Décompensation: aucun scénario n’a été arrêté
Saâdeddine El Otmani a confirmé mercredi devant le parlement l’engagement de son gouvernement à poursuivre la décompensation. Les trois produits seront concernés: gaz butane, sucre et farine. Mais aucun scénario n’a été arrêté.
Le gouvernement a décidé de lever toutes les subventions, a confirmé Saâdeddine El Otmani dans sa déclaration de politique générale devant les deux chambres, mercredi 19 avril. Les produits concernés sont le sucre, le butane et la filière des farines.
Mais aucun scénario n’a été décidé. Les chiffres qui circulent depuis ce jeudi matin sont des spéculations. Le gouvernement n’a pas encore décidé ni quand, ni comment il le fera. Tous les scénarios qui circulent sont infondés, déclare à Médias24 une source sûre et de haut niveau au sein du gouvernement.
La décision est stratégique: lever les subventions pour améliorer la marge d’action du gouvernement et contribuer à rétablir un déficit budgétaire soutenable, de l’ordre de 3%. Mais hors de question de toucher le pouvoir d’achat des premiers concernés, les couches précaires ou pauvres, au profit desquelles les subventions ont été précisément instaurées.
Différents scénarios seront étudiés, parmi lesquels l’aide directe, mais comment identifier les personnes concernées? D’autres scénarios sont également à l’étude pour préserver le pouvoir d’achat des populations cibles, ajoute notre source sans autre précision.
La déclaration de politique générale du gouvernement ne comprend que les grandes lignes directrices du programme du gouvernement. Celui-ci ne sera établi avec précision et d’une manière exhaustive que dans quelques mois, à l’issue de réunions département par département.
Le gouvernement n’aura donc de la visibilité et ne sera pleinement opérationnel qu’à la rentrée de septembre.
Un exercice d’équilibriste
L’ombre de Benkirane planait un peu sur la présentation du programme. En matière de compensation et de politique sociale, El Otmani était dans une situation difficile: il devait montrer qu’il poursuivrait les réformes ainsi que les transferts ciblés aux couches pauvres ou défavorisées. Mais quelle que soit la décision qu’il allait annoncer, il allait prêter le flanc aux critiques.
En effet, supprimer les subventions, c’est se faire accuser de provoquer une hausse des prix. Ne pas l’annoncer, c’est renoncer aux réformes. Pourtant, Benkirane avait bien reculé au sujet de la décompensation du sucre, après l’avoir officiellement annoncée. Elle devait entrer en vigueur début 2016 mais a été reportée sine die, en raison de l’approche des élections.
Qui votera la confiance?
Au vu des réactions dans les travées du parlement et dans les groupes parlementaires, et également à l’applaudimètre, El Otmani n’aura pas de mal à obtenir un vote majoritaire.
Le seul danger pouvait venir de ses propres troupes dont une partie pouvait rester réceptive au discours de Benkirane ou de ses fidèles. Mais le programme est trop consensuel pour prêter le flanc à leurs critiques.
Une posture qui tranche
Dans les milieux d’affaires et au sein des syndicats, on a accueilli avec satisfaction le changement d’attitude du chef du gouvernement. L’entreprise est placée avec force au sein de la nouvelle stratégie et le Chef du gouvernement a fait preuve d’une capacité d’écoute, de pondération et tenu des propos rassurants, selon des dirigeants qui l’ont récemment rencontré.
Idem chez les syndicats où le dialogue va être réouvert la semaine prochaine. El Otmani a qualifié les syndicats de “partenaires“ et il les a invités à une réunion de prise de premier contact.
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