La pénurie de sang au Maroc loin d’être résorbée
L’appel urgent lancé par le Centre national de transfusion sanguine il y a 4 jours suscite des questions. Pourquoi maintenant ? S’agit-il d’une chute considérable du don ou de l’augmentation de la demande ? Comment y faire face ? Existe-t-il des solutions alternatives ?
« Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes » peut-on lire (verset en arabe) sur la page d’accueil du site web du Centre national de transfusion sanguine (CNTH), en dessous de l’appel, et juste au-dessus de la mention « urgent » en rouge et soulignée. L’appel du CNTH résulte de la disponibilité d’un stock de concentrés de globules rouges qui répond à peine aux besoins d’une semaine.
Selon cet appel publié le 18 août, ce sont les centres régionaux de Rabat, Fès, Marrakech, Casablanca et Agadir qui ont les besoins les plus urgents.
Le centre, présidé par Mohamed Benajiba, espère recevoir des foules de citoyens dans cette période critique. La demande est en forte hausse, et en parallèle, les citoyens marocains semblent de plus en plus attachés à leur sang, surtout pendant cette période de l’année, comme nous l’a affirmé Amina El Fadl, coordinatrice des collectes de sang au Centre régional de transfusion sanguine à Casablanca, attristée par ce constat.
« Les demandes de sang augmentent et les donateurs se montrent de plus en plus rares dans cette période. On est dépassé, on n'arrive plus à satisfaire les demandes ». Tous les groupes sanguins sont concernés, surtout ceux qui sont rares : le O+, A-, AB-, B-. Pis encore, même le groupe O rhésus négatif (O-), donneur universel, souffre d’un manque conséquent. Ce manque de sang s’observe toujours dans quelques périodes de l’année qualifiées de « critiques » par Amina El Fadl : Ramadan, l’été et les vacances de l’Aid. Cependant, le centre ne s’attendait pas à un aussi grand déficit, dû essentiellement à l’augmentation du nombre des demandes.
Quatre jours après le lancement de l’appel au don de sang, la situation s’est améliorée, mais pas assez, selon Amina El Fadl : « On a senti une petite amélioration. Les gens viennent et nous disent qu’ils sont là suite à l’appel qu’on a lancé, mais malheureusement, ce n’est toujours pas suffisant. Par exemple à Casablanca, on a besoin de 200 poches par jour. On est très loin de ce chiffre ». Les plus grosses demandes émanent des centres d’oncologie et des maternités. Pour Mme El Fadl, la période des vacances est toujours compliquée ; les gens ont d’autres préoccupations que de donner leur sang.
Des solutions alternatives ? Il n’y en a pas, toujours selon Amina El Fadl. L’importation du sang est pratiquement impossible : « Le sang est très sensible et son importation se trouve donc très complexe.»
Pour Mme El Fadl, la seule véritable solution reste celle de la sensibilisation de la population. Il faut donc entamer un débat national : « C’est un devoir à la fois, humain national et religieux. Un donneur de sang est un sauveur de vie » conclut-elle.
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