Enquête. Comment la Moudawana rééquilibre les relations au sein de la famille marocaine
Comment le code de la famille a-t-il influencé les comportements au sein du couple marocain? Les résultats étonnants d'une enquête publiée mardi 26 juillet à Rabat.
L'application de la Moudawana fait l'objet d'une évaluation par le ministère de la Solidarité, de la femme, de la famille et du développement social. Il s'agit concrètement d'une enquête réalisée auprès de 1.200 personnes, réparties sur tout le territoire national. Ces personnes ont été retenues sur la base des données du recensement général de la population, réalisé en 2014. Un questionnaire comportant 45 questions leur a été soumis.
L'enquête révèle que 13% des personnes sondées ignorent l'existence d'un nouveau code de la famille depuis 2004 au Maroc. Parmi ceux qui connaissent son existence, 22,7% estiment que le code a amélioré les rapports entre les époux, et 24,1% pensent le contraire.
Suivant les résultats du sondage, une large majorité pense que le code de la famille de 2004 est avantageux pour les femmes (61,6%), la famille (16,7%), les enfants (4,9%) et seulement 2,7% pensent qu'il est plus favorable aux hommes.
Autre élément important: la notion traditionnelle et stéréotypée de famille (répartition du travail selon le sexe du parent) laisse place à une vision plus équilibrée des rôles au sein du foyer. Ainsi, 87,8% des sondés pensent que les parents se partagent équitablement la responsabilité dans l'éducation des enfants.
Même tendance en ce qui concerne la fixation de l'âge légal du mariage à 18 ans: 88% des sondés sont d'accord en 2014, en progression par rapport à l'année 2009 où les sondés avaient déclaré soutenir cette proposition à hauteur de 84,4%.
Les personnes sondées estiment qu'en cas de divorce, le régime matrimonial applicable devrait être celui du partage égalitaire des biens entre les époux. 84% soutiennent cette proposition. Suivant la même logique, près de 59% des sondés pensent que les époux devraient avoir les mêmes droits et les mêmes obligations.
Pour appuyer cette tendance, 70% d'entre eux estiment que la femme active devrait participer à couvrir les dépenses du foyer et plus de la moitié des interrogés pensent que l'homme devrait participer aux tâches ménagères.
Un autre élément qui prouve la forte et rapide transformation du modèle familial au Maroc. En 2009, seuls 50% des Marocains pensaient que les décisions devaient être prises par les deux époux. Aujourd'hui, 72,6% soutiennent cette thèse.
En ce qui concerne les rapports entre les époux et en cas de conflit, 80% des personnes interrogées estiment que le couple devrait discuter et 14% préconisent l'intervention de la famille.
L'enquête donne également une idée sur la perception de l'impact de la Moudawana sur les mentalités et les pratiques.
A ce propos, près de 60% des sondés estiment qu'il existe une influence. Il s'agit, principalement, de la prise de conscience des femmes de leurs propres droits. D'ailleurs, 55% des personnes interrogées pensent que la Moudawana a contribué à augmenter le nombre de cas de divorces.
Au final, 10 ans après l'adoption de la Moudawana, les mentalités ont profondément changé. Près de la moitié des Marocains, selon la même enquête, estiment qu'il est temps de réviser le code de la famille.
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