Attijariwafa bank lance sa banque mobile, le secteur se digitalise
Attijariwafa Bank promet, dès le 9 décembre, une nouvelle banque 100% mobile baptisée "L'Banka Lik". La banque veut surfer sur la vague du digital, qui offre plusieurs avantages.
Depuis quelques jours, des panneaux publicitaires à travers plusieurs villes du Maroc affichent une campagne publicitaire autour d’une banque 100% mobile, baptisée «L’Banka Lik».
L’initiateur de cette campagne n’est autre qu’Attijariwafa Bank, qui promet, d’après les prémices dévoilés, la gratuité de l’ouverture des comptes bancaires pour les utilisateurs de ce service et ce à partir du 9 décembre prochain, date de son lancement officiel.
Cette campagne publicitaire, une sorte de teaser, intervient sur le marché sans préambules. La banque n’a pas encore officiellement communiqué sur le sujet, mais il est limpide qu’à l’instar de bons nombres de ses consœurs, elle veut surfer sur la vague montante du digital, avec tout ce qu’il apporte comme avantages.
A vrai dire, le virage vers le digital permet non seulement d’être à la pointe de la technologie, mais également d’explorer de nouvelles niches, de capter plus de clients et de bonifier les chiffres de l’inclusion financière. En effet, qui dit banque mobile, ou digitale, dit inclusion de la tranche des jeunes, utilisateurs majoritaires des outils technologiques.
La banque digitale implique également des coûts inférieurs à ceux de la banque classique et donc une facturation des services bancaires plus appropriée aux tranches à faible et moyen revenus: «La banque digitale est moins coûteuse que la banque classique, elle ne doit donc pas être facturée de la même façon», nous avait affirmé Ahmed Rahhou, président de CIH Bank.
Celle-ci a fait de la digitalisation un axe majeur de sa restructuration. La transformation digitale réduit donc les coûts engendrés par les opérations bancaires et cela doit se répercuter, in fine, sur le client. Surtout lorsqu'il s'agit d'une vraie transformation, qui concerne les méthodes, les process, l'organisation même de la banque.
Au CIH, la facturation est étroitement liée au produit phare de la banque, Code 30, qui offre la possibilité aux jeunes de moins de 30 ans de bénéficier d’un compte bancaire et de tous ses avantages (carnet de chèques, carte bancaire, etc.), gratuitement. Sur les 5 premiers mois de son lancement en novembre 2015, le service avait suscité l’engouement de près de 35.000 jeunes.
Un autre acteur du digital banking au Maroc est le Crédit du Maroc. Profitant de l’expérience de sa maison mère Crédit Agricole France, le CDM a lancé sa banque digitale dès 2014, baptisée "la banque directe", se targuant d’être la première banque multicanal à 100%, accessible en temps réel 24h/24 et 7j/7. Les opérations réalisées via la banque directe sont par ailleurs facturées moitié moins cher.
La "banque directe propose" depuis 2014 l’accès à des services bancaires transactionnels pour les particuliers, les professionnels et les très petites entreprises. Disponible sur ordinateur, smartphone, tablettes ou directement sur les guichets automatiques bancaires, elle permet au client de disposer instantanément de l’information relative aux opérations exécutées sur ses comptes et exécute des virements internes et interbancaires sans pré-déclaration en agence.
Comprenant l’enjeu que représente le digital au Maroc, le dernier-né du secteur bancaire au Maroc, CFG Bank, en a fait un pilier de son institution. Bien que s’adressant à un segment de clients premium et ne misant donc pas sur l'inclusion financière que représente le digital, la nouvelle banque adopte un modèle hybride dans sa relation client et se positionne à mi-chemin entre la banque de réseau et la banque en ligne: peu d’agences et beaucoup de numérique. Une première au Maroc, dont la finalité n'est autre que d'éviter le caractère lourd et fastidieux liée aux opérations bancaires.
Le digital commence donc à s’incruster graduellement dans le secteur bancaire marocain. Outre les exemples précités, d’autres acteurs (Banque populaire, BMCE Bank, BMCI, etc.) suivent la tendance, en introduisant des services basiques dans leur bouquet de services digitaux, comme le paiement de factures, la consultation de solde ou les virements internes.
Mais il en faudrait davantage pour amorcer une réelle dynamique dans le secteur et accompagner l’envolée digitale des services bancaires. Encore faut-il que l’autorité régulatrice, à savoir Bank Al Maghrib, assouplisse ses mesures et ses dispositions réglementaires, afin de s’adapter à une discipline qui évolue rapidement.
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