Istiqlal: Les contestataires se réunissent chez M’Hamed Boucetta
Au surlendemain du Conseil national extraordinaire qui a montré un Hamid Chabat déterminé à s’accrocher à son poste de secrétaire général, ses contestataires se réuniront, ce lundi 2 janvier, au domicile de M’Hamed Boucetta pour organiser son départ. Récit d’un membre du conseil exécutif associé à ce mouvement.
"Nous sommes en train de monter un mouvement contre le maintien de Hamid Chabat à la tête de l’Istiqlal, parti qui mérite beaucoup mieux que sa personne", nous déclare, anonymement, un haut cadre pour qui le parti n’a jamais été aussi menacé dans sa survie qu’avec l’actuel secrétaire général.
"Je ne peux pas encore vous dire tous les détails mais ce qui est sûr, c’est que ça bouge et que la plupart des grands cadres et des leaders historiques seront de la partie. Nous n’avons pas été convaincus par son discours au dernier Conseil national même s’il a évoqué un semblant de démission, chose impossible si nous n’avions pas manifesté notre profond désaccord avec sa ligne politique. Quoi qu’il dise, notre communiqué virulent à son encontre l’a ébranlé", avance notre source.
Le mouvement cautionné par une partie des piliers de l'Istiqlal (M’Hamed Boucetta, M’Hamed Douiri, Abbas El Fassi, M'Hamed El Khalifa, Toufik Hjira, Karim Ghellab, Yasmina Baddou, …) a pour objectif immédiat "d’empêcher Chabat de gagner du temps avec des manœuvres dilatoires et de maintenir la pression pour obtenir son départ".
Notre interlocuteur reconnaît que la pétition mise en ligne a eu du mal à recueillir beaucoup de signatures "du fait d’un problème technique" mais affirme que la mobilisation s’étend désormais à tout le Maroc.
"On nous appelle de partout et beaucoup de gens veulent rejoindre la contestation. Ceux qui veulent son départ sont de plus en plus nombreux. Même s’il a mis en place un simulacre de commission pour préparer le prochain congrès, Chabat s’est entouré d’obligés acquis à sa cause alors que cette commission devrait représenter tous les courants. Il renvoie certains devant une commission disciplinaire car ils auraient enfreint les règlements du parti mais il serait intéressant qu’il cite l’article des statuts qui prévoit ces sanctions. Le soutien de Abdelwahed El Fassi, chef de file du courant Bila Hawada, à Chabat nous est incompréhensible alors que ce dernier l’avait excommunié dans le passé".
Selon ce membre du bureau exécutif, l’excommunication programmée des dissidents (Hjira, Baddou et Ghellab) s’expliquerait par le fait que Chabat qui espère rempiler à son poste veut éviter d’avoir des concurrents sérieux au prochain congrès électif du nouveau SG, en mars prochain.
"Il a lancé une véritable OPA sur le parti en prenant soin de mettre à la tête de cette commission à qui il délègue ses pouvoirs, des amis manipulables à souhait pour éviter une éventuelle concurrence".
Questionné sur la stratégie du mouvement pour arriver à ses fins, notre interlocuteur annonce qu’une réunion prévue ce lundi après-midi au domicile de l’ancien Zaïm M’Hamed Boucetta, déterminera les actions à mener pour éjecter l’actuel secrétaire général.
"Tous les cadors du parti (M’Hamed Khalifa, l’alliance des économistes, anciens ministres …) seront présents pour débattre et trouver des solutions au problème Chabat. Les seuls qui n’osent pas encore nous rejoindre ont soit encore de l’espoir de devenir ministrable, soit peur de représailles car ils ont des intérêts communs avec lui (Abdelkader El Kihel, Adil Benhamza et Abdellah Bekkali). Nous en saurons plus après cette réunion décisive qui aura lieu à 17 heures", conclut notre source.
Adil Douiri: Chabat a mis l'Istiqlal en confrontation avec l'Etat
Dans une interview remarquée mise en ligne en milieu de journée par notre confrère Ihata (ihata.ma), Adil Douiri estime que l'Istiqlal a été placé en confrontation avec l'Etat et que telle n'a jamais été sa vocation. Adil Douiri cite l'opposition directe au ministère des Affaires étrangères et à travers lui, un ministère de souveraineté dans lequel le Maroc n'a cessé au contraire, de marquer des points grâce à la diplomatie du Roi Mohammed VI.
Douiri estime que si l'Istiqlal n'est pas dans le gouvernement, ce n'est pas dramatique. Il expose également sa vision de ce que doit être un gouvernement et recommande de nouveau l'homogénéité, la coordination et l'arbitrage sans lesquels le gouvernement n'avancera pas.
Des déclarations très intéressantes.
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