Les vidéos filmant des actes de corruption se multiplient
C’est la deuxième fois en moins d’une semaine que des agents sont filmés en train de recevoir des pots-de-vin.
Cinq jours après la diffusion d’une vidéo montrant deux policiers racketter un motard espagnol à Tan Tan, voilà qu’une nouvelle séquence filmée secrètement montre un policier en flagrant délit de corruption à Casablanca.
Nous sommes en plein centre de Casablanca, en face des Twins Centers. Un automobiliste qui a vraisemblablement commis une infraction donne un billet de 200 DH à un policier gradé. L’agent prend le pot-de-vin et rend la monnaie, ce qui donne à la scène un côté cocasse. «Fais-moi plaisir(…), c’est comme si tu m’avais invité à déjeuner =», dit le policier, avant d’ajouter cette phrase surréaliste: «Si je ne t’avais pas considéré comme un fils, j’aurais refusé».
Les vidéos compromettantes se multiplient
Cette vidéo mise en ligne le 14 janvier n’est pas la première du genre. Loin de là, les vidéos compromettantes et catastrophiques pour l’image du Maroc se multiplient sur le web. Cette multiplication s’explique par la démocratisation des Smartphones, voire des caméras-espion intégrés dans des stylos, lunettes, montres, etc.
La vidéo ci-dessous diffusée il y a une semaine montre deux policiers en train de racketter un motard espagnol dans la région de Tan Tan.
Cette autre vidéo mise en ligne en août montre des gendarmes arrêter à plusieurs reprises des véhicules pour des présumées infractions. Ces derniers semblent percevoir de l’argent avant de laisser repartir les chauffeurs.
Début janvier, cette séquence tournée dans la région d’Imintanout montre un policier racketter plusieurs conducteurs.
Les agents corrompus peuvent faire l'objet de poursuites pénales
On se souvient tous du fameux «Sniper de Targuist», un habitant du petit village du même nom qui filmait et diffusait des vidéos de fonctionnaires pris en flagrant délit de corruption durant près de six ans. A ses débuts en 2007, il agissait anonymement de peur des représailles. Les autorités locales l’avaient interrogé avant de s’en prendre à ses proches.
Depuis, la donne a changé, et la justice n’hésite plus à suspendre de leurs fonctions les agents filmés en flagrant délit de corruption. Et pour cause, sur le plan juridique, la vidéo est un moyen parfaitement recevable aussi bien au niveau de l'enquête préliminaire, menée par le parquet, l'instruction menée par le juge qu'au niveau de la Cour, comme l’explique Maître Omar Bendjelloun au HuffPost Maroc.
Selon la même source, les agents filmés en flagrant délit de corruption peuvent être soumis à des procédures disciplinaires internes, voire faire l'objet de poursuites pénales enclenchées par le parquet. Les trois chefs d'inculpation possibles sont le trafic d'influence, la corruption et le chantage, qui sont des délits correctionnels.
Ainsi, en septembre 2012, deux éléments de la Gendarmerie royale en poste dans la région de Guelmim, ont été écroués après avoir été filmés en flagrant délit de corruption.
Le 9 janvier 2014, dix gendarmes marocains qui avaient été filmés en train de recevoir des pots-de-vin ont été arrêtés pour corruption sur ordre du parquet de Kénitra. Trois jours plus tard, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a décidé de suspendre de leurs fonctions les deux policiers qui ont racketté un motard espagnol à Tan Tan.
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