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Entrée en vigueur d'un premier accord douanier multilatéral à l'OMC

Un accord douanier historique, le premier depuis le lancement de l'OMC en 1995, est entré en vigueur mercredi, avec pour promesse de stimuler le commerce international en réduisant les tracasseries administratives aux frontières, et de créer au moins 20 millions d'emplois.

Entrée en vigueur d'un premier accord douanier multilatéral à l'OMC
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Le 22 février 2017 à 18h16 | Modifié 11 avril 2021 à 2h39

"C'est une percée majeure. En ratifiant cet accord, les membres de l'OMC ont fait part de leur attachement au sytème du commerce multilatéral", a déclaré le directeur général de l'Organisation mondiale du commerce, le Brésilien Roberto Azevedo, en conférence de presse.

Cet accord vise à faciliter les échanges en réduisant les formalités administratives à la frontière, via notamment la simplification des documents requis, la modernisation des procédures et l'harmonisation des prescriptions douanières.

Il comporte aussi des dispositions relatives à l'assistance technique, en particulier pour les pays les moins avancés qui sont censés être les principaux bénéficiaires de cet accord.

"L'amélioration des procédures à la frontière et l'accélération des flux commerciaux permettront de revitaliser le commerce mondial au profit des citoyens et des entreprises de toutes les régions du monde", a estimé la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, dans un communiqué.

Cet accord multilatéral, le premier entré en vigueur depuis la création de l'OMC il y a 22 ans, intervient alors que le système même du commerce international est sous le feu des critiques de la nouvelle administration américaine.

Menaçant de prendre des mesures protectionnistes notamment contre les importations chinoises et mexicaines, le nouveau président américain Donald Trump a aussi décidé, rapidement après son entrée en fonction, de retirer les Etats-Unis du traité de libre-échange transpacifique (TPP).

Les Etats-Unis ont par ailleurs récemment laissé éclater leur colère contre l'Allemagne, pays avec lequel ils souffrent d'un imposant déficit commercial.

Ils ont accusé Berlin de mettre à profit un euro sous-évalué, avantageant l'Allemagne par rapport à d'autres pays de l'UE et aux Etats-Unis, et rendant ses exportations plus compétitives.

Mais alors que certains pays ont critiqué le protectionnisme commercial de Donald Trump et évoqué le retour possible d'une guerre commerciale, M. Azevedo a calmé le jeu, indiquant ne pas avoir encore discuté avec la nouvelle administration américaine.

"Je ne pense pas que nous sommes face à quelque chose d'ingérable", a-t-il dit, affirmant toutefois "ne pas savoir à quel genre de politique commerciale s'attendre".

 20 millions d'emplois 

L'accord douanier appelé accord sur la facilitation des échanges (TFA) a été conclu fin 2013 à Bali (Indonésie) lors de la conférence ministérielle de l'OMC, mais au moins 110 ratifications étaient nécessaires pour qu'il entre en vigueur, sur les 164 membres.

C'est désormais chose faite suite à la ratification mercredi du Rwanda, d'Oman, du Tchad et de Jordanie. Le Maroc ne figure pas dans la liste des ratifications publiée par l'OMC

D'après l'OMC, l'accord devrait réduire de 14,3% en moyenne les coûts des échanges commerciaux à l'échelle mondiale et ainsi rapporter jusqu'à 1.000 milliards de dollars par an d'exportations supplémentaires dans le monde chaque année.

A l'horizon 2030, cet accord pourrait ajouter 2,7 points de pourcentage par an à la croissance mondiale des exportations, et même plus de 0,5 point de pourcentage à la croissance mondiale.

A terme, cet accord "en réduisant la paperasse administrative" permettra de faciliter la création de quelque 20 millions d'emplois dans le monde, la très grande majorité dans les pays en développement, a indiqué la Chambre de commerce internationale (ICC) dans un communiqué. (Avec AFP)

"Il s'agit d'un progrès majeur dans la perspective d'un commerce international moins onéreux, plus facile et plus rapide", a relevé de son côté le secrétaire général adjoint de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced, une agence de l'ONU), Joakim Reiter, dans un communiqué.

Selon la Cnuced, "la bureaucratie, l'incompatibilité entre les systèmes d'un pays à l’autre, l'opacité dans la perception des recettes et de la manière dont sont effectués d'autres contrôles de conformité, la longueur des délais d'attente" représentent un gaspillage de plusieurs milliards de dollars, et ce sont les pays "les plus démunis qui payent le prix fort".

Le coût du commerce est actuellement en moyenne 1,8 fois plus élevé pour les pays en développement que pour les pays développés, selon l'ONU.

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Le 22 février 2017 à 18h16

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