Benkirane aussi se positionne pour les élections
A l'approche des élections, les partis politiques se positionnent en ordre de bataille. Certains, comme le PJD, jouent la carte du gouvernement ayant connu des échecs, rencontré des obstacles, mais souhaitant un second mandat pour achever les réformes déjà entamées.
Dimanche 15 mars. A Errachidia, Abdelilah Benkirane a parlé du Roi. A deux reprises. La première, pour illustrer la confiance que lui accorde le souverain, qui a "résisté aux pressions voulant mettre fin à l'expérience gouvernementale" du PJD.
La seconde, pour évoquer la protection du Roi, "qui a demandé au ministre de l'Intérieur de m'entourer de quatre gardes du corps" suites aux menaces reçues par le chef du gouvernement lors de sa prise de fonctions.
En revendiquant une 'baraka' royale, Benkirane dément les critiques voulant que les rapports entre le PJD et l'institution royale soient exécrables, handicapant ainsi l'action du gouvernement.
Autre contexte, autre discours. Devant l'association des diplômés de Harvard, un jour plus tôt, Abdelilah Benkirane a parlé des rapports des Marocains avec la monarchie.
"Le Maroc s'est construit sur la légitimité, non sur l'autorité seule. Quand il y avait une guerre, il n'y avait pas que l'armée centrale qui y participait, mais aussi les armées des tribus". Une déclaration qui trouve son écho dans le projet de régionalisation, représenté par le nouveau découpage territorial ainsi que les projets de lois organiques renforçant les pouvoirs des présidents des communes, des provinces et des régions.
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Les sondages le confortant ont aussi été évoqués, puisque "quelques jours après ma prise de fonctions, les sondages ont prouvé que 88% des marocains sont satisfaits vis-à-vis de leur gouvernement. Bien sur, ce taux a connu des baisses, après trois ans, ce qui est tout à fait normal, mais il est en hausse en ce moment".
Discours de Benkirane devant l'association des diplômés de Harvard:
Le chef du gouvernement de tous les sacrifices?
Les tensions entre majorité et opposition ayant été exportées au parlement, où les deux factions se livrent une guerre sur les lois dites électorales, le chef du gouvernement a saisi l'occasion de mettre de côté les règlements de comptes étroits, et ainsi défendre son bilan. Non le défendre envers et contre l'opposition, en amplifiant chaque action menée, mais face à ses potentiels électeurs.
Le chef du gouvernement n'a donc pas hésité à déclarer, à Errachidia, que ses échecs se rapportent à la lutte contre la corruption, la lutte contre le trafic de drogue et le chômage, sujets sur lesquels l'opposition "peut légitimement me critiquer, et j'accepterai cela", selon ses propres termes.
En privé, Benkirane estime en effet que l'Opposition n'arrive pas à trouver les bons arguments pour contrer le PJD et que les arguments développés par elle ne sont ni cohérents ni justifiés.
Les élections reviennent à maintes reprises dans ses deux derniers discours, que ce soit celui d'Errachidia, ou celui prononcé devant les diplômés de Harvard.
S'il dit que "mon but n'est pas de me maintenir dans mon poste. Je fais mon travail, et c'est aux électeurs de juger", ou, dans l'interview qu'il a accordé à Med Radio, que "si les marocains veulent que je parte, je ne resterai pas un seul jour de plus", la question de sa réélection revient en filigrane, lorsqu'il parle des chantiers, des réformes et des projets entamés par son gouvernement, et qui valent d’être menés à bout.
Vidéo son l'interview de Benkirane par Med Radio:
A travers cette indifférence feinte sur sa réélection, et la fonction sacrificielle qu'il dit endosser et assumer, Abdelilah Benkirane se positionne (enfin ?) comme homme d'Etat, insoucieux, dans sa communication, des critiques formulées à son égard, disposé à mener des réformes impopulaires mais qu'il conçoit comme nécessaires.
Sa communication, dans le contexte actuel, peut se résumer ainsi: "J'ai été nommé chef du gouvernement dans une période trouble, que j'ai réussi à dépasser. J'avais un programme politique que je n'ai pu accomplir, en raison de la nécessaire transition qu'il fallait accomplir après 2011. J'ai commis des erreurs, je n'ai pas tenu toutes mes promesses, et j'ai besoin d'un second mandat pour mener à bien mon projet".
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