Pour la première fois, apparition de la publicité politique au Maroc
La campagne électorale de cette année est riche en événements. Pour la première fois, un parti se lance dans la publicité politique.
Le PPS a entamé ce dimanche 23 août une campagne publicitaire payante sur les médias. A notre connaissance, c'est une première. C'est le portail Hespress, numéro 1 au Maroc et l'un des tout premiers dans le monde arabe, qui a été choisi pour être le premier support.
Selon nos informations, d'autres partis vont emboîter le pas au PPS. Chaque parti choisit les supports en fonction de l'intérêt que présente pour lui, le profil de ses lecteurs.
Médias 24 a également été sollicité par le PPS et a accepté sa publicité, après mûre réflexion.
>La publicité dans les pays à forte tradition démocratique.
Nous avons consulté Alain Rollat, ancien directeur adjoint du quotidien Le Monde et expert auprès de l'UE dans le domaine de la déontologie.
Voici sa réponse:
"La publicité politique est devenue monnaie courante dans les pays démocratiques. Il n'y a pas de raison, a priori, de la refuser à un parti si les valeurs que défend ce parti ne sont pas incompatibles avec les vôtres.
"Mais il est indispensable, primo, d'expliquer votre décision à vos lecteurs, en invoquant le caractère démocratique du pluralisme, mais aussi, secundo, d'avoir votre mot à dire sur le contenu rédactionnel de la pub politique en question.
"Comme vous serez responsable de la diffusion du contenu vous devez revendiquer le droit de refuser un contenu s'il contient, par exemple, des mensonges, des appels à la discrimination, à la violence, des expressions racistes, xénophobes, plus simplement des choses illégales, etc.
"Pour le reste, tout parti a le droit de présenter un programme sous forme de publicité à condition que son contenu, donc, ne soit pas incompatible avec les valeurs que vous défendez vous-mêmes.
"En outre, il va de soi que le fait de publier, sous forme de pub, des textes d'origine politique - présentés sous une forme publicitaire sans ambiguité- ne doit pas vous empêcher d'être, dans votre travail d'information, aussi critiques que nécessaire avec le "client" concerné. Qu'on vous achète des espaces de pub, c'est possible, mais votre plume doit rester libre et doit le faire savoir à vos lecteurs.... Il y a donc un "modus vivendi" à élaborer..."
C'est exactement ce que nous avons fait: Nous avons accepté la publicité, au nom du pluralisme, en expliquant à notre client que nous allons avoir un droit de regard sur le contenu et également que nous resterons indépendants dans le traitement de l'information.
>La publicité payante introduit-elle un biais au niveau des élections?
Oui, l'argent peut introduire une inégalité. C'est pour cela que l'Etat a plafonné les dépenses de campagne. Mais ce biais n'est pas propre à la publicité, il peut être provoqué par toute dépense de campagne.
>Comment nous couvrons les élections.
Des élections disputées, des événements qui se multiplient et qui se chevauchent, mais aussi des interlocuteurs, au niveau des partis politiques, très respectueux de l'indépendance de notre rédaction. Nous citons à cet égard et à titre d'exemple le PAM, le PJD, l'Istiqlal, le RNI, le PPS, et des listes de gauche.
Nous nous engageons à servir le lecteur et l'électeur dans ce que la presse a de plus noble, dans l'essence même de son rôle citoyen, indispensable, irremplaçable: lui donner les informations et les commentaires capables de lui permettre d'effectuer un choix éclairé.
Nous nous efforcerons, par la méthode, d'être aussi près que possible de l'objectivité. Nous nous efforcerons d'être neutres, dans une rédaction qui comporte plusieurs sensibilités différentes. Et en tous les cas, nous serons rigoureux dans l'information, aussi exhaustifs que possibles, pluralistes et à chaque fois que possible, nous essaierons de produire du sens, pour aider nos lecteurs à y voir plus clair.
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