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Sahara: Quand les Américains ne soutiennent pas leurs alliés à 100%

Des cinq grandes puissances membres permanents du Conseil de sécurité, l’administration américaine est la seule à ne pas soutenir totalement les efforts marocains.

Sahara: Quand les Américains ne soutiennent pas leurs alliés à 100%
Jamal Amiar
Le 28 avril 2016 à 12h12 | Modifié 11 avril 2021 à 2h38

En ces derniers jours du mois d’avril, ce n’est peut-être ni le polisario ni Alger qui donnent le plus de fil à retordre à la diplomatie marocaine, mais plutôt Washington.

Le texte de la proposition de résolution actuellement en négociation dans les coulisses du Conseil de sécurité, insiste sur le retour de la Minurso et de sa composante civile et sur un objectif de référendum dépassé par les événements et le calendrier, 40 ans après le début du conflit et 25 ans après la résolution de 1990 qui a fondé la Minurso.

Ban Ki-moon et Rabat: un bras-de-fer ancien

Le conflit actuel avec Ban Ki-moon sur l’usage du terme “occupation“  et une longue absence de résultats diplomatiques sur le terrain entre Rabat, Alger et le polisario n’en est que l’illustration.

Ajoutons à cela le tropisme de l’administration Obama et sa doctrine diplomatique sur le monde arabe: les Arabes doivent d’abord résoudre leurs problèmes entre eux;  les régimes arabes doivent rechercher les sources de leurs importants défis politiques et sociaux en leur propre sein. Obama, faut-il le rappeler, ne croit ni en l’influence des think tanks et autres lobbies grassement payés, ni en le Washington playbook (Livre de règles de Washington) qui veut que tout problème international puisse être réglé par la force.

Surtout, Obama voit des guerres en Irak et en Afghanistan dans lesquelles l’Amérique reste embourbée et un monde arabo-musulman en ébullition permanente et exportateur de terreur.

Petit retour en arrière. Voici ce qu’écrivait El Pais sur les relations entre le Maroc et le secrétaire général de l’ONU il y a quelques mois: «Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 29 avril 2014, une résolution prorogeant le mandat de sa mission spéciale (MINURSO) au Sahara occidental, sans inclure aucune référence à la demande de certains de ses hauts dirigeants et de nombreuses associations spécialisées et les ONG sur le respect des droits de l'homme. Un succès pour la diplomatie marocaine. Quelques jours plus tôt, cependant, Ban Ki-Moon avait osé souligner la nécessité d'inspecter la situation de “manière durable, indépendante et impartiale“, ce qui a provoqué la réaction du roi et une délégation marocaine a été envoyée à New York pour exprimer  la "profonde déception, la colère authentique et l’incompréhension" à propos de ce qui a été décrit comme un rapport "partial et tendancieux".

Washington “unfriendly“?

Ceci indique que malgré le travail de la diplomatie en 2014, 2015 et 2016, l’administration américaine avec une certaine Susan Rice, ancien ambassadeur US aux Nations-Unies et aujourd’hui conseillère pour la sécurité d’Obama, et Ban Ki-moon, n’ont pas lâché prise sur deux éléments de la situation au Sahara, mettant le Maroc en position défensive: d’un côté, on insiste sur la composante droits de l’homme et l’objectif d’un référendum dépassé.

Des sources sûres indiquent à Médias 24 que l’administration américaine est divisée entre le poids de Susan Rice, conseillère à la sécurité nationale et le département d’Etat dont la position à l’égard du Sahara et du Maroc n’a pas changé. Il est d’ailleurs probable que l’assurance témoignée par Ban Ki-moon dans ses prises de position anti-marocaines s’explique par le soutien reçu de la part des milieux proches de Rice.

De l’autre, il faut attendre l’année 2016 et de longues négociations à Washington et dans les couloirs des Nations-Unies cette semaine pour que la politique de régionalisation marocaine soit mentionnée, les investissements locaux valorisés, le rôle des Saharaouis et des ONG saharaouies de Dakhla et de Laâyoune reconnu.

En attendant le rappel, en 2016 ou en 2017,  dans la résolution onusienne de l’extrait du préambule de la Constitution marocaine de 2011, qui rappelle les héritages arabe, amazighe, andalou,saharaoui- hassani et hébraïque du Maroc.

Avant le vote, attendu pour vendredi ou les prochains jours, Rabat peut d’ores et déjà faire deux constats :

 1. Alors que Madrid, Paris et Londres jouent l’apaisement -avec l’appui de Tokyo, Le Caire et Dakar- et que Moscou soutient une solution politique,

2. Washington déploie un rôle complexe et ignorant des réalités marocaines, à Casablanca comme à Laâyoune.

En attendant le vote, on constatera que le projet de résolution onusien a subi d’importants changements plutôt favorables au Maroc depuis la publication du premier draft. L’expression “solution politique“  y revient désormais plus de quatre fois, l’impact  local des investissements dans les mines, le tourisme, l’agriculture et la formation n’est pas occulté, ni le travail des ONG à Dakhla et à Laâyoune.

Par son attitude, Washington continue d’entretenir un conflit artificiel et de maintenir une insécurité non nécessaire sur la réalité de l’achèvement de l’intégrité territoriale du royaume. En anglais on appelle cela “an unfriendly attitude“.

Ce qui est en train de se passer explique la dernière séquence (depuis début mars) lancée par Ban Ki-moon, ainsi que le contenu du dernier dsicours du Roi Mohammed VI au sommet CCG-Maroc, lorsque le Souverain expliquait que les USA sont les amis du Maroc mais qu'à chaque changement d'administration, il fallait réexpliquer et convaincre et que le Maroc allait diversifier ses partenariats stratégiques. C'est bien une partie de l'administration américaine qui était visée.

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Jamal Amiar
Le 28 avril 2016 à 12h12

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