Les écoles privées low cost: pourquoi pas au Maroc
Elles existent au Ghana, au Kenya, en Ouganda, en Afrique du sud, en Inde,…. Appelée «Bridges international», cette nouvelle méthode d'apprentissage sera-t-elle élargie au Maroc ?!
The Economist consacre, cette semaine, un large dossier au thème de l’éducation en Afrique mais aussi dans le monde. Constat de l’hebdomadaire britannique : là où les pouvoirs publics sont absents, le privé tente de remplir le vide. Défi : il faudrait que cela ne sa fasse pas dans l’anarchie et l’irresponsabilité.
Sans surprise le Maroc revient régulièrement dans ce dossier comme souvent dans les études sur l’éducation. The Economist note que «seuls 8% des enfants marocains ne terminent pas les quatre premières années du primaire, moins de 40% d’entre eux sachant correctement lire» au terme de leurs études primaires.
En substance, le Maroc fait ce qu’il faut pour éviter l’abandon scolaire mais il ne fait pas grand-chose pour que l’école serve à quelque chose de plus qu’une «garderie».
Maroc, Ouganda, Kenya
Constat aggravant : les performances du Maroc sont inférieures à celle d’un pays tel l’Ouganda. Du côté de Kampala, beaucoup moins d’enfants vont à l’école primaire pendant quatre ans, 58%, mais 80% de ceux qui y vont savent lire avant de passer au collège.
Au Kenya, 23% des gamins ne font pas leurs quatre années du primaire, mais parmi ceux qui les font 85% savent lire avant de passer au collège.
The Economist traite de l’Afrique et compare avec le Pakistan où l’on retrouve les mêmes maux et bien sûr les Pays-Bas, les Etats-Unis et l’Allemagne ou le Chili. Si on oublie les trois premiers parce qu’ils ont pris un peu trop d’avance, le cas du Chili est intéressant.
Outre le fait que ce pays semble avoir équilibré son système éducatif, il réalise des performances économiques et sociales très honorables. Le Chili n’a pas négligé son système d’enseignement public tout en subventionnant les frais de scolarité des enfants méritants.
Si une famille n’a pas assez d’argent pour payer une université d’élite à son rejeton, on remplit un dossier et on postule. L’avantage du Chili est qu’il est l’un des pays les moins corrompus d’Amérique latine –rien à voir avec le Mexique, le Brésil ou le Venezuela- et du monde.
Le Chili avec ses 18 millions d’habitants dispose aujourd’hui du plus haut revenu par habitant à parité de pouvoir d’achat en Amérique latine. Et contrairement au Mexique ou au Venezuela il n’a pas de pétrole mais a une haute administration qui fait son travail.
En revenant au pouvoir en 2014, l’une des premières réformes lancées par la présidente Michelle Bachelet a été d’affiner le système de bourse pour les bacheliers méritants qui souhaitaient s’inscrire dans les meilleures écoles du pays. Lorsque l’on sait que l’on paie et que les résultats sont au bout du chemin …
Une administration compétente et propre reste la clé
Le vide que crée le secteur public dans l’éducation et que le privé tente de remplir n’est cependant pas sans risque. Car le plus souvent, note The Economist, «il y a absence de contrôle sur l’aspect pédagogique mais pléthore de contrôles purement bureaucratiques aux niveaux local et central».
The Economist cite des maux de l’éducation publique et de l’éducation privée bien connus des Marocains : des enseignants du privé souvent absents car ils sont parfois en train de donner des cours … dans le privé ; des écoles privées où la triche est tolérée car … les parents ont payé pour que leurs gamins aient un diplôme, des institutions publiques où les syndicats, qui ne veulent rien changer, veulent le moins de contrôles possibles et le moins de nouvelles technologies et de nouvelles méthodes possibles.
De part, le monde, et notamment en Afrique, des expériences se font jour notamment celle de "Bridges international academies".
Nouvelles expériences
Développée par les patrons de Facebook et de Microsoft, la méthode "Bridges international" est en cours d’évaluation. Le savoir et l’alphabétisation constitue les meilleures armes contre le sous-développement et les retards pris par l’Afrique.
Pour son démarrage Bridges consiste à financer la construction d’écoles low-cost, sans fioritures mais avec des tables, un vrai toit, des toilettes propres et une méthode pédagogique low-cost également. Les leçons sont contenues dans un ordinateur mis à la disposition de l’enseignant et transmises sur un écran. La prochaine étape sera de doter un maximum de gamins d’ordinateurs.
Ces écoles existent déjà au Ghana, au Kenya, en Ouganda, en Afrique du sud, en Inde, au Nigéria et aux Philippines. Personne n’a encore pensé à inviter Mark Zukerberg et Bill Gates au Maroc. A l’heure de la mondialisation et des accords de libre-échange, inviter ces deux-là et prendre leur avis ne serait pas du luxe. L’échange de toute bonne pratique est la clé du succès en tout domaine.
Lors de sa présentation de la «vision stratégique 2015-2030» en mai dernier, Omar Azziman avait parlé de «politiques de ruptures et de changements». Il a cité la généralisation de l’enseignement préscolaire obligatoire, rétablir et «rendre l’école interactive», notamment.
Repenser les métiers de l’enseignement et les méthodes pédagogiques figurent également parmi ses projets ainsi que l’intégration des élèves dans la société de la citoyenneté et de la démocratie, dans l’économie et le marché du travail ». Des millions de Marocains attendent impatiemment la mise en place de cette tratégie.
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