Avortements: Des propositions “cruelles, machistes et anachroniques”, accuse Bayt Al Hikma
L’Association Bayt Al Hikma dirigée par Khadija Rouissi a publié un communiqué qui rejette les conclusions des commissions chargées d’élaborer sur l’IVG.
Voici le texte intégral de ce communiqué:
Bayt Al Hikma est très préoccupée par les conclusions des commissions chargées d’élaborer des propositions sur l’interruption volontaire de grossesse.
Notre association a participé activement au débat ouvert sur les sujet par:
• L’organisation d’une table-ronde sur la question.
• La participation à la réunion tenue au CNDH.
• La rédaction d’un mémorandum remis au Président du CNDH.
et considère que ses propositions, qui rejoignent celles d’un très grand nombre d’acteurs associatifs et politiques, n’ont pas été prises en compte.
Bayt Al Hikma considère que légaliser l’interruption volontaire de grossesse seulement dans le cas de grossesses qui résultent d’un viol ou de l’inceste, dans le cas où la santé physique de la mère serait en danger ou encore dans le cas de graves malformations fœtales reste insuffisant.
Les propositions faites n’apportent aucune solution, ni alternative au nombre exorbitant d’avortements pratiqués quotidiennement (800 selon les ONG) et dangereux pour la vie et la santé des femmes qui ont parfois recours à des techniques extrêmement dangereuses qui peuvent causer leur mort.
Nous considérons le fait d’ignorer une grande partie de femmes qui ont recours à l’avortement clandestin faute de moyens, et qui gardent des séquelles à vie sans leur offrir une protection juridique et préserver leur santé, relève d’une extrême cruauté.
Le fait aussi que la femme ne puisse pas disposer de son corps en ayant recours à l’IVG (interruption volontaire de grossesse) et empêcher cette dernière de choisir le fait de garder son enfant ou pas dans la limite de 120 jours et lui imposer un poids social qui ne sera bénéfique ni pour elle ni pour la société dans laquelle elle vit, rend ces propositions machistes car on ne peut continuer de traiter les femmes au Maroc comme des mineures au nom d’une idéologie obscurantiste et continuer de leur faire payer le prix d’une société immature alors que leur seul «crime» est qu’elles sont nées avec des ovaires.
Bien que la Constitution de 2011 exige clairement le respect de nos engagements internationaux en matière de droits de l’Homme, la définition de la santé par l’OMS (physique, psychique et sociale) n’a pas été prise en compte.
Les 800 femmes qui se faisaient avorter dans la clandestinité continueront à le faire, en s’exposant au danger de mort, et celles qui ne pourront pas avorter seront exposées à une condamnation à mort sociale, seront victimes de traites de personnes et leurs enfants à l’abandon et là a stigmatisation.
L’Etat n’est-il pas sensé protéger leur santé physique, psychique et sociale en leur offrant des structures de santé adaptées où elles pourraient avorter en toute sécurité et un cadre juridique adéquat?
Le combat doit continuer pour que la loi soit en conformité avec les exigences de la réalité et le respect de la dignité humaine.
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