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Environnement

Les normes de pollution de l'air peinent à s'installer au Maroc

La pollution de l'air tue près de 7 millions de personnes par an dans le monde. Au Maroc, des efforts sont déployés mais beaucoup de chemin reste à faire.     

Les normes de pollution de l'air peinent à s'installer au Maroc
Yousra Jaa
Le 23 avril 2018 à 16h11 | Modifié 11 avril 2021 à 2h46

Selon un rapport récent de l'institut américain Health Effects Institute sur l’état de l’air dans le monde, 95% de la population mondiale respire un air pollué.

En 2016, 4,3 millions de décès étaient liés à la pollution provenant de l’air ambiant. La pollution provenant des ménages cause, à elle seule, 2,6 millions de décès.

La pollution de l'air extérieur notamment par les particules PM2,5 représente la 6e cause de mort précoce dans le monde et des maladies cardiaques et respiratoires, bien devant l'alcool, la mauvaise alimentation et le manque d'activité physique, relève le rapport.

L'ozone, un autre composant important de la pollution de l'air extérieur, dont les niveaux sont en hausse partout dans le monde, a fait 234.000 décès dus notamment aux maladies respiratoires.

Les taux de pollution les plus élévés ont été relevés au Bangladesh, Nepal, Inde, Pakistan et en Chine. Parmi les pays les moins pollués, on trouve l’Australie, Brunei, la Suède et la Finlande. Le Maroc figure parmi les pays au taux plus ou moins élevé de concentration en PM2,5.

Les industriels commencent à mesurer leur taux de pollution

Certification et ouverture sur l'international obligent, les industriels marocains ont commencé à adhérer aux solutions de surveillance de la qualité de l'air, leur permettant de mesurer leur taux de pollution.

Certains ont fait le choix d’installer des détecteurs de pollution au sein de leurs unités.

Nabil Zanati, directeur commecrial d’Envirotec, une société marocaine spécialisée dans les solutions et les systèmes de mesure des émissions industrielles, fait le point sur l’activité de son entreprise au Maroc.

Créée en 1998, Envirotec est spécialisée dans le contrôle des émissions industrielles et des gaz, la surveillance de la qualité de l’air et le contrôle et analyse des eaux.

La société propose des systèmes de surveillance et de mesure pour l’environnement et le process industriel. "Nous travaillons actuellement avec des industriels automobiles, agro-alimentaires et de la pétro-chimie", nous dit-il.

"Notre mission est d'apporter l’information technique adéquate relative à la mesure de la pollution atmosphérique et la qualité des eaux", nous explique M. Zanati.

A Aïn Sbaâ, qu'on peut qualifer de zone la plus "sinistrée" au Maroc, les industriels semblent encore peu impliqués dans cette démarche. D'où le taux très élevé de la pollution de l'air dans cette zone, due également à un important trafic automobile.

"En l'absence de contrôle, rares sont les entreprises qui se mettent à jour par rapport au matériel pour répondre à la réglementation. C'est au niveau des certifications qu'on ressent l'effort", regrette M. Zanati.

A Tanger par exemple, des sociétés sont certifiées au moins une fois par an. Ceci les oblige à se conformer aux normes. Il ne faut pas nier que ces sociétés, internationales dans leur majorité, arrivent avec un cahier de charges préalable.

Au Maroc, la loi 11.03 vise la prévention et la lutte contre les émissions des polluants atmosphériques susceptibles de porter atteinte à la santé de l'homme, à la faune, au sol, au climat, au patrimoine culturel et à l'environnement en général.

"Le problème demeure au niveau de son application. La réglementation est là mais elle n'est pas toujours respectée", regrette M. Zanati.

Où est la police de l'environnement?

Lancée officiellement en février 2017 au Maroc, la police de l’environnement peine à sévir. Régies par le décret n° 2-14-782, les fonctions des brigadiers de l’environnement devraient couvrir la prévention, le contrôle, l’inspection, l’investigation et la constatation des infractions et la verbalisation.

La police environnementale est sensée constater les différentes infractions environnementales, notamment celles liées à la pollution atmosphérique et aux études d'impact avant la réalisation des projets.

Or, au niveau réglementaire, la mission des inspecteurs de l’environnement se heurte à un vide flagrant. L’absence de normes claires dans le droit marocain rend impossible de sévir contre les parties incriminées.

La réduction de la pollution de l'air nécessite d'identifier et prendre des mesures pour contrôler les principales sources qui y contribuent. Les actions visant à la réduire ne devraient pas se limiter aux industriels. Des millions de petits foyers sont concernés à travers le monde.

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Yousra Jaa
Le 23 avril 2018 à 16h11

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