Université Al Akhawayn: vers une autosuffisance énergétique
Zéro émission, zéro déchet et 100% d’énergie renouvelable. C’est le projet ambitieux dans lequel veut se lancer l’université Al Akhawayn, en partenariat avec une université allemande, leader dans ce domaine.
C’est un véritable défi dans lequel s’est lancée l’Université Al Akhawayn, celui de devenir une université à zéro émission de carbone. Le projet s'inscrit dans une optique plus globale, celle de l’adoption d'une économie circulaire dans son campus: une économie se passant de déchets, et limitant fortement la consommation et le gaspillage des matières premières et des sources d'énergies non renouvelables.
L’université a dévoilé quelques éléments de son projet, lors d’une conférence organisée ce 7 novembre à Marrakech, en marge de la COP22. Al Akhawayn a entamé ce projet en s’inspirant de l’expérience de l’un des campus universitaires les plus verts du monde: le campus Birkenfeld de l’université allemande Trier.
En effet, ce campus adopte un modèle d’économie circulaire qui lui a valu une reconnaissance mondiale: zéro déchet, zéro émission de CO2 et 100% d’énergies renouvelables, grâce à un mix énergétique intéressant, qui se base sur la transformation des déchets engendrés non seulement par l’université, mais par toute la municipalité, en énergie électrique et en énergie thermique.
Pour ce faire, le campus se sert d’un digesteur, qui est alimenté de fractions organiques des déchets solides de la ville et de l’université. Il en ressort des fertilisants pour la terre, ainsi que du biogaz.
Ce biogaz est utilisé, quant à lui, pour alimenter une station thermique combinée, qui fonctionne aussi grâce aux déchets de bois de la ville. Cette centrale thermique combinée produit pour le campus de l’électricité et de l’énergie thermique. Cette dernière est également utilisée pour alimenter le digesteur précité. Il en ressort un mouvement circulaire des ressources.
Le campus de Birkenfeld est électrifié également grâce à la technologie photovoltaïque. L’université allemande s’assure également de maintenir une efficacité énergétique notamment en matière d’éclairage du campus, mais aussi au niveau du chauffage et de la climatisation.
Ce modèle a nécessité un investissement de 40 millions d’euros et a permis la création de 35 nouveaux emplois. En plus, les travaux de maintenance annuels créent des opportunités de travail pour les entreprises locales.
Par ailleurs, le campus a pu assurer une autosuffisance énergétique et régler le problème des déchets sans créer de pollution secondaire.
C’est ce modèle qu’Al Akhawayn veut dupliquer, quoique graduellement. En effet, 18 étudiants de l’université allemande, accompagnés de leurs encadrants, ont travaillé avec 12 étudiants d'Al Akhawayn afin de livrer les principaux projets menant à un modèle d’économie circulaire, pour un investissement global de 45 millions de DH.
"Cela implique de solliciter les investisseurs", nous affirme Abdelaghani El Asli, professeur à l’université d'Ifrane et chargé du projet. Une tâche non dénuée de difficultés. Notre interlocuteur affirme qu’in fine, l’université pense même à créer une entreprise chargée de la gestion de ce projet
Qui plus est, l’université marocaine estime qu’elle pourra même faire bénéficier toute la ville d’Ifrane de cette transformation: "C’est très faisable sur les prochaines années, surtout que la ville d’Ifrane est petite et ne compte pas plus de 30.000 habitants", continue M.El Asli.
L’université Al Akhawayn affirme même qu’elle a mené des projets liés à l’énergie renouvelable, en préalable à cette transformation. Son campus à Ifrane est doté d’une chaudière biomasse dédiée au chauffage de sa piscine olympique, en plus d’une unité de transformation de l’huile alimentaire périmée en biodiesel. Par ailleurs, le campus est électrifié et chauffé grâce aux technologies du solaire photovoltaïque et thermique.
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