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5 questions autour de la Cop22 au Maroc

A quelques mois de la Cop22, prévue pour le 7 novembre, l’institut Caisse de dépôt et de gestion (CDG) et l’institut Caisse des dépôts et consignations (CDC) ont organisé une conférence ce mardi, pour traiter ce sujet d’actualité. Objectif: comprendre les enjeux globaux de cette grand-messe mondiale. 

5 questions autour de la Cop22 au Maroc
Mohammed Berrahou
Le 31 mai 2016 à 17h58 | Modifié 31 mai 2016 à 17h58

Au Maroc, il y a moins d’un an, rares sont ceux qui parlaient de Cop et de changement climatique. Aujourd’hui, la donne a changé. La Cop22 est sur toutes les lèvres. Logique, car Marrakech accueille cette édition programmée du 7 au 18 novembre 2016.

Que sait-on réellement de ce grand événement international? Que vaut-il? Quels enjeux? Qui finance, etc. Plusieurs questions se posent, auxquelles Pierre Ducret, contrôleur général et conseiller climat pour le groupe Caisse des Dépôts et consignations apporte des réponses.

1. Les enjeux pour le Maroc:

Le Maroc ne fait pas partie des pays responsables du réchauffement climatique, loin de là. Le Maroc n’est responsable que de 0,15% des émissions mondiales. Et il ne pèsera pas non plus dans le changement climatique à venir. Pourquoi alors le Royaume s’implique-t-il autant dans cet événement?

«Pour plusieurs raisons: d’abord, parce que la problématique du réchauffement climatique est l’affaire de tous. Les accords adoptés à Paris (Cop21) sont universels. Tous les pays, du plus pauvre au plus riche, doivent s’adapter à un nouveau modèle de développement. Il s’agit de coopérer pour un objectif qui dépasse les problèmes nationaux.»

«Parce qu’aussi, l’impact du réchauffement climatique touche l’Afrique, dont le Maroc. Les conséquences sont, entre autres, très néfastes pour l’agriculture du pays (irrégularité des précipitations, vagues de chaleur, pluies torrentielles, etc). Puis, pour la santé de ses citoyens.»

«Les pays se portent candidats pour organiser la Cop sur leur continent. Il y a forcément un intérêt. C’est l’occasion pour le pays de montrer son propre leadership et ses propres politiques. Puis il y a un enjeu d’image. Le Maroc a fait le choix du développement durable et le montre aussi à travers cette organisation.»

2. Pourquoi au Maroc?

«Parce que la logique de ces conférences annuelles, c'est qu'elles tournent, continent après l’autre. En 2015, l’accueil de la conférence revenait à un pays d’Europe de l’Ouest (France). Avant c’était l’Amérique du Sud (Pérou), cette année c’est au tour de l’Afrique (Maroc). L’année prochaine, la conférence sera organisée probablement en Europe orientale, puis en 2018, en Corée du Sud».

3. Qui finance l’organisation de la Cop?

«Une partie est financée par la Convention-cadre des Nations-Unies, qui dispose d’un budget de fonctionnement alimenté par les Etats membres. Et l’autre partie est financée par le pays hôte, qui se charge de la partie logistique (centre de conférence, les espaces, etc).»

4. Inégalités Nord-Sud:

«Il est tout à fait logique que les pays jugés les plus responsables du réchauffement climatique soient amenés à dédommager les pays qui subissent ou qui subiront les plus grandes conséquences du changement climatique.»

«Les responsabilités ne sont pas les mêmes. Chaque pays apportera sa contribution en fonction de ses moyens».

5. Quel soutien pour les pays en développement?

«La communauté internationale a mis pour objectif d’apporter un flux financier de 100 milliards de dollars par an, pour financer les dépenses de réduction des émissions et d’adaptation d’ici 2020. Il semble être désormais à portée de main puisqu’on est à 60 milliards de dollars actuellement». 

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Mohammed Berrahou
Le 31 mai 2016 à 17h58

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