Un F-16 marocain a bien participé à des frappes contre Da'ech
Voici la première confirmation de la participation des F-16 marocains aux frappes contre Da'ech. Les précédentes informations étaient approximatives ou provenaient de spéculations.
Mercredi 24 décembre, Da'ech a capturé un pilote militaire jordanien dont l’avion s’était écrasé dans les environs de Raqqa, capitale de Da'ech, située en Syrie. Lundi 29 décembre, Da'ech a publié dans sa revue digitale Dabiq (en langue anglaise), une interview du pilote. Ce dernier y donne des détails sur sa mission et les circonstances de sa capture.
Le pilote Maaz al-Kassasbeh a indiqué qu’il a été informé de la mission la veille vers 16H00. Le lendemain matin, il vole en formation dans une escadrille où se trouvaient également des avions "saoudien et émirati, ainsi qu’un F-16 marocain". Dans la version originale de Dabiq consultée par Médias 24, le pilote évoque un F-16 marocain, au singulier. Dans les extraits de cette interview dans divers journaux du Golfe, il est fait mention de F-16 marocains au pluriel. Les avions ont tous été ravitaillés en vol, selon la même source.
L’objectif de la mission est de ratisser les zones aux alentours de Raqqa, pour neutraliser les défenses anti-aériennes et faciliter la mission suivante d’avions munis de missiles à guidage laser qui viendront frapper les cibles ainsi préparées.
Le décollage se fait à partir d’une base militaire en Irak, selon les propos du pilote jordanien qui répondait aux questions de Dabiq, dans une sorte d’interview macabre. Le pilote avait été photographié, pour illustrer "l’article" dans la même tenue de couleur orange que portent les prisonniers destinés à être tués.
La formation est commandée par la fameuse pilote émiratie Mariam Mansouri.
Notre expert militaire Abdelhamid Harifi considère que "la version officielle jordanienne imputant la chute de l’appareil à une erreur technique, semble improbable. Dans ce genre de mission, il y a des vérifications qui se font avant le décollage pour éviter ce genre de problèmes ou les limiter au maximum".
"La version de Da'ech revendiquant un tir de missile est aussi improbable, Da'ech ne disposant que de Manpads (des missiles portés sur le dos, du genre Stinger). Un Stinger ne peut abattre un F-16 censé voler à haute altitude" pour éviter justement ce genre de risque.
Abdelhamid Harifi estime donc que l’erreur humaine est la plus probable, soit une erreur du pilote qui n’a pas respecté son plan de mission, soit une erreur de la commandante émiratie. C’est cette dernière version qui est livrée à différents journaux par des sources militaires jordaniennes: à l’arrivée dans les environs de Raqqa, Mariam Mansouri a ordonné au pilote jordanien de bombarder à basse altitude une position de Da'ech qui pouvait abriter un haut dirigeant du mouvement et ce, malgré la présence à proximité, de combattants tchetchènes équipés de missiles Stinger.
Le pilote jordanien est âgé de 26 ans. Il a récemment célébré son mariage. La Jordanie tout entière est mobilisée pour sa libération. Tous les pilotes qui participent aux frappes, quelle que soit leur origine, sont volontaires.
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