Ilyas El Omari à Tanger: “le PAM doit se tenir prêt à gouverner“
Invité à s’exprimer à la Maison de la Presse sur “les attentes politiques à la veille des prochaines élections législatives“, Ilyas El Omari est revenu sur le dossier de l’investissement chinois prévu dans la région de Tanger.
Ilyas El Omari a indiqué qu’il était de son droit de protester et de s’insurger “lorsque j’ai appris qu’un ministre avait proposé à l’investisseur chinois Haite de s’installer près de Safi. Pour ma part, a-t-il précisé, j’avais parlé aux responsables politiques, aux responsables des relations extérieures du Parti communiste chinois. C’est eux que j’ai convaincus de l’intérêt de Tanger. Peu importe qui amène les investisseurs et les emplois, mon rôle est de défendre les intérêts de ma région“, a précisé le président de la Région Tanger-Tétouan-Al Hoceima.
Interrogé pendant près de deux heures dans le cadre d’un échange avec le directeur de la Maison de Presse Said Kobrit, le leader du PAM et de l’opposition Ilyas El Omari a eu droit à un entretien “sur-mesure“, qui s’est plus longuement attardé sur l’attentat d’Istanbul de mardi dernier, les résultats des élections espagnoles, ainsi qu’un long plaidoyer pour l’amazigh, avant d’aborder véritablement des problématiques régionales ou nationales de fond.
Le premier sujet “national“ abordé lors de cet entretien a été la polémique entourant la participation, avec succès, de Soumaya Benkirane, fille du chef de gouvernement, à un concours de recrutement dans la fonction publique au sein du Secrétariat général du gouvernement.
“Longtemps nous nous sommes sentis étrangers chez nous“
L’entretien a été précédé de la projection de quelques images personnelles du patron du PAM, avec ses enfants et le chanteur-compositeur libanais Marcel Khalifa, des images d’Al Hoceima et de la côte rifaine.
Ce fut l’occasion pour El Omari de parler de “l’enseignement de l’arabe en rifain à l’école rurale“ et du tribunal d’Al Hoceima, “où les locaux qui ne parlaient que rifain devaient passer par la traduction du chaouch pour comprendre et se faire comprendre du juge“. “Jusqu’à récemment, un prévenu de nationalité espagnole avait droit à un traducteur, a-t-il indiqué, mais pas un citoyen marocain rifain qui ne parle pas l’arabe. Longtemps, nous nous sommes sentis étrangers chez nous“ a-t-il souligné.
L’entretien est revenu sur la polémique entourant les conditions de l’élection d’Ilyas El Omari avec moins de 190 voix dans sa commune en septembre dernier et sur la politique économique du gouvernement.
El Omari a souligné “la nécessité de réaliser un taux de croissance économique minimal de 6% par an pour créer 180 à 200.000 emplois, un point de croissance équivalant selon lui à 30.000 à 33.000 emplois“.
Cependant, l’automatisation et la robotisation croissante des processus de production industrielle, notamment au Maroc, a réduit le rythme des créations d‘emplois directement lié aux taux de croissance économique.
Ilyas El Omari a refusé de répondre de manière claire sur ses relations avec le leader de l’Istiqlal Hamid Chabat, de plus en plus critique contre le PAM et le ministère de l’Intérieur- et qui fait du pied au PJD.
De même, il a refusé de commenter les poursuites judiciaires contre le député istiqlalien et secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) Abdallah Bakkali ou les sanctions de la justice contre plusieurs élus de l’Istiqlal récemment.
Sur son éventuelle arrivée à la tête d’une coalition gouvernementale au lendemain des prochaines élections législatives, le numéro 1 du PAM a également refusé de spéculer indiquant “qu’il reste de nombreuses conditions à remplir“, ironisant sur la pluviométrie ou la découverte de gisements pétroliers. “Incha Allah“, a-t-il répondu. Plus sérieusement, El Omari a affirmé que “le PAM doit se tenir prêt à gouverner“.
El Omari a exprimé son pessimisme sur l’économie marocaine en 2017, fustigeant l’endettement public et craignant une hausse des cours du pétrole.
Mercredi soir à Tanger, si on a appris que le PAM «doit se tenir prêt à gouverner», l’ancien maire de Tanger et frère d’Ilyas Fouad El Omari, lui, se tient prêt pour la bataille électorale.
L’ancien maire et actuel dirigeant du groupe de presse créé par son frère en 2015 devrait être candidat du PAM aux élections législatives du 7 octobre prochain à Tanger, à moins que cela ne soit à … Al Hoceima.
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