La nouvelle affaire des “adorateurs de Satan”
Il s'appelle Amine Khairi, il a 26 ans, et il a décidé d'épouser une jeune Allemande à Agadir, sa ville natale. Un mariage qui au sens de la loi marocaine exige quelques formalités administratives particulières, mais rien de bien contraignant... en principe.
"Je me suis présenté, mi-avril 2015, à la préfecture de police d'Agadir, pour les besoins d'une enquête d'usage lorsqu'il s'agit d'un mariage entre un(e) Marocain(e) et une personne de nationalité étrangère", nous explique Amine Khairi, contacté par Médias 24.
"Ce qui devait en principe durer 24 à 48 heures a pris deux semaines dans mon cas" ajoute le concerné.
Et pour cause, dans le détail, Amine nous raconte le récit ubuesque de son passage à la préfecture de police: "le deuxième jour après le dépôt de ma demande, je me suis rendu à l'administration pour récupérer le document. Sur place, on m'a informé que le dossier traîne, et qu'il fallait que je patiente jusqu'à l'arrivée d'un autre agent en charge de l'enquête administrative. Arrivé quelques heures plus tard, l'agent a commencé à me poser des questions sur mes convictions, sur mon passé... des questions gênantes qui relèvent de la vie privée", nous apprend Amine Khairi, et de poursuivre: "après cet entretien, un autre individu est arrivé, et m'a entraîné dans une autre salle d'une manière irrespectueuse. A ce moment là, cette personne m'a pris en photo à plusieurs reprises."
"Quinze jours plus tard, on m'apprend que ma demande a été refusée, motivée par mon "appartenance supposée à la mouvance des adorateurs de Satan"" s'étonne Amine, déterminé à avoir gain de cause.
En effet, le lendemain, il réitère sa demande auprès de l'administration.
Cette fois-ci, la décision n'a pas tardé, et reste semblable à la première. En voici un extrait : "Les enquêtes réalisées ont permis d'attester que le demandeur marocain est adepte de ce qu'on connaît sous l'appellation des "adorateurs de Satan" et qu'il vendait des vêtements et des accessoires qui ont relation avec la même orientation, et qu'il a abandonné son commerce depuis l'année 2008. L'apparence de personne étrangère montre qu'elle fait partie de la même mouvance. La partie marocaine a déclaré être de confession musulmane, alors que la partie étrangère a déclaré être de confession chrétienne."
Victime d'un délit de faciès, le jeune Amine, musicien et grand amateur de musique métal, cultive un look de rockeur.
Une raison suffisante pour les autorités de la ville d'Agadir pour mettre au ban le jeune Marocain, dont le casier judiciaire est vierge, coupable d'avoir des goûts vestimentaires et musicaux qui ne plaisent pas aux autorités.
Sommes-nous en train d'assister à une triste réplique du procès des adorateurs de Satan, la fameuse affaire qui a secoué l'opinion nationale et internationale en 2003?
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