Selon un journal israélien, Ben Barka est enterré dans un jardin public de Paris
Selon l’édition du week-end du quotidien israélien Yediot Aharanot, le corps de Mehdi Ben Barka a été enterré par des agents israéliens dans un parc public de Paris au lendemain de son assassinat en octobre 1965 dans la capitale française.
Dan un article signé de la plume du journaliste Ronen Bergman celui-ci indique que le nom code de l’affaire Ben Barka pour les services secrets israéliens du Mossad était «Bava Batra». C’est dans ce cadre que des agents du Mossad ont enterré dans un parc parisien le corps de l’opposant marocain enlevé à Paris le 29 octobre devant la brasserie Lipp du boulevard Saint-Germain.
Avant sa publication dans l’édition de ce 20 mars, l’article du Yediot Aharonot a été soumis à la censure militaire israélienne.
Un crime mystérieux
Le journal israélien revient sur cette affaire car 50 ans plus tard, beaucoup de mystères continuent à entourer ce dossier.
Depuis 1965, les autorités de Paris, de Rabat et de Tel Aviv ont réussi à empêcher que la vérité soit faite sur la mort d’un homme qui de professeur au Collège royal était devenu l’un de ses plus farouches opposants au régime.
A partir de 1963, Mehdi Barka qui avait quitté l’Istiqlal et fondé l’UNFP (Union des forces populaires socialistes) avec notamment Omar Benjelloun qui mourra également assassiné à Casablanca en 1975.
Dans les années 1960, Ben Barka se rapproche des autorités algériennes, soviétiques et cubaines. Cela lui vaudra de devenir non seulement l’ennemi de Rabat, mais aussi de Washington, de Tel Aviv et d’une partie des services français.
L’assassinat de Ben Barka provoquera une crise politique à Paris et des tensions entre Rabat et Paris qui mettront de nombreux mois à s’apaiser. A Tel Aviv, l’affaire a failli provoquer la démission du président de l’époque Lévi Eshkol et du chef des services du Mossad Meir Amit.
Dans les années 1960, la coopération sécuritaire entre le Maroc et Israël était importante. Rabat collaborait sur le sujet de l’émigration juive marocaine vers Israël et les deux pays avaient déjà commencé à coopérer dans le domaine de la sécurité.
A l’automne 1965, le général Oufkir a notamment demandé aux Israéliens de l’aider à neutraliser Mehdi Ben Barka, selon diverses sources non officielles.
Après de multiples hésitations, le Mossad acquiescera à cette demande. Selon certaines sources israéliennes, le Mossad a agi sans la pleine connaissance de la primature israélienne. Le Mossad fournira notamment des faux passeports à ses agents en poste à Paris pour leur permettre de quitter le territoire français sans encombre en cas de nécessité, ainsi qu’une planque.
Selon le Yediot Aharonot, ces nouvelles révélations suscitent un regain du débat à Tel Aviv sur les responsabilités israéliennes dans la mort de Mehdi Ben Barka et le rôle du Mossad.
50 ans de rebondissements mais aucune conclusion
Révélé à la police parisienne par un étudiant marocain qui avait accompagnait Mehdi Ben Barka à son rendez-vous «traquenard» devant la Brasserie Lipp, l’enlèvement de l’opposant socialiste reste, 50 ans plus tard, un mystère.
En Janvier 1966, une enquête de l’hebdomadaire L’Express révélant le témoignage de Georges Figon sur l’assassinat de Ben Barka et intitulée «J’ai vu tuer Ben Barka» se terminera, une semaine plus tard, par le suicide du même Figon alors que la police française avait ordre de l’arrêter.
Fin janvier 1966, L’Express de Jean-Jacques Servan-Schreiber publiera à nouveau à la une un nouveau dossier de 18 pages consacré à l’affaire. Durant les cinq semaines suivantes, l’affaire Ben Barka sera à la une de l’hebdomadaire parisien.
Depuis 1965, les enquêtes, livres et films réalisés sur l’un des mystères de la vie politique marocaine mais aussi de la collaboration entre services marocains, israéliens et français restent sans conclusions définitives. Aucun élément n’apporte de réponse définitive à trois questions de base de ce dossier : qui a commandité le crime, qui l’a exécuté et où se trouve le corps de Mehdi Ben Barka?
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