La réforme de la retraite sera discutée dans le cadre du dialogue social
La réforme de la retraite sera finalement discutée dans le cadre du dialogue social. C’est ce que les syndicats ont obtenu mardi 2 décembre. Le dialogue social va être convoqué probablement pour la semaine prochaine.
Les syndicats ont réussi à placer la réforme des retraites dans le cadre du dialogue social. C’était leur demande depuis pas plusieurs mois. En d’autres termes, ils ne veulent pas céder sur les retraites sans obtenir quelque chose en échange pour leurs troupes.
La très attendue réunion de la Commission nationale des retraites s’est finalement tenue mardi 2 décembre. Chaque partie a exposé son point de vue. Puis il a été décidé de reprendre les discussions dans le cadre du dialogue social.
La réunion de la Commission nationale s’est tenue sous la présidence du Chef de gouvernement, Abdelilah Benkirane, et en présence de plusieurs ministres, acteurs économiques et centrales syndicales.
M. Benkirane a rappelé les études actuarielles ainsi que le rapport de la Cour des Comptes, qui ont souligné que la révision de ce régime est d'une urgence impérieuse et suscite des préoccupations, ce qui nécessite de prendre des mesures urgentes, rigoureuses et audacieuses, l'objectif étant de sauver la situation financière et d'assurer la continuité des prestations.
Partant du souci du gouvernement qui veille à élargir la concertation, et conformément aux dispositions de l'article 152 de la Constitution, deux projets de loi relatifs aux régimes des pensions civiles, ont été soumis au Conseil économique, social et environnemental (CESE) qui a exprimé son avis à leur sujet.
Dans ce sens, a-t-il ajouté, le Conseil a émis 15 recommandations reparties sur des recommandations portant sur le cadre général de la réforme, sur les mesures urgentes relatives au régime des pensions civiles, sur les mesures parallèles relatives aux autres régimes de retraite, ainsi que des recommandations concernant les mesures d'accompagnement.
Concernant les mesures d'urgence spécifiques au régime des pensions civiles, M. Benkirane a fait savoir que malgré l'adoption par le CESE des mêmes mesures proposées dans le cadre des deux projets de lois qui lui ont été soumis, à savoir l'augmentation de l'âge de la retraite, l'augmentation des cotisations et la révision de la procédure de calcul des pensions, les recommandations présentées par le Conseil dans ce cadre pourraient retarder de 5 ans et demi le déficit de ce système, tandis que les propositions du gouvernement tablent sur une durée de 8 à 9 ans.
Il a jugé insuffisante la période recommandée dans le rapport du Conseil pour la mise en place de deux pôles, public et privé, dans un cadre consensuel avec les acteurs économiques et sociaux, ainsi que pour la réalisation de la réforme globale escomptée.
Le Chef du gouvernement a également relevé l'impératif de créer un mécanisme susceptible d'élaborer le cadre général du système de retraite selon une feuille de route constituant une base pour un accord tripartite en vue de transiter du système actuel vers le nouveau système, dans le cadre d'une approche bipolaire public-privé.
Ce que demandent les syndicats
Amal El Amri, secrétaire nationale de l'UMT, a déclaré à Médias24 que les syndicats sont venus à la réunion "en tant que groupe de négociation". Ils ont réitéré leur refus du traitement parcellaire de leurs revendications, et ont demandé à ce que l'ensemble du cahier revendicatif soit discuté. Abdelilah Benkirane a répondu par la positive à leur demande, et a décidé de relancer le dialogue social la semaine prochaine.
Dans ce sens, le Secrétaire général de l'Union marocaine du travail (UMT), Miloudi Moukharik a insisté, dans une déclaration accordée à la MAP avant la rencontre, sur le caractère indissociable du dossier revendicatif élaboré par l'UMT, lequel ne peut faire l'objet de "sélectivité ou de traitement partiel" et comprend, notamment, l'adoption d'une approche participative en ce qui concerne la réforme des retraite, l'augmentation des pensions, l'amélioration des revenus, des salaires et des indemnités et la mise en œuvre des termes de l'accord du 26 avril 2011, la protection des libertés syndicales, l'amélioration de la protection sociale et l'ouverture de négociations sectorielles, notant que la question des retraites n'est qu'un des points figurant au dossier revendicatif de la centrale syndicale.
Pour sa part, le Secrétaire général de l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), Mohamed Yatim, proche du PJD, a fait savoir que les propositions formulées par le gouvernement en vue de la réforme du régime des pensions civiles sont, certes, "sévères", mais non "sacrées" et peuvent faire l'objet de révision, estimant que l'avis du CESE a été "positif" et peut constituer une plate-forme pour parvenir à une formule consensuelle sur le régime des pensions civiles.
Ont pris part à cette réunion, le ministre de l'Economie et des finances, le ministre de l'Emploi et des affaires sociales, le ministre délégué chargé de la Fonction publique et de la modernisation de l'administration et des représentants de quatre centrales syndicales, à savoir l'UMT, la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT) et l'Union nationale du travail au Maroc (UNTM), les représentants de la Caisse marocaine des retraites (CMR), la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la Caisse interprofessionnelle marocaine de retraites (CIMR) et du pôle Prévoyance à la Caisse de Dépôt et de gestion (CDG)-Régime collectif d'allocation de retraite (RCAR), ainsi que de la CGEM.
L'UGTM, dirigée par Mohamed Kafi Cherrat, a pour sa part décidé de boycotter cette rencontre, afin de protester contre le traitement parcellaire du dossier revendicatif des syndicats. En revanche, la centrale participera au dialogue social la semaine prochaine.
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