Le service médical obligatoire expliqué par Louardi
Lahoussine Louardi est monté au créneau pour expliquer le projet de service sanitaire national obligatoire. Ce projet a suscité énormément de réticences, de résistances et de rumeurs, en particulier chez les étudiants en médecine.
En conseil de gouvernement, puis à travers un communiqué détaillé, Louardi fournit donc des explications un peu tardives, mais bienvenues.
1. La réforme portant sur l'instauration du service sanitaire national obligatoire n'est pas encore au stade de projet final. C’est un avant-projet qui fait encore l’objet de discussions.
2. Elle vise à combler les déficits en termes de ressources humaines et à pallier la mauvaise répartition des cadres de la santé, en ce sens que 45% de ces cadres sont concentrés au niveau de l'axe Casablanca-Rabat, alors que seulement 24% sont présents en milieu rural.
3. La santé publique ne peut fonctionner si l’un de ses trois piliers est bancal. Les trois piliers sont la couverture sanitaire, l’infrastructure (y compris les bio-équipements) et les ressources humaines. Pour ce dernier point, Louardi constate que le territoire n’est pas correctement couvertet que les malades ne trouvent pas partout un médecin accessible. D’où l’augmentation progressive des postes budgétaires dans chaque loi de finances et d’où la nécessité d’instaurer ce service sanitaire, qui permettra de couvrir les zones les plus reculées.
4. Cette réforme si elle est adoptée, coûtera 1 milliard de DH par an.
5. Une enveloppe de 945 MDH sera également mobilisée pour la remise à niveau des bio-équipements dans tout le Maroc.
6. Les candidats retenus pour le service sanitaire percevront le salaire correspondant à leur grade (généraliste ou spécialiste) et non pas une indemnité de 2.000 DH comme l’a avancé la rumeur.
7. Ce service ne les privera aucunement de l'examen de résidanat, mais constituera, a contrario, un atout du fait que les deux années de ce service national seront comptabilisées dans l'ancienneté requise dans le contrat de 8 ans les liant à l'État après leur sortie. Mieux, a ajouté le ministre, ces deux années compteront double (4 ans) et le ministère s'engage à ne pas les prolonger, ne serait-ce que d'un jour.
Voilà les faits, d’ailleurs déjà exposés dans Médias 24 (ici et ici).
Cela étant dit, Lahoussine Louardi est certainement un expert d’une haute valeur. Il a la confiance des plus hautes instances de l’État et il est extrêmement populaire au sein de la population. Il a des capacités oratoires indéniables. Et pourtant, il n’est pas un homme politique ordinaire. Il se comporte comme un expert qui ferait de la politique en s’excusant. Car fait-on réellement de la politique lorsqu’on néglige autant la communication?
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