Tanger: “Les malfrats braquent et les gens se braquent“
Harcèlements à gogo, incidents à l'arme blanche et aux armes à feu intègrent le paysage dans une ère sur-médiatisée. Commentaire d’un citoyen tangérois au sujet des informations publiées ce matin par Médias 24: “Les malfrats braquent et les gens se braquent“.
Le préfet de police Mouloud Oukhouya s'est rendu sur les lieux du braquage peu après 11H ce matin vêtu de son uniforme de commissaire divisionnaire.
Sous pression depuis plusieurs semaines en raison de la multiplication d'incidents sécuritaires dont beaucoup à l'arme blanche, M. Oukhouya est en poste dans la ville du Détroit depuis à peine 13 mois.
Il était auparavant numéro 2 de la police de Rabat, notamment chargé de la communication et des relations avec la presse.
Son prédécesseur avait été limogé en juin 2014 suite à une détérioration des indicateurs sécuritaires sur la ville.
Le braquage de ce jeudi matin à Tanger (vidéo ci dessus de la fuite de la Logan des malfrats) vient confirmer que les armes à feu continuent de circuler impunément à Tanger.
En 2014, au moins trois incidents avec usages d'armes à feu avaient été enregistrés, dont le braquage du fourgon de transport de fonds de G4S devant l'agence Attijariwafa Bank, un échange sur le boulevard Mohamed V et un autre près du cinéma Roxy à deux pas du lycée français et de la clinique du Croissant-Rouge.
Fin juillet 2015, en prévision de la saison d'été et des arrivées de nombreuses personnalités nationales et internationales sur Tanger et Tétouan dont celles des souverains marocains et saoudiens, ordre avait été donné à la gendarmerie royale de saisir toutes les armes à feu de défense ou de chasse détenues illégalement sur la région, Chaouen et Al Hoceima inclus. On apprenait que la BCIJ avait renforcé ses équipes sur Tanger.
Le ressenti plus fort que la réalité?
La réaction des autorités a été dans un premier temps de parler de "vidéos manipulées", ce qui est possible mais pas suffisant pour expliquer une situation où le ressenti peut prendre le pas sur la réalité.
Puis le maire de Tanger dans une vidéo publié sur sa page Facebook avait «banalisé» les incidents en faisant des comparaisons avec d'autres agglomérations urbaines. Le message était exprimé sans conviction.
Contacté pour s'exprimer sans langue de bois sur les sujets de la sécurité à Tanger et sur l'insécurité ressentie à Tanger, Fouad Elomari avait décliné notre demande. Dans le même temps, la préfecture de Tanger indiquait que plus de 1.000 armes blanches avaient été saisies en mai, juin et juillet à Tanger.
Quelques jours plus tard, la DGSN annonçait 5.000 arrestations en quelques heures au niveau national.
Flingues, drogue et voitures volées: Tanger renoue avec son mythe
Depuis 2014, il ne fait aucun doute que la stratégie sécuritaire en milieu urbain marocain doit être entièrement repensée.
Jeunes filles et jeunes hommes harcelés impunément, nombre incalculable d'armes blanches qui se promènent dans la nature, armes à feu détenues par des élus ou des protecteurs de trafiquants dans le Rif.
Aujourd'hui à Tanger, ce ne sont plus de banals colts, que les trois braqueurs encagoulés, ont utilisé, mais des pistolets-mitrailleurs.
A côté de cela en matière de grand banditisme, "l'export" de haschich ne connaît pas de répit, ainsi que "les importations" de voitures volées en Europe par les ports de Tanger et de Tanger-Med. Beaucoup de ces trafics ne peuvent être conduits sans complicités des deux côtés du détroit de Gibraltar.
Voir également notre diaporama ici.
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