi que s’est exprimé le patron de Renault pour l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Inde, Bernard Cambier, vendredi 8 avril à Rabat.
Interrogés par Médias 24, des professionnels de l’automobile marocains confirment la bonne qualité des produits de Renault fabriqués au Maroc. C'est là une réalité sur laquelle insistait en janvier dernier l’ancien DG de Renault Maroc, Jacques Prost, à la veille de son départ de Tanger.
Entre 2012 et 2015, la production de Renault au Maroc a triplé, pour frôler les 300.000 unités. Les usines de Casablanca et de Tanger sont compétitives, Renault détient 38% du marché marocain et emploie plus de 9.600 personnes au niveau national.
"Le plan Vision 2016 a été bouclé de manière satisfaisante", rappelait Jacques Prost. Suite logique des bonnes performances de Renault Maroc et des bons rapports que l’Etat marocain et le constructeur français entretiennent, la convention d’exploitation exclusive de l’usine Somaca par Renault qui arrive à expiration en 2017, devra en toute logique être reconduite.
"Vision 2023"
C’est dans cette perspective qu’il faut voir les conventions industrielles et de formation signées vendredi à Rabat, entre le ministère marocain de l’Industrie et Renault. "C’est une nouvelle Vision 2023 qui s’ouvre", note un professionnel. La signature des conventions industrielles a été précédée, les 7 et 8 avril, par l’accueil à Renault Tanger et à Tanger Med Zones de 250 fournisseurs internationaux du groupe.
L’objectif des conventions vise à assurer aux fournisseurs de premier rang de Renault, deux milliards d’euros de commandes par an, contre un peu moins d’un milliard actuellement. C’est ce qui fera passer le taux d’intégration industrielle de 32% actuellement à 65%.
Renault vise à bâtir son propre écosystème automobile au Maroc, autour de ses deux usines marocaines, afin de se garantir des coûts compétitifs pour poursuivre son développement. Il doit aussi faire cela en garantissant à ses principaux fournisseurs et partenaires un niveau de commandes élevé.
Ces fournisseurs seront aussi appelés à livrer les usines marocaines, mais aussi celles d’Europe et éventuellement d’autres pays. Les usines européennes du groupe français tournent à près de 78% de leurs capacités.
Si l’avenir n’est pas à accroître les capacités de production d’automobiles sur les sites européens, en revanche, il faudra continuer à se fournir à bon prix, pour garder ces usines ouvertes. En poussant ses fournisseurs à s’installer autour de Tanger et de Kénitra, Renault s’assure des fournitures compétitives pour ses usines marocaines et européennes, 11 au total.
Renault, grâce au développement de son écosystème marocain, s’installe plus fermement sur un marché qui voit l’arrivée de PSA Peugeot-Citroën dans les 24 mois et probablement celle d’une ou deux autres marques d’ici 2020.
Renault, PSA Peugeot-Citroën, Ford et VW invités VIP à Tanger
Au 3e salon de la sous-traitance automobile, qui s’ouvre ce 20 avril à Tanger, il y a officiellement quatre constructeurs automobiles invités à titre de "VIP": Renault et Peugeot-Citroën bien sûr, mais également Ford et Volkswagen. Ford a ouvert un bureau de sourcing au printemps 2015 à Tanger. Médias24 peut confirmer que le projet de VW allant dans le même sens est avancé.
Cette même semaine, selon des sources sûres et de haut niveau, l’Etat marocain et Ford poursuivent leurs échanges au sujet du développement industriel des activités du constructeur américain dans le Royaume et ce, malgré les démentis de pure forme qui ont été apportés.
"Le développement du sourcing attire les constructeurs et vice-versa", souligne un équipementier marocain, interrogé par Médias24. "Aujourd’hui, tout constructeur met le Maroc sur sa carte". Après les moteurs, ce sont les sièges complets -et industriellement intégrés à 100%- qui seront fabriqués au Maroc d’ici le premier semestre 2017. Les industriels marocains de l’automobile tablent sur une capacité de production engagée d’un million de véhicules en 2020.
Ces jours-ci, l’emboutisseur Snop inaugure une extension de son usine et un nouveau câbleur -Acome- s’installe à la Tanger Free Zone. Médias24 a également pu apprendre que plusieurs sous-traitants automobiles aujourd’hui installés en Tunisie ou en Egypte "pensent soit à étendre leurs activités au Maroc, soit à les transférer."
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