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Automobilistes : voilà ce que vous risquez si vous donnez un billet à un agent

Depuis une semaine, la police communique assidûment sur les automobilistes qui tentent de donner des pots-de-vin à des policiers. 

Automobilistes : voilà ce que vous risquez si vous donnez un billet à un agent
H.M.
Le 28 janvier 2015 à 16h25 | Modifié 11 avril 2021 à 2h36

Au moment où se multiplient les vidéos montrant des policiers en flagrant délit de corruption, la police marocaine réagit en poursuivant les…automobilistes corrupteurs et en médiatisant ces poursuites.

Il y a une semaine, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) annonçait dans un communiqué avoir traduit en justice 2 automobilistes à Marrakech et 3 à Casablanca pour tentative de corruption d’agents de la police.

Ce mercredi 287 janvier, la police de Casablanca annonce de nouveau avoir arrêté pour les mêmes motifs 9 automobilistes dans la période allant du 23 au 27 janvier.

Que risquent-ils, si les faits sont prouvés? «Le code pénal marocain est catégorique: la tentative de corruption est autant punissable que l’acte de corruption», nous explique d’emblée un juriste marocain. Pour ce faire, «le code pénal marocain consacre une dizaine d’articles à la répression de la corruption (de 248 à 256-1, NDLR) dans une section nommée corruption et trafic d'influence», poursuit notre source.

La loi prévoit des peines spécifiques envers les commanditaires et les bénéficiaires: de 2 à 5 ans d’emprisonnement et une amende de 2.000 à 50.000 DH. Quand la somme est supérieure à 100.000 dirhams, le coupable risque de 5 ans à 10 ans de réclusion et 5.000 à 100.000 dirhams d’amende. C’est dire si le code pénal marocain sanctionne sévèrement la corruption, fléau qui gangrène le pays et qui le place à la 80e position dans l’indice de perception de la corruption Transparency International.

Outre les automobilistes, les policiers corrompus sont eux aussi dans l’œil du cyclone. En effet, les agents filmés en flagrant délit de corruption peuvent être soumis à des procédures disciplinaires internes, voire faire l'objet de poursuites pénales enclenchées par le parquet.

Les trois chefs d'inculpation possibles sont le trafic d'influence, la corruption et le chantage, qui sont des délits correctionnels. Tout récemment, les deux policiers devenus tristement célèbres depuis la diffusion d’une vidéo les montrant en train de racketter un motard espagnol à Tan Tan ont été condamnés à un mois de prison par le tribunal de première instance de la ville et devront verser une amende de 2.000 dirhams.

Dans une note interne, la DGSN n’a pas hésité à rappeler à ses agents les risques qu’ils encouraient en cas de corruption, en précisant que «chaque fonctionnaire de la sûreté nationale pris en flagrant délit ou arrêté pour corruption sera révoqué et présenté à la justice». A contrario, les agents irréprochables peuvent être récompensés, à l’instar de ces 2 policiers de Casablanca qui viennent d’obtenir une promotion pour avoir refusé un pot-de-vin de 100.000 DH offert par un trafiquant de drogue, rapporte leseco.ma.

On notera néanmoins que la relation entre l’agent de police et l’automobiliste demeure asymétrique, dans la mesure où l’agent n’a pas besoin d’apporter de preuve pour accuser un automobiliste,  alors que ce dernier ne peut accuser un policer sans apporter de preuve. 

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H.M.
Le 28 janvier 2015 à 16h25

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