Législatives: La chasse à l’homme a commencé
A deux mois du scrutin législatif, plusieurs figures quittent leurs familles d’origine pour rallier des partis adverses. Un positionnement qui s’apparente à un véritable mercato politique.
Comme à chaque veille d’élections, le phénomène de transhumance qui touche surtout les notables disposant d’un large réservoir électoral, refait surface dans le champ politique.
Pour mieux se positionner et ratisser large, certains partis tentent d’attirer des personnalités adverses pour convaincre leurs futurs électeurs qu’ils disposent d’un programme rassembleur.
Ce vendredi 5 août, le PAM a organisé une conférence de presse où une quinzaine d’anciens membres et élus communaux du PJD ont annoncé leur défection et expliqué les raisons de leur ralliement au parti du tracteur.
Originaires de Fès, Meknès et Marrakech, ils ont déclaré que "la discrimination et la domination intéressée d’une minorité de dirigeants au sein du PJD rendaient impossible leur maintien partisan".
Menée par Mohamed Radi Slaouni, cette vague de chaises musicales ouvre la voie au ralliement d’une centaine de membres qui vont rendre leur cartes pour rejoindre le PAM, selon l’ancien président démissionnaire du conseil communal du Sais (Fès) élu sous la bannière du parti de la lampe.
Grâce à cette opération médiatisée, le PAM montre qu’il ratisse large, même chez son pire ennemi.
Dans la même veine, la transhumance politique devient une vraie pandémie au sein de la gauche marocaine, dont certains membres n’hésitent plus à renier leurs convictions pour s’encarter ailleurs.
Ainsi, le PJD a annoncé jeudi 4 août que Hassan Tarik, député ex-USFP, allait se présenter aux prochaines législatives sur une de ses listes, sans toutefois prendre sa carte au parti de la lampe. Un dirigeant du PJD a annoncé que ce parti allait présenter des candidats non membres de ce parti.
Contacté par Médias 24, l’ancien secrétaire général de la jeunesse ittihadia Hassan Tarik, nie catégoriquement son intention de se présenter sur une liste du parti de la lampe. Vraie ou fausse information, le PJD marquerait un joli coup en recrutant un député aux antipodes de son programme idéologique.
Sur les 38 députés du groupe USFP à la Chambre des représentants, au moins 5 d’entre eux ont préféré quitter le navire pour d’autres cieux politiques ou s’adonner à des activités non partisanes.
C’est notamment le cas de Ahmed Reda Chami et Tarik Kabbage, sans point de chute après leur contentieux avec l’USFP qui ne validera pas leur éventuelle candidature au futur scrutin législatif.
Le député Ahmed Reda Chami a été nommé ambassadeur du Maroc auprès de l’Union européenne et Tarik Kabbage, qui a perdu son fauteuil de maire d’Agadir, compte se retirer de la vie politique.
Ali El Yazghi, qui est lui-aussi député ex-USFP, ne figurera pas sur la liste du parti de la rose, puisqu’il a préféré faire sécession en créant le nouveau parti de gauche Alternative Démocratique (AD).
Contrairement aux autres partis qui n’ont attiré que des conseillers communaux d’autre obédience, le PPS a réussi l’exploit d’attirer deux anciens poids lourds de l’USFP.
L’ex-député USFP Abdelali Doumou et Souad Zaidi, fille du défunt Ahmed Zaidi, initiateur du courant Ouverture et Démocratie qui a donné naissance au parti AD, se présenteront sous ses couleurs.
Têtes de liste des circonscriptions de Kelâat Sraghna et de Benslimane où ils sont très populaires, ces transfuges feront sans doute gagner deux sièges de députés au parti du livre de Nabil Benabdellah.
D’autres suivront sans doute, en attendant d’être approchés de manière convaincante pour se jeter dans les bras de partis qu’ils avaient l’habitude de pourfendre. L'essentiel est de garder ou de conquérir un siège de député.
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