Comment Rabat déradicalise et gère le retour des Marocains du front syrien
C’est un rare éclairage de l’intérieur de la machine gouvernementale marocaine qu’un haut responsable du ministère de l’Intérieur apporte sur le choix des autorités de jouer la fermeté et la souplesse dans le même temps avec les groupes radicaux religieux.
Intervenant lors d’une conférence internationale sur le jihadisme et ses conséquences sur la sécurité en Méditerranée tenue vendredi 23 mai à Tanger, le haut responsable marocain familier des dossiers du contrôle frontalier et de la gestion territoriale a donné quelques indications sur la stratégie marocaine de «déradicalisation au niveau de la doctrine, de l’organisation et du comportement» des mouvements islamistes radicaux.
Dissuader les départs …
Parmi les approches tentées, figurent les appels argumentés et motivés contre les départs des jeunes vers la Syrie lancés par des leaders religieux. «Depuis 6 mois, indique le responsable de l’Intérieur qui préfère l’anonymat, la tendance est à la baisse» sans toutefois fournir d’indications plus précises sur la tendance. Le responsable jugeant par ailleurs que «seules, la prison ou la pression ne peuvent dissuader certains jeunes de partir ni constituer de sanction efficace à terme».
Le nombre de jeunes Marocains combattant actuellement en Syrie ou se trouvant en transit sur le territoire turc est estimé entre 1.000 et 1.500 individus dont 200 à 300 dans la région d’Istanbul en attente de rentrer au Maroc. Depuis l’été 2013 et la multiplication des combats entre fractions islamistes rivales, de nombreux jeunes Marocains ont décidé de cesser la lutte armée. Le mouvement Harakat Sham al Islam regroupe la majorité des combattants d’origine marocaine. Son fondateur Brahim Benchekroun, ancien de Guantanamo, est mort au combat en Syrie.
Sur le terrain en Syrie et à la frontière turco-syrienne, le contingent de combattants marocains est considéré par les experts comme le plus important groupe national avec celui des Tunisiens sur un total de 35.000 combattants étrangers aux côtés de l’opposition religieuse et laïque ou aux côtés du régime de Damas (Hezbollah libanais, pasdarans iraniens, chiites irakiens).
Auparavant durant la séance, un officier de la gendarmerie royale à la retraite et un responsable de la justice avaient également vanté les mérites de la politique de déradicalisation citant le cas médiatisé du leader salafiste Mohamed Fizazi. Pour le responsable de la justice, «la justice pénale seule n’est pas suffisante d’autant plus que la loi au Maroc comme dans plus autres pays ne condamnent pas explicitement le fait de partir dans des zones de combat et d’y acquérir un entraînement au maniement des armes». «Sur ce plan-là, il reste des ajustements législatifs et légaux à opérer» a-t-il indiqué.
Depuis l’été 2013, de nombreux leaders religieux marocains dont Omar Haddouchi ont multiplié les appels et les explications contre la participation des jeunes Marocains au Djihad syrien.
Cependant, le responsable marocain a tenu à souligner et à rappeler, que « la volonté de dissuader les jeunes Marocains d’aller combattre en Syrie ne doit pas occulter le fait que le Maroc est du côté du peuple syrien».
… et gérer les retours
Sur le point de la gestion des retours, le responsable de l’Intérieur l’a jugée possible sur «la base de la coopération solidaire et de la bonne foi des Etats» car juge-t-il, «le problème des faux-passeports est un vrai problème» et «les gens d’aspect européen peuvent plus facilement passer entre les filets».
Au début de cette année, Rabat avait notamment dû imposer le visa aux ressortissants libyens pour des fuites d’usagede faux passeports libyens par des Marocains passés par le champ de bataille syrien et souhaitant rentrer au Maroc.
A Sebta et à Mélillia, le contrôle des passeports est désormais obligatoire pour tous les voyageurs, dont les résidents des villes frontalières qui étaient auparavant dispensés d’un contrôle systématique.
Sur ce dernier point, Médias 24 a pu apprendre que si les services marocains et français collaboraient sur le terrain en Turquie et à la frontière syro-turque pour localiser les ressortissants des deux pays, la même coopération existe entre les services français et algériens. «En revanche, aucune coopération n’existe entre services marocains et algériens» souligne notre expert.
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