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Elections locales: La “chasse à l’homme“ a commencé

Les notables sont très recherchés par les partis pour les prochaines élections communales, régionales et des chambres professionnelles. Chacun essaie de préserver les siens de toute tentation, tout en lorgnant vers les notables de l’adversaire.

Elections locales: La “chasse à l’homme“ a commencé
Khalid Tritki
Le 22 juillet 2015 à 15h38 | Modifié 22 juillet 2015 à 15h38

Le bal des notables est ouvert. À quelques jours du dépôt des candidatures aux élections des chambres professionnelles puis des collectivités locales, les formations politiques sont sous pression.

La culture électorale au Maroc étant axée sur les têtes d’affiche, et non pas sur les programmes, le jeu des notables peut donc rapporter gros ou, au contraire, réduire les chances électorales à une peau de chagrin. Et chaque parti tente, tant bien que mal, de garder «ses joyaux de famille» loin de la convoitise des concurrents. 

Vendredi 24 juillet commence le délai des dépôts de candidatures pour les chambres professionnelles et le 10 août celui des communales. L’arsenal juridique, combinant code électoral et loi sur les partis politiques, encadre le processus, en rendant la transhumance un peu difficile.

Le candidat qui optera pour une couleur politique ne pourra plus la changer par la suite. Aussi, un élu qui se présente pour les chambres professionnelles en déposant sa candidature ce vendredi au nom d’une formation politique, scellera-t-il son sort une fois pour toutes. Idem pour les communales. C’est dire que les formations en compétition ne disposent que de quelques jours ou de quelques semaines selon les cas, pour voler les stars électorales» des autres.

C’est une sorte de mercato, sans aucune transparence et où tous les coups sont permis.

Toutes les formations politiques, ou presque, sont à l’affût. Et chacune a sa méthode. Il y en a même qui parlent de «constitution de commandos d’intermédiaires», dont la seule mission est de convaincre «les grosses pointures électorales» de rejoindre le parti commanditaire.

Des échos de la scène politique attribuent cette méthode en grande partie à l’Union constitutionnelle (UC) et au Rassemblement national des indépendants (RNI). Ces derniers ont effectivement ciblé quelques notables de la place et les ont placés dans la liste des candidats à recruter avant échéance. «Oui, toute le monde cherche à s’adjuger des notables influents, mais on ne peut pas parler de commando dédié à les recruter», nous explique un membre influent d’un parti du centre.

Ce sont généralement des membres du bureau politique soutenus par le président (ou secrétaire général) du parti, dans son rôle de VRP, qui se chargent des manœuvres de séduction. La méthode semble rodée et les résultats commencent à parler d’eux-mêmes. Certains partis politiques saignent, tellement la perte de notables est conséquente, d’autres font du marquage individuel pour éviter le pire.

Le Parti du Progrès et du Socialisme (PPS) a perdu une grosse pointure à Casablanca. Il s’agit de Lâammari, président du TAS, l’emblématique club de foot de Casablanca, dont le fief est aussi étendu que la superficie et l’aura du Hay Mohammadi à Casablanca. Des sources au sein du PPS reconnaissent à Lâammari une «cour» de fidèles avoisinant les 200 élus.

Ce gros coup est à mettre à l’actif de Mohamed Sajid de l’UC, qui n’est pas à sa première prise. Le maire de Casablanca, devenu président de l’UC tout récemment, a aussi arraché Chafik Abdelhak au Mouvement Populaire. Ce dernier compte plus de 60 élus locaux dans ce jeu d’influence à Casablanca.

De même, la famille Oumouloud à Inezgane, qui avait milité sous les drapeaux de l’istiqlal, a opéré un retour aux sources. Elle défendra désormais les couleurs de l’UC au même titre que la famille Mahrouche dans la région du Haouz. Sans oublier le retour de Semlali, le fils de l'ancien leader emblématique du parti.

De son coté, le RNI de Salaheddine Mezouar, s’est adjugé la “loyauté“ de Hassan Derham dans la région de Laâyoune. Ce natif des Ait Ba Amrane n’en est pas à sa première migration.

Moins stressé est le Parti Justice et Développement (PJD). Le parti de Abdelilah Benkirane est connu pour sa discipline. Les candidats font rarement faux bond à leur formation. Si la transhumance n'est pas le souci immédiat des "islamistes au pouvoir", la quête de l'icône demeure d'actualité. Le parti essaie de séduire les artistes et les têtes d'affiche dans les domaines médiatique et sportif pour porter ses couleurs lors des prochaines élections.

Le PAM (Parti Authenticité et Modernité), lui, a fait le plein des notables depuis des mois déjà. Il amorce donc le virage de la campagne électorale en suveillant ses arrières. Car, bien entendu, les couleurs politiques ne sont pas figées dans le marbre. Tout peut changer d’ici la date limite des dépôts des candidatures, fixée au 20 août 2015. D’ici là, les formations politiques suivent de près leurs favoris.

«Nous luttons pour préserver nos candidats», reconnaît Nabil Ben Abdellah, secrétaire général du PPS. Et à lui Il poursuit, disant: «ce qui est sûr, c’est que les autorités n’interviennent pas dans ces manœuvres».

Une affirmation confirmée par d’autres membres de plusieurs partis contactés par Médias 24. Une affirmation lourde de sens. Elle rappelle une pratique sophistiquée visant à forcer la main de certains candidats au profit d’une formation politique donnée.

L’intervention des autorités était stylée, brutale par son côté suggestif, mais jamais ouverte et directe. Le candidat était invité par le wali ou le gouverneur à partager un repas ou un thé, et de fil en aiguille, l’autorité sort sa phrase magique: «Êtes-vous certain que l’orientation que vous semblez avoir prise est bien dans votre intérêt?». À elle seule, cette phrase suffisait à semer le doute dans l’esprit du candidat. Celui-ci ne savait pas comment la comprendre. Est-ce une menace ou un conseil? Dans tous les cas, elle finissait par faire son effet.

Les partis politiques, eux, utilisent d’autres méthodes. Ils négocient les postes de présidence des communes, des régions et jusqu’à les sièges au Parlement (seconde chambre dans le cas communale). La ministrabilité peut faire partie du lot, mais elle reste peu maîtrisable car le choix revient, en dernier ressort, au Roi.

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Khalid Tritki
Le 22 juillet 2015 à 15h38

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