Les Casablancais produisent 3.000 tonnes de déchets par jour
Un peu plus d’une année après le démarrage du contrat de gestion déléguée de la propreté à Casablanca, la ville blanche dresse son bilan: 3.000 tonnes de déchets par jour finissent dans 20.800 conteneurs collectés.
Chaque jour, 20.800 conteneurs sont collectés, 26.200 kilomètres parcourus pour la collecte, 237 circuits, 4.700 agents sur le terrain, 570 kilomètres balayés, 160 appels: voici les chiffres clés de la propreté de Casablanca. Des chiffres impressionnants, mais pas étonnants, sachant que 3,8 millions d'habitants occupent la capitale économique du Royaume.
2.600 tonnes de déchets ménagers
Parmi les 3.000 tonnes de déchets, 2.600 tonnes sont des déchets ménagers et 400 tonnes de déchets industriels banals. Les engins et véhicules mobilisés dans cette tâche sont au nombre de 187 et sont équipés de système GPS permettant le suivi en temps réel des camions de collecte ainsi que l’enregistrement des circuits réalisés.
Pour ce qui est des conteneurs, un entretien régulier et un lavage une à deux fois par mois sont effectués, alors que les bacs sont nettoyés aux alentours à chaque collecte.
Au niveau des balayage, lavage et brossage mécaniques des voies, 53 balayeuses mécaniques, aspiratrices, brosseuses, laveuses de voierie, sont employés pour balayer 570 kilomètres du sol casablancais par jour. En outre, la ville recense 4.700 agents déployés sur le terrain pour le balayage manuel, désherbage et dessablage.
Un numéro vert et une application mobile
Les gestionnaires de la propreté de Casablanca ont parfaitement compris l’importance d’un plan de communication. Le numéro vert (0800 00 45 45) mis en place en début de l’année 2015 pour recevoir les réclamations ou pour une demande d’information en est la preuve. Les habitants réclamants reçoivent des SMS pour la confirmation de l’enregistrement de la réclamation et pour les informer de la clôture après intervention.
Depuis son lancement en janvier 2015 jusqu’au mois de mai, 3.819 appels ont été enregistrés. Les réclamations représentent 82% de ces derniers. Le reste des appels (18%), concerne des demandes d’information.
Outre le numéro, Casablanca s’est mise en mode digital. La ville a mis à la disposition des citoyens une application mobile, disponible en arabe et en français, dédiée à la gestion de la propreté de la ville.
Portant le nom de «Casa Mdinti Propreté», l’application est une première au Maroc. Elle permet de déposer des réclamations, avec géolocalisation automatique de l’incident, envoi de photo ou vidéo, de visualiser les informations relatives au circuit de la collecte, ainsi que d’informer des dernières actualités, actions et opérations réalisés. L’appli est téléchargeable depuis les plateformes Apple Store et Google Play.
Ce bilan a été exposé ce lundi 15 juin par Houda Chichaoui, chef de la division de la gestion des déchets solides de Casablanca, accompagnée des dirigeants des deux délégataires, Firas Arakji d’Averda-Maroc, et François Pyrek, directeur général de Suez Environnement-Maroc.
Les garants de la propreté de Casablanca semblent satisfaits de ce bilan. «Nous avons enregistré des réalisations tangibles sur tout le territoire de la ville avec un coût plus faible par rapport aux autres grandes villes du Royaume», a déclaré Mme Chichaoui.
En effet, la gestion des déchets coûte 126 DH/habitant à Casablanca pour investissement de 480 MDH, contre 400 DH/habitat pour Rabat et 200 DH/habitant pour Marrakech. Ce rapport est calculé en divisant le montant d’investissement sur le nombre d’habitants de la ville.
Le directeur général de Suez Environnement-Maroc, François Pyrek, a également manifesté sa satisfaction pour cette première année. «Nous sommes satisfaits de notre travail, mais nous cherchons toujours l’amélioration. Nous sommes en train d’adapter la mise en place selon les quartiers pour améliorer le point d’aménagement. Nous voulons aussi créer une prise de conscience et faire changer les mentalités. Nous avons besoin de cette collaboration. »
Un gros challenge attend les délégataires. Comme dit le proverbe chinois, il est plus facile de déplacer un fleuve que de changer son caractère.
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