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Condamné pour avoir critiqué le président algérien, le journaliste Mohamed Tamalt est décédé

Le journaliste algéro-britannique Mohamed Tamalt est mort dimanche 11 décembre. Emprisonné en juin dernier pour avoir critiqué le président Bouteflika, il avait entamé une grève de la faim quelques jours plus tard. 

Condamné pour avoir critiqué le président algérien, le journaliste Mohamed Tamalt est décédé
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Le 12 décembre 2016 à 10h13 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

"C’est un choc profond!", déclare dès les premières lignes de son communiqué, Reporters sans frontières (RSF), après avoir appris le décès du journaliste Mohamed Tamalt.

Ce blogueur de nationalité algérienne et britannique,s’est éteint à l'hôpital d'Alger. Il avait été transféré dans cet établissement après que son état de santé se soit déterioré. Depuis le 27 juin, il était en grève de la faim pour protester contre les conditions de détention mais aussi sa condamnation. Ce journaliste de 42 ans souffrait de diabète.

Retour sur sa condamnation

Mohamed Tamalt était un journaliste indépendant. Ses sujets de prédilection? La corruption, l'acquisition de rentes ou encore le népotisme présumés de responsables du gouvernement, comme l'indique Amnesty International.

Des thèmes sensibles dans ce pays qui se trouve être à la 129e place sur 180 dans le classement mondial de la liberté de la presse dressé par RSF

Après avoir reçu des menaces liées à ses publications émanant directement de dirigeants de l'armée et des services de renseignement, M. Tamalt s'était enfui en 2002 au Royaume-Uni. Il avait obtenu l'asile en 2007, détaille l’organisation internationale de défense des droits de l’homme.

Une fuite qui ne signifiait pas la fin de son combat. De là-bas, il continuait à écrire des papiers et à les partager sur les réseaux sociaux. Mais ces publications n’ont pas été du goût des autorités algériennes, dont une en particulier. Le 2 avril, le blogueur a diffusé une vidéo présentant un poème subversif et des images du président Abdelaziz Bouteflika, comme le décrit Amnesty.

Les menaces à son encontre devenant moins importantes, le journaliste a décidé de rentrer au pays. Mais les choses ont pris une autre tournure dès qu’il a mis le pied sur le sol algérien. En effet, il est arrêté le 17 juin dans la capitale. En détention provisoire, il a été condamné le 4 juillet à une peine de deux ans de prison ferme assortie d'une amende de 200.000 dinars pour "outrage à corps constitué" et "atteinte à la personne du président".

Dès l’annonce du jugement, Amnesty International avait "exhorté les autorités algériennes à le libérer immédiatement et sans condition et de veiller à ce que la condamnation de ce journaliste soit annulée". Car "en ce qui concerne les infractions au Code pénal, dont il avait été déclaré coupable, Amnesty estime que les actions en justice visant à protéger la réputation de personnalités publiques (...) "doivent relever d’une procédure civile et non pénale".

Le jugement avait été confirmé en appel le 9 août.

Les causes du décès pointées du doigt

Un décès et une explication contestée. En effet, d’après la direction de l’administration pénitentiaire qui a publié un communiqué relayé par le journal algérien TSA, le journaliste Mohamed Tamalt était sous surveillance médicale quotidienne dans la prison depuis le début de sa grève de la faim. Il avait été transféré à l’hôpital après avoir rencontré des problèmes de concentration. Il sen serait suivie une batterie d’examens montrant "qu’il avait eu un accident vasculaire cérébral (…), ce qui a nécessité une intervention chirurgicale en urgence. "

Après une amélioration de son état, comme l'assure la direction, l’équipe soignante "a découvert des inflammations au niveau des poumons". Il est mort quelques jours après.

Pour la famille de Tamalt, les causes du décès restent floues. "Il faut que les responsables soient poursuivis, déclare à RSF Me Amine Sidhoum, avocat du journaliste. Le frère du défunt explique que Mohamed aurait été victime de coups à la tête. Nous envisageons avec la famille une demande de contre-expertise médicale, sachant que nous avons déjà déposé une plainte pour mauvais traitements auprès du procureur de la République, sans résultats satisfaisants pour le moment". 

De son côté, Amnesty international a demandé aux autorités algériennes d’ouvrir une enquête "indépendante, approfondie et transparente" pour faire la lumière sur les circonstances exactes du décès du journaliste Mohamed Tamalt. 

D'après les organisations des droits de l'homme, il y a une recrudescence, depuis plusieurs mois en Algérie, des atteintes à la dignité humaine couplée à une importante régression des libertés fondamentales. 

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Le 12 décembre 2016 à 10h13

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