La 1ère semaine de Macron, entre nominations et premier couac avec le Maroc
La présidence française commence sur les chapeaux de roue. A l’ascension fulgurante vers l’Elysée, succèdent un travail de recomposition de la vie politique française, la nomination d’un nouveau gouvernement, la gestion d’un premier couac avec le Maroc et une visite chez Angela Merkel avant un déjeuner avec Donald Trump.
C’est ce lundi 15 mai que le président Emmanuel Macron a désigné Edouard Philippe pour mener la campagne électorale du rassemblement "En Marche!" et lancer les premières réformes. Le député-maire du Havre "Les Républicains" (LR), Edouard Philippe, est âgé de 46 ans. Pur produit des grandes écoles parisiennes (Sciences Po et ENA), Edouard Philippe est passé par la Cour des comptes également. Son choix doit permettre à Macron d’attirer au sein de son gouvernement d’autres personnalités LR.
Edouard Philippe a milité avec les Rocardiens du PS du temps où il était étudiant à Sciences Po avant de rejoindre le RPR au moment où François Mitterrand s’est séparé de Michel Rocard en 1991. Edouard Philippe rejoindra le mouvement néo-gaulliste et se rapprochera d’Alain Juppé. Tous deux resteront très liés jusqu’à ce jour. "Ce n’est ni un homme de clans, ni un homme d’amabilités", a-t-on pu entendre dire de lui ce lundi 15 mai à la mi-journée sur BFM TV.
La nomination du chef du gouvernement doit être suivie mardi par celle des membres du nouveau gouvernement. Celui-ci devrait être resserré à 15-20 membres avec toujours l’objectif de défendre la démarche d’Emmanuel Macron et d’aider les 577 candidats du mouvement à former une majorité.
Edouard Philippe n’est pas un inconnu au Maroc
Le nouveau premier ministre français n’est pas un inconnu au Maroc. Il y a trois ans en novembre 2014, il était l’invité du forum Medays et c’est à cette occasion qu’il a souhaité resserrer les liens du Havre avec Tanger.
Le rapprochement entre Le Havre et Tanger se concrétisera en octobre 2016 avec l’accueil au Havre du maire de Tanger, Bachir Abdellaoui. "Nous avons signé un protocole d’amitié, visité le port, le centre de tri des déchets, assisté à une rencontre sur les femmes chefs d’entreprises et nous avons déjeuné ensemble à la mairie", indique M. Abdellaoui à Médias 24. "Cette semaine, indique le maire de Tanger, j’ai reçu une invitation de M. Philippe pour assister aux cérémonies du 500e anniversaire de la ville le 31 août et 1er septembre 2017".
L’arrivée d’Edouard Philippe intervient sur fond d’un couac diplomatique sur la ligne Maroc-France. Elue du Modem, Leila Aïchi a été proposée par les amis de François Bayrou et de Marielle de Sarnez pour représenter les électeurs français de la 9e circonscription de l’étranger pour les législatives des 11 et 18 juin prochains.
Dès la publication de son nom, l’antenne "En Marche! Maroc" est montée au créneau bientôt suivie par ses homologues de Tunisie, du Mali, du Sénégal et de Côte d’Ivoire. Ce n’est que d’ici mercredi 17 mai que l’on saura si la candidature de Leila Aïchi est maintenue ou pas, et si elle clarifie sa position politique par rapport aux thèses séparatistes du polisario.
La prudence diplomatique reste cependant de mise sur ce couac inattendu entre les équipes de Macron et Rabat. Selon Nicolas Truong du "Monde", Macron n’est pas l’homme du "ou bien ou bien" mais celui du "et". La droite et la gauche, un président et un monarque républicain, un président "nouveau monde" et de la fin d’un cycle.
Le président Macron doit se rendre à Berlin ce lundi. Le renforcement déterminé du couple franco-allemand et du projet européen figurent au cœur de son projet politique. Macron doit enfin rencontrer le président américain Donald Trump lors d’un déjeuner à Bruxelles le 25 mai prochain.
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