Décharge contrôlée de Tanger, Hakima El Haité et le “mensonge de fin d’année“
Sur Médi 1 TV le 24 décembre dernier, la ministre déléguée à l’Environnement a parlé d’une «décharge-modèle» en activité à Tanger. La presse locale parle de «mensonge de fin d’année». Médias 24 est parti à la recherche de la «décharge-modèle».
Invitée sur le plateau de Médi 1 TV le 24 décembre dernier, la ministre déléguée à l’Environnement (Mouvement populaire) Hakima El Haité a parlé de son bilan en citant l’existence de nombreuses décharges contrôlées à “Tanger, Marrakech, Khénifra“ et d’autres villes du Maroc (à partir de la minute 1h14) . La ministre a cité Ouarzazate, Ifrane, Laâyoune et Dakhla également.
Médias 24 a pu apprendre de bonnes sources que la décharge contrôlée de Fès –CEV ou Centre d’enfouissement et de valorisation- fonctionne et fournit même de l’électricité. C’est également le cas à Oujda.
Il n’existe pas de décharge contrôlée à Tanger
Très critiquée pour avoir dit «travailler 22 heures par jour» lors de cette émission, la ministre qui co-pilote les préparatifs pour la COP 22 prévue à Marrakech en novembre prochain a également énoncé une grosse contre-vérité sur un aspect clé de son travail. En effet, il n’existe pas de décharge contrôlée à Tanger. Du moins, le projet lancé en 2013 devait être prêt pour 2016, mais il ne pourra pas l’être.
Mme El Haite, qui est passée par Tanger au moins par deux fois au cours de cette dernière année, une fois pour la cérémonie de la charte communale de l’environnement et une autre fois pendant la visite du président Hollande, à Tanger n’a pas pu vérifier de ses propres yeux l’état d’avancement des travaux de la future décharge de Tanger.
Médias 24 s’est rendu sur le site de la future décharge contrôlée au sud de Tanger près de la commune de Hjar Nhal, pour constater que les premiers travaux de terrassement ont à peine commencé. Mais vraiment à peine. On aperçoit deux énormes Caterpillar, un terrain que l’on aplatit et de la poussière.
Prévue sur 150 hectares, la future décharge contrôlée de Tanger s’étendra sur 50 hectares dans un premier temps. Le solde foncier constituera une réserve. Acquisition du foncier et mise en place du système de tri coûteront un peu moins de 200 MDH. Selon les études menées, la ville de Tanger doit traiter 400.000 tonnes de déchets par an à l’horizon 2030, dans 15 ans.
L’actuelle décharge de Tanger, située sur un terrain de 30 ha à l’entrée de la ville par Tétouan, brûle ses déchets jour et nuit et empeste Moghogha, Al Majd et une partie des quartiers du Charf, de Bella Vista et de Béni Makada, selon les jours et la direction des vents. La décharge abrite des bidonvilles habités par plusieurs dizaines de familles et d’enfants depuis plusieurs années.
Chaque jour, des dizaines de milliers de Tangérois sont affectés par les fumées polluées et les odeurs de la décharge communale.
Lors de son apparition sur le plateau de Médi 1 TV, Mme El Haite a évoqué des décharges contrôlées dans d’autres villes, dont Marrakech et Khénifra. Nous avons essayé de savoir quand ces décharges seront inaugurées. Nous n’avons pas encore pu le savoir.
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