Sahara. Quand l’administration onusienne coupe le son et l’image au représentant du polisario
Après la prise de parole de l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU Omar Hilale, l’ambassadeur algérien Sabri Boukadoum a répondu aux questions de la presse. Son intervention a été marquée par un incident avec le polisario.
Alors que Omar Hilale avait échangé avec les journalistes pendant près de 29 minutes, Sabri Boukadoum est arrivé en salle de presse sans déclaration préliminaire et son intervention durera moins de 14 minutes.
Signe du malaise du représentant algérien, la première question qui lui est adressée est relative au fait de savoir «si le polisario pourra prendre la parole en salle de presse?» Réponse du diplomate algérien: «Cela devrait être le cas, sinon essayez de savoir pourquoi».
Cet échange sur la prise de parole du polisario à l’ONU vendredi en fin de journée n’est pas anodin, pour au moins deux raisons, comme on le découvre 14 minutes plus tard.
Alors que le diplomate finit de parler et introduit le représentant du polisario, l’administration onusienne du service de presse coupe le son et l’image.
Le micro est coupé dans la salle et ceux qui suivent les activités de l’ONU par Internet n’ont plus d’image. Le deuxième raison qui attire l’attention sur le boycott par l’administration de l’ONU du polisario est que sa prise de parole intervient après celle de l’ambassadeur d’Algérie. Alger d’abord, Tindouf ensuite, un ordre qui confirme que le dossier sera traité ou pas, par Rabat et Alger d’abord.
Ceci a sa logique diplomatique: le polisario n’a pas de statut particulier à l’ONU, hormis l’ombrelle d’Alger. Ensuite, le polisario représente une minorité séparatiste et non l’ensemble de la composante saharaouie-hassanie du Maroc.
Discours confus
La suite de l’intervention du diplomate algérien sera confuse et pleine d’approximations. Ainsi: «Nous prenons note de la résolution qui a réitéré son soutien au secrétaire général et à son envoyé spécial,» dit-il. Mais ça sonne faux. Pourquoi insister là-dessus de la part du diplomate algérien, alors que cela n’est pas entièrement vrai ? 2e approximation: L’ambassadeur algérien parle de 84 membres civils de la Minurso qui ont quitté Laâyoune à la demande du Maroc. En fait, ils sont 71. 73 au plus si l’on compte deux volontaires internationaux.
C’est un peu pénible, mais acceptons-le : Alger ne veut aucun bien aux Marocains. Ni aux Français non plus.
Sur des points plus importants comme celui du référendum, Alger joue au chat et à la souris avec les Sahraouis et les Nations-Unies cette fois-ci.
«Dès qu’on annoncera la tenue d’un référendum, il y aura recensement dans les minutes qui suivent,» indique l’ambassadeur en réponse à une question. C’est évidemment faux. Un recensement, c’est long, complexe et il ne s’agit pas de compter les gens, il s’agit aussi de s’assurer de leurs identités et de leurs origines. Là est toute la question.
Il oublie de citer les élections régionales tenues à Laâyoune, Boujdour et Dakhla en septembre dernier. Il ne citera pas un premier référendum qui comptait 95.000 personnes dans les camps de Tindouf en 2005-2006. L’officialisation de cette opération avait été refusée par Alger et le polisario. Depuis, aucun recensement n’est autorisé, ni aucune visite d’Amnesty International, de Human Rights Watch et d’autres ONG ne sont autorisées ni à Alger pour rencontrer les officiels algériens et les séparatistes sahraouis.
Les thèmes du détournement de l’aide humanitaire ou de l’accès au rapport préliminaire au rapport du secrétaire général sur la Minurso seront naturellement abordés, ainsi que celui de la Kabylie.
Le sentiment et la conclusion au terme de l’écoute du diplomate algérien ou de la lecture des extraits du communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères est que décidément, Alger ne veut aucun bien aux Marocains et persiste à donner une image déplorable du voisinage maghrébin et du Maghreb en général.
Les Marocains ne sont pas les seuls dans cette situation vis-à-vis d’Alger.
Lors de la visite du ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault fin mars à Alger, les sites Internet diplomatiques français avaient été inondés d’injures anti-françaises. La visite de Manuel Valls quelques jours plus tard s’était terminée en queue de poisson, avec la signature d’un accord pour la création d’une unité de fabrication de mayonnaise et des journalistes du Monde, du Figaro, de France Culture et de France Inter interdits de visa pour couvrir la visite à Alger du chef de gouvernement de leur pays.
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