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PORTRAITS

Nadia Ben Bahtane, parcours en eau libre

Avec un parcours professionnel prestigieux, Nadia Ben Bahtane est surtout connue dans les milieux du marketing et des nouvelles technologies comme Microsoft. Mais c’est aussi une sportive de haut niveau qui vient de réaliser, à sa manière, un petit exploit.  

Nadia Ben Bahtane, parcours en eau libre
Reda Zaireg
Le 12 septembre 2014 à 17h22 | Modifié 12 septembre 2014 à 17h22

Sur le bureau de Nadia Ben Bahtane, trois numéros du magazine En-contact, spécialisé dans les relations clients. Un cadre sobre, très pro, qui ne laisse rien transparaitre de sa vie sportive.

Mais nul besoin de questionner, avec insistance, pour briser le mur séparant la vie de bureau de celle d'après. Il suffit de l'interroger sur la natation, sa carrière professionnelle, ou sa vie pour qu'elle en parle allègrement, enchaînant convictions personnelles, expérience vécues et anecdotes significatives.

Au commencent, tous les sports

Si, actuellement, elle se consacre pleinement à la natation en eau libre, impossible pour elle de se remémorer le sport "par lequel tout arriva".

"Je ne m'en souviens plus, mais c'est grâce à mon père, lui même étant très sportif. Il nous a encouragés à toucher à tout. J'ai fait du tennis, du karaté, du volley". Paradoxalement, elle n'a commencé à nager que très tard.

"Mais très rapidement, je me suis rendue compte que j'aimais la natation. Plus je nageais, plus ça me plaisait."

De cet apprentissage tardif, elle gardera "la frustration de ne pas avoir pu rejoindre une équipe de natation, vu que c'est un sport qu'il faut commencer tôt". Elle y remédiera, bien des années plus tard, en commençant la nage en eau libre, qui exige plus d'endurance et d'expérience que de performance.

D'ici là, sa pratique sportive connaîtra des ruptures. La première, à l'Iscae, où elle a fait ses études. "Un jour je suis sortie courir, mais j'ai vite déchanté à cause de l’insécurité".
Après avoir obtenu un diplôme en marketing à l'Iscae, en 2000, elle postule à Microsoft Afrique du Nord. Elle y restera sept ans, grimpant peu à peu les échelons jusqu'à devenir marketing manager.

En parallèle, elle sera nommée porte-parole de la région Afrique du Nord du Business software alliance (BSA), qui est une association regroupant les principaux éditeurs de logiciels. Sa mission au BSA: lutter contre le piratage. Elle gardera de cette période le souvenir des "rencontres formidables, des campagnes de sensibilisation, des conférences".

Après Microsoft, nouvelle étape

En 2007, elle quitte Microsoft pour rejoindre Western Union, en tant que manager marketing de la région Afrique du Nord.

"Quand on travaille dans une boîte comme Microsoft, ça va très vite. La culture d'entreprise y est très forte. On a la chance de voyager, on est au cœur de la technologie. On est tout le temps derrière la performance. On n'a pas trop le temps de se rendre compte de ce qui se passe".

Western Union était, également "une expérience très enrichissante. Il fallait trouver les modes de collaboration convenables dans les différents pays d'Afrique du nord. Je l'ai quittée au moment où j'avais l'opportunité de prendre de plus grandes responsabilités", en mai 2009. Car "qui dit plus grandes responsabilités régionales, dit plus de déplacements. J'avais besoin de prendre un break pour me stabiliser un peu plus, passer plus de temps avec ma famille, car j'ai eu ma deuxième fille. J'en ai aussi profité pour reprendre le sport".

La reprise a-t-elle été facile ? "Pas du tout. Surtout quand on a plusieurs kilos de plus", ironise-t-elle. "Quand je voyais le coach, j'essayais de me justifier en lui disant: ne me regardez pas comme ça, hein, à la base je fais du sport et tout, je vous assure. Il m'a répondu: rassurez-vous, le corps a une mémoire, il faut juste lui laisser le temps de la retrouver".

A la découverte de l'eau libre

En 2010, elle rejoint l'entreprise Logica, et commence à s'intéresser à la course à pied. Après deux semi-marathons, elle décide de passer à la vitesse supérieure, et dispute un marathon.

"C'était fabuleux. La course est un aboutissement. Il y avait un concentré d’énergie positive, et tout le monde était là pour un objectif sain. Ça pousse à relativiser les peines que l'on vit tous les jours".

Après son premier marathon, elle rejoint le groupe Intelcia en tant que directrice Marketing et Communication et décide de reprendre sa passion: la nage. Et c'est là qu'elle découvre la nage en eau libre.

"C'est une communauté très restreinte de nageurs: les plus grandes courses en eau libre regroupent quelques centaines de personnes. Au Maroc, il n'y a pas de compétition en eau libre, malheureusement, alors qu'il y a un potentiel pour ça".

Les spécificités de cette discipline ? "Les aléas auxquels on est soumis et le manque de repères. On peu rencontrer des serpents, des méduses".

La première compétition en eau libre qu'elle devait disputer devait avoir lieu en Espagne, en septembre 2012.

"Je me suis préparée pendant deux mois et demi. Quelques jours avant, on m'apprend que la course a été annulée à cause des conditions météorologiques. L'organisateur m'a dit qu'ils allaient donc faire une course en groupe restreint, dans une autre ville. J'ai pris l'avion, et juste avant que je n’éteigne mon téléphone, j'ai reçu un message disant: "désolé, mais même là bas, conditions météo catastrophiques". J'avais les larmes aux yeux".

Elle attendra un an. En septembre 2013, la compétition a lieu. "Cette fois, les conditions climatiques étaient favorables. On a fait une course de 6 km. J'ai découvert pour la première fois les méduses, que je n'ai jamais vues auparavant. Je découvre alors ce que c'est de nager en pleine mer. Quand on passe de la piscine à l'eau libre, on perd ses repères. C'est difficile de s'orienter. Ce qui est bien à propos de ce sport, c'est qu'il n'y a pas d'âge pour le pratiquer: on retrouve des nageurs de plus de 50 ans. Il faut de l'endurance. Il savoir gérer les courants et les vagues. Ce sont des techniques qui s'acquièrent avec l'expérience. Et il faut du mental".

Après cette première épreuve en eau libre, elle a été nominée femme de l'année 2013 par la World Open Water Swimming Association. En 2014, elle a participé à une autre course, de 14km cette fois, dans le lac d'Orta en Italie. Prochaine étape… probablement une autre course.

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Tags : coronavirus
Reda Zaireg
Le 12 septembre 2014 à 17h22

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