La filière équine vise 1,1 MMDH de recettes fiscales à l'horizon 2020
Infrastructure, formation professionnelle, alignement avec les standards internationaux... Voici les détails de la stratégie marocaine.
La filière équine au Maroc représente un potentiel de développement économique et social considérable. Dans ce sens, le Maroc a mis en place une stratégie de développement de la filière équine, secteur porteur d’expansion et de valeur ajoutée pour l’économie du pays, afin d’assoir son rôle de levier de développement économique.
Cette stratégie tente de promouvoir l’offre marocaine et son rayonnement à l’international, notamment via les chevaux nés et élevés au Maroc.
En effet, selon la Sorec (Société royale d’encouragement du cheval), la filière emploie près de 11.500 personnes directement ou indirectement, qu’il s’agisse d’éleveurs, d’entraîneurs, de jockeys, de vétérinaires, d’artisans, ou d’autres métiers annexes se rapportant aux différentes sous-filières en relation avec le cheval.
Si elle représentait en 2009, au début de la mise en place de la stratégie, près de 0,5% du PIB marocain, et 700 millions de DH de recettes au titre de la TVA, l’ambition à l’horizon 2020 est de porter sa contribution au PIB à 7 milliards de DH (ndlr: soit 2,9% du PIB marocain calculé au terme du 1er trimestre 2015), et ses recettes fiscales à 1,1 milliard de DH.
La stratégie équine repose essentiellement sur trois axes:
- la reconversion des activités liées au cheval en les alignant aux standards internationaux via l’infrastructure, les techniques d’élevage et d’entraînement, et la formation en métiers;
- la promotion du Barbe, cheval emblématique au Maroc, et des haras nationaux dans l’ensemble;
- le renforcement des sources de financement de la filière et leur pérennisation.
Concernant l’infrastructure, si les pistes marocaines sont aujourd’hui reconnues comme adaptées aux normes mondiales, les différents hippodromes et champs de courses déjà construits, notamment ceux de Rabat et d’El Jadida, sont en train de faire peau neuve pour améliorer la capacité des espaces d’accueil et la qualité d’organisation des grandes courses internationales.
La construction d’autres hippodromes et centres d’entraînement sera entamée fin 2015 à Khénifra, Bouznika et Bouskoura.
D’un autre côté, dans le même souci d’excellence de l’offre équine marocaine, la Sorec et l’OFPPT (Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail) ont mis en place une formation aux métiers de jockey et de cavalier d’entraînement.
Un cru de 15 jeunes jockeys et cavaliers d’entraînement de 15 ans ou plus, diplômés de l’Institut marocain du cheval à la suite de 2 années d’études théoriques et pratiques, pourront intégrer le monde professionnel et seront accompagnés tout au long de leur insertion.
Des systèmes d’information relatifs à la gestion des courses, et l’infrastructure numérique dernière génération dédiée à leur arbitrage et leur transmission sont également mis en place afin d’appuyer l’expertise marocaine en termes de courses hippiques.
Enfin, dans le but de professionnaliser et responsabiliser les acteurs privés, des subventions et des aides logistiques ont été accordées aux professionnels ( aux moyens limités), pour les accompagner dans leur reconversion vers les techniques modernes répondant aux standards internationaux.
A travers ces efforts, c’est la marque équine marocaine qui est mise en valeur, à la fois pour attirer les grandes compétitions, qui pourront promouvoir le tourisme équin et attester de la qualité des chevaux et des courses marocaines, mais également pour dynamiser le secteur du point de vue financier, et attirer les investissements.
Si la stratégie équine tente de faire du cheval marocain et des activités qui y sont liées un atout touristique et une image de marque à rayonnement international, elle vise aussi, à l’échelle nationale, à démocratiser l’accès au cheval en enrichissant l’offre d’évènements équestres, et en redorant l’image des courses équestres dans la société.
A cet égard, des activités liées au cheval sont de plus en plus organisées au Maroc, pour faire découvrir le domaine au plus grand nombre, et le présenter en tant qu’activité culturelle, comme en Turquie, où les courses et spectacles équestres sont les destinations familiales par excellence.
Rappelons que le 1er Meeting international des courses de pur-sang, l’un des plus grands rendez-vous hippiques en Afrique, a eu lieu les 20 et 21 novembre 2015 à l’hippodrome de Casa Anfa.
Ce meeting, où s’affronteront des élevages nationaux et internationaux, permettra de jauger le niveau sportif et la technicité des écuries marocaines par rapport aux compétences de leurs homologues étrangères, mais surtout de conformer davantage les courses marocaines aux standards internationaux.
D’autres évènements sportifs ou artistiques seront prévus tout au long de l’année.
Quelques chiffres:
- les courses sont organisées 6 jours/7 dans les différents hippodromes et champs de course du royaume;
- 6 hippodromes et 2 champs de course existent au Maroc, d’autres sont en construction;
- 2.160 courses par an, soit une moyenne de 8 courses par jour;
- 3.200 partants différents par an, soit en moyenne 11 partants par course.
À découvrir
à lire aussi
Article : Tunnel de l’Ourika. Pourquoi ce projet à 10 milliards de DH peut changer le destin de tout le Sud-Est du Royaume
Reliant Marrakech à Ouarzazate, le tunnel de l’Ourika figure parmi les projets d’infrastructure les plus stratégiques du Maroc contemporain. Mais malgré les nombreuses relances, aucun calendrier de réalisation clair n’a encore vu le jour, alors que les études de faisabilité restent suspendues au creusement d’une galerie de reconnaissance. Le point sur un chantier à 10 milliards de DH, au croisement d’enjeux techniques, économiques et territoriaux.
Article : Le Maroc en retard sur le Nouveau Modèle de développement, la trajectoire actuelle est insuffisante (BM)
Cinq ans après le lancement du Nouveau Modèle de développement (NMD), le Maroc avance, mais pas encore au rythme requis. Les réformes engagées améliorent la trajectoire, sans suffire à atteindre les objectifs fixés pour 2035. Pour rattraper cette échéance, le pays doit combiner des marchés plus efficaces, des entreprises plus dynamiques et un investissement public mieux ciblé. Il doit aussi mieux intégrer les femmes et les jeunes au marché du travail.
Article : Un droit de réponse de Setrat à Médias24
À la suite de notre article du 2 avril 2026 sur le redressement judiciaire de Setrat, la société nous a adressé un droit de réponse que nous publions ci-dessous.
Article : Élection CGEM. Mehdi Tazi et Mohamed Bachiri dévoilent leur programme avant l'AG élective du 14 mai 2026
À quelques jours de l'assemblée générale élective, les deux candidats à la présidence et à la vice-présidence générale de la CGEM ont présenté un programme articulé autour de l'environnement des affaires, de la souveraineté productive, de l'innovation, du rayonnement international et des synergies internes. Ils portent l'ambition de faire passer la Confédération d'un rôle de plaidoyer à celui de la réalisation et de l'impact.
Article : Coupe du monde 2026. Soufiane Benjdida, un sacré candidat
Meilleur buteur de la Botola Pro, l’attaquant du Maghreb Association Sportive de Fès est impliqué dans plus de la moitié des réalisations de son équipe. Grâce à un ratio qui frise le but par match, l’attaquant met toutes les chances de son côté afin de participer au Mondial 2026. D’autant que ses concurrents ne sont pas dans la forme de leur vie.
Article : Élections 2026 : la FGD et le PSU feront front commun
Réunis séparément le dimanche 10 mai à Casablanca et à Mohammédia, les deux conseils nationaux ont validé des candidatures communes et une répartition des circonscriptions, quatre ans après les divisions de 2021.