Elections. Le mouvement de Omar Balafrej se présente avec la Fédération de la Gauche Démocratique
Le groupe des jeunes modernistes de gauche part à l'assaut de Rabat Agdal-Hay Ryad, une circonscription plutôt bourgeoise. On attend la suite avec intérêt.
Les mouvements tectoniques au sein de la gauche marocaine, parfois puissants, parfois souterrains, se poursuivent, favorisés par la proximité des prochaines élections communales et régionales.
Cette fois-ci, c’est le mouvement CAC, Clarté-Ambition-Courage, animé par Omar Balafrej, qui a décidé de présenter des candidats aux communales sous l’ombrelle de la Fédération de la gauche démocratique.
Omar Balafrej est intellectuellement et en quelque sorte génétiquement ancré à gauche. Il a milité au sein de l’USFP jusqu’en 2010, où il a quitté la formation historique, car “ce parti n’avait plus l’ambition de transformer la société marocaine“, explique-t-il à Médias 24.
Avant de quitter l’USFP, il avait contribué à la création de l’association Clarté Ambition Courage. Clarté signifie position décomplexée ou claire sur certains sujets. Par exemple, la laïcité est défendue d’une manière ouverte et assumée.
Arrivent l’année 2011, puis son 20 février. Les élections, la recomposition du champ politique, les déboires des uns, les bons scores des autres.
Pour la nouvelle séquence politique qui commence avec les communales et les régionales en 2015 et s’achèvera en 2016 avec les législatives, Omar Balafrej trouve que les électeurs ont schématiquement le choix entre le PJD et le PAM. C’est un peu le cas d’ailleurs dans tous les pays arabes où la dialectique islamisme d’un côté, libéraux (plus ou moins autoritaires, plus ou moins démocrates) de l’autre, est omniprésente.
Avec ses camarades du mouvement, il estime, qu’il faut baliser une troisième voie. Le CAC se trouve pas mal d’affinités avec Nabila Mounib, leader du PSU, “charismatique, courageuse, crédible, disponible et intellectuellement solide“. Le Mouvement a eu à travailler avec le PSU sur des questions de libertés individuelles et de laïcité et ses membres ont été “agréablement surpris par leur modestie, et plus récemment par leur nouveau leader, Nabila Mounib“.
Le mouvement se trouve également des affinités avec Tarik Kabbage et son nouveau parti Al-Badil, l’Alternative démocratique. Un des membres du bureau national du CAC, Adam Bouhadma, se présentera sur la liste indépendante que constitue Al-Badil à Agadir.
Le PSU, principale composante de la Fédération de la Gauche démocratique, se trouve également des affinités avec Al-Badil et cherche à jeter des ponts avec lui. Bref, tout ce monde se parle, échange et cherche des points de convergence, voire d’alliances à l’occasion des élections.
Tarik Kabbage se représente dans son fief d’Agadir. Nabila Mounib a choisi une circonscription très disputée, Casablanca Sidi Belyout. Elle aura sur sa liste Nada El Harif de Clarté-Ambition-Courage. Omar Balafrej se présentera à Agdal-Hay Ryad à Rabat, en tête de liste, avec une quinzaine d’autres membres du mouvement, dont Omar Hayani. La liste comporte 33 membres au total, dont beaucoup viennent de la Fédération de la gauche démocratique. Le CAC sera également présent à Safi, à Sidi Belyout et sur deux autres listes.
L’idée de ces jeunes atypiques de la politique est d’arriver non seulement à se faire élire, mais de se retrouver à des postes de décision pour pouvoir peser sur la gestion d’une ville ou même d’un quartier. “Si nous sommes aux commandes, nous pourrons expérimenter des politiques différentes, montrer qu’il est possible de gérer différemment“, espère notre interlocuteur.
“Je suis très participationniste. Contre les boycotts des élections. Si on veut la démocratie, il faut aller au charbon. Une campagne électorale est fondamentale pour un militant, on contacte des gens qu’on ne connaissait pas, qui ne s’intéressent pas obligatoirement à la politique, qui acceptent de parler politique, on se remet en question, on se découvre soi-même“: c’est ainsi que Balafrej voit la campagne à venir.
Il y a eu la tentation de créer une force politique, on n’a pas réussi, faute de moyens financiers et humains,
Mais le sésame qui réunit tous ces courants et partis, c’est le mot “gauche“. Qu’est*ce que la gauche aujourd’hui au Maroc?: “Si on fait de la politique d’une façon sincère, on ne peut être que de gauche. Les inégalités sont frappantes, la mixité sociale est absente, il n’y a pas de contrat social,…“, conclut Balafrej.
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