Médecine: suspension du projet de service sanitaire obligatoire
Après que Abdelilah Benkirane se soit débarrassé d’une patate chaude, les ministres de l’Enseignement supérieur et de la Santé reprennent le dialogue avec les étudiants en médecine. A l’issue de la réunion de ce lundi 26 octobre, le gouvernement change de position.
Les étudiants en médecine n’enterreront pas encore la hache de guerre. Après la réunion tenue ce lundi 26 octobre avec le ministre de la Santé, Lahoussine Louardi, et le ministre de l’enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, les deux membres du gouvernement annoncent une trêve.
Une trêve pas totalement confirmée par les coordonnateurs du mouvement des étudiants en médecine.
Commençons par le communiqué conjoint des deux ministères concernés par cette crise: "Les parties s’engagent à poursuivre le dialogue sur la question du service obligatoire de santé… jusqu’à l’aboutissement à un consensus… dit-il. En termes plus clairs, le gouvernement fait marche arrière et surseoit au service sanitaire obligatoire jusqu’à nouvel ordre.
Côté étudiants, effectivement, on nous confirme qu'un accord de principe a été conclu pour suspendre le service civil, en attendant d’arriver à un accord sur une nouvelle configuration. "Mais le plus important est qu’il était question, lors de la réunion avec les ministres, de mettre en place, d’urgence, une commission pour élaborer un nouveau projet concernant le service civil. Le communiqué ne le dit pas clairement", précisent les représentants des étudiants en médecine joints par Médias 24.
Le communiqué des deux ministères ajoute ainsi au trouble, et pas uniquement au sujet du service civil. La publication du communiqué est une menace contre le dialogue, selon les étudiants. Pour eux, ce choix de communication est une action unilatérale qui n’implique pas les partenaires. "Au moment où nous nous attendions à un PV d’accord sur les points débattus, on se retrouve face à un communiqué avec des formulations vagues", déplorent les représentants des étudiants en médecine.
Pour exemple, ils citent l’engagement du gouvernement "à accélérer les formalités concernant les points résolus lors des réunions des étudiants en médecine et les médecins internes et résidents". Pour les étudiants, cette formulation n’est pas satisfaisante car elle ne renvoie pas vers un accord signé par les parties et englobant des annexes qui détaillent les points en question.
Le bras-de-fer se poursuivra-t-il?
Malgré ce communiqué à tournure politicienne, le bras de fer se poursuivra. Selon nos sources, les étudiants tiendront ce lundi soir une réunion pour analyser la démarche du gouvernement et décider de la marche à suivre. La manifestation prévue pour mercredi 28 octobre est maintenue, sauf décision contraire à l’issue de la réunion du lundi soir.
En revanche, la reprise des cours n’est pas pour demain. Depuis le 1er septembre 2015, les étudiants en médecine mènent une grève ouverte et boycottent les cours. Et ils ne risquent pas de reprendre. Selon les représentants des étudiants, "nous sommes déterminés à poursuivre notre combat jusqu’à obtenir satisfaction".
Notons qu’il était prévu à l’issue de la réunion de ce lundi 26 octobre de fixer un rendez-vous d’urgence pour trouver une formulation d’accord entre gouvernement et les représentants des étudiants. Encore une fois, aucun rendez-vous n’a été pris et au moment de la mise en ligne de ces lignes, les étudiants attendaient toujours un signe des deux ministères en charge de ce dossier.
Rappelons qu’après près de 50 jours de boycott des cours par les étudiants en médecine et l’échec de moult réunions avec les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur, le dossier revendicatif des étudiants en médecine et médecins interne et résidents a atterri chez Abdelilah Benkirane, le Chef du gouvernement.
Ce dernier, après s'être frotté à la détermination des grévistes, a cédé, encore une fois, la patate chaude aux ministres de tutelle qui adoptent un ton d’apaisement. Pourtant, rien n’est encore résolu ni acquis.
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