Blocage VoIP au Maroc: l’ANRT donne raison aux opérateurs
L'ANRT sort de son silence, publie un communiqué qui confirme la blocage de la VoIP par les trois opérateurs de télécoms et leur donne raison.
Selon l’Agence de réglementation des télécoms, outre le manque à gagner, en termes de chiffres d’affaires, résultant pour le marché national des télécommunications du fait de l’utilisation des services gratuits de téléphonie sur IP, ces derniers ne remplissent pas toutes les conditions requises pour être en conformité avec la réglementation en vigueur
L’Agence nationale de la réglementation des télécommunications (ANRT) sort enfin de son mutisme qui a duré deux jours. Deux jours, c’est beaucoup dans une affaire où il fallait communiquer à l’avance, expliquer et argumenter.
Deux jours pendant lesquels opérateurs de téléphonie et Agence de régulation se sont renvoyé la balle.
Chacune des deux parties se défendant d’être à l’origine de la décision -très impopulaire- de bloquer les applications pour les appels gratuits via Internet.
Dans un communiqué rendu public jeudi 7 janvier à 17H, l’ANRT précise que “tout fournisseur de services de communications au public est tenu de se conformer aux obligations législatives et réglementaires régissant le secteur des télécommunications et aux dispositions de son cahier des charges“.
Voici le texte intégral du communiqué.
"La presse s’est fait l’écho ces derniers jours de l’interruption des services gratuits de téléphonie sur IP (Internet protocole) offerts par certaines applications disponibles sur Internet.
"Dans ce cadre, l’ANRT tient à apporter les précisions suivantes:
-L'établissement et l'exploitation de réseaux publics de télécommunications ainsi que la fourniture des services de téléphonie au public sont soumis au régime des licences, prévu par l'article 2 de la loi n°24-96 relative à la poste et aux télécommunications ;
-L'acheminement de tout trafic téléphonique à destination du client final ne peut être assuré que par des exploitants de réseaux publics de télécommunications, dans les conditions fixées par les cahiers des charges des licences dont ils sont attributaires ;
-L'exploitation commerciale et l’utilisation du protocole IP pour la fourniture des services de télécommunications ont été encadrées par la décision de l’ANRT n° 04-04 du 6 avril 2004 relative au statut de la téléphonie sur IP.
"Il en ressort que les dispositions réglementaires régissant la fourniture des services de téléphonie (Voix sur IP ou autres) sont claires et lesdits services ne peuvent être fournis que par les exploitants détenteurs de licences de télécommunications.
"A ce propos, il est à rappeler que tout fournisseur de services de communications au public est tenu de se conformer aux obligations législatives et réglementaires régissant le secteur des télécommunications et aux dispositions de son cahier des charges.
"Ces obligations sont de différentes natures: techniques, économiques et réglementaires, et ont notamment pour objet d’encadrer l’exercice de l’activité de l’exploitant concerné, principalement au regard des règles de concurrence loyale, de continuité et de qualité de service.
"Le cahier des charges précité précise également les services que le titulaire est autorisé à fournir, ainsi que les conditions et les modalités de commercialisation desdits services.
"Dans le cas d’espèce et outre le manque à gagner, en termes de chiffres d’affaires, résultant pour le marché national des télécommunications du fait de l’utilisation des services gratuits de téléphonie sur IP, ces derniers ne remplissent pas toutes les conditions requises pour être en conformité avec la réglementation en vigueur.
"Aussi, leur suspension s’inscrit dans le cadre de la mise en conformité des exploitants avec les obligations qui leur incombent dans le cadre des licences dont ils sont détenteurs."
Nota:
1. la décision de l'ANRT à laquelle il est fait référence date de 2004. Pourquoi avoir attendu si longtemps?
2. il s'agit bien de raisons commerciales et financières qui sous-tendent la décision de blocage. C'est légitime. Mais le mécontentement des usagers est également légitime. Et la communication totalement absente pendant plusieurs jours a laissé le champ libre à toutes les interprétations.
Au final, une décision légale, mais qui pour le grand public, n'est pas légitime et qui a été mal vendue.
à lire aussi
Article : Santé numérique : ce que le projet de loi prévoit de changer dans votre parcours de soins
Le projet de loi 52.26 adopté en Conseil du gouvernement pose les bases de la santé numérique au Maroc. Dossier médical partagé, identifiant sanitaire unique, plateforme nationale et agence dédiée… Il encadre l’accès aux données, fixe les droits des patients et prévoit des sanctions. Détails.
Article : Déficit budgétaire 2026 : le Maroc peut-il tenir les 3% ?
Malgré le choc énergétique, la hausse des dépenses sociales et salariales et l’accélération de l’investissement public, le gouvernement maintient son objectif de ramener le déficit budgétaire à 3% du PIB en 2026. La cible est comptablement atteignable. Reste à savoir si cet ajustement repose sur des bases solides et durables.
Article : Gazoduc Nigeria-Maroc : qui paiera et quand le gaz arrivera
De Casablanca à Abuja, la signature de l’accord intergouvernemental le 19 juillet marque un tournant pour ce projet destiné à acheminer le gaz ouest-africain jusqu’au Maroc et à l’Europe, soutenu par d’immenses réserves gazières au Nigeria, au Sénégal et en Mauritanie. Qui doit le financer, comment il sera construit au Maroc et pourquoi le premier gaz n’est attendu qu’en 2031 : tour d’horizon.
Article : Aviculture : prix toujours bas, jusqu'à 3 DH de pertes par kg pour les éleveurs
Les prix du poulet continuent de reculer au Maroc, creusant les pertes des éleveurs. Le secteur espère toutefois une remontée progressive des prix à partir de septembre, portée par une baisse attendue de l'offre et un léger rebond de la demande. Détails.
Article : Settat : l’ONEE renforce l’alimentation en eau avec un projet de 210 MDH
L’Office national de l’électricité et de l’eau potable a mis en service la première tranche d’un projet de 210 millions de dirhams destiné à renforcer et sécuriser l’alimentation en eau potable de Settat et des localités voisines. Cette première phase permet de doubler le débit d’alimentation de la ville.
Article : La fondation CDG distingue six projets d’innovation sociale digitale
La fondation CDG a clôturé la 2e édition de DIGIT@CTION, un programme dédié à l’innovation sociale digitale. Six projets portés par des associations ont été retenus et bénéficieront d’un financement, ainsi que d’un accompagnement pour soutenir leur déploiement.