Gadem: la politique sécuritaire autour de Sebta et Melilia est inquiétante
Le Gadem vient de publier un rapport sur la situation des migrants aux abords de Sebta et Melilia.
Les présides occupés de Sebta et Melilia, anciennement zones tampons face aux flux migratoires, sont en train de se transformer progressivement en centres de tri des migrants. D'après les conclusions basées sur son enquête, le Groupe antiraciste de défense et d'accompagnement des étrangers et migrants (Gadem) présente la situation comme suit: "Les abords des villes de Sebta et Melilia sont devenus des points de tri des vies. Cette situation conforte l'impunité autour des politiques migratoires régissant les frontières des enclaves."
Réduction du nombre de Subsahariens candidats à la migration
La coopération sécuritaire qui lie le Maroc à l'Espagne en matière de migration a débouché sur la construction d'une triple barrière espagnole, en plus de celle érigée par le Maroc en 2014, renforcée, en 2015, par un revêtement de fils barbelés. De plus, Melilia, véritable forteresse espagnole, est dotée de 600 agents fixes de la Guardia civil, 180 agents des unités tournantes, 42 caméras disposées le long des barrières et un hélicoptère.
Une approche sécuritaire efficace, dont se félicitent les services sécuritaires des deux côtés de la barrière. En effet, le nombre d'entrées des Subsahariens à Melilia a fortement régressé. La Guardia civil recense ainsi 134 tentatives de saut de barrière à fin mai 2015, contre 2.240 cas répertoriés en 2014.
Peu de soutien des ONG basées à Sebta et Melilia
A l'intérieur des deux villes, la situation des migrants subsahariens n'est pas à envier. Elsa Tyszler, membre de l'observatoire Migreurop, note que "l'activité des associations de protection des droits de l'homme et particulièrement celles qui se penchent sur la politique migratoire ou sur les conditions des migrants, est fortement réprimée à Sebta et Melilia."
De plus, les demandeurs d'asile ne peuvent pas non plus se déplacer librement sur le territoire espagnol pendant l'examen de leur demande. Il leur est ainsi interdit de rejoindre la péninsule, en dehors de tout cadre légal.
De nouveaux canaux de transit dangereux
Si ces mesures sont une réussite sur le plan sécuritaire, elles sont fortement préjudiciables et dramatiques sur le plan humanitaire. A ce propos, Bilal Jouhari, chargé de communication du Gadem, a déclaré, lors d'une conférence de presse organisée ce jeudi: "Confrontés à une politique sécuritaire agressive, les Subsahariens candidats à la migration empruntent d'autres canaux.
De plus en plus de personnes choisissent ainsi d'emprunter la route du Sud pour traverser les eaux jusqu'aux îles Canaries depuis la ville de Laâyoune." "D'autres quittent le Maroc pour tenter de rejoindre l'Europe à partir de la Libye." Des canaux de plus en plus risqués et dangereux, qui inquiètent les défenseurs du droit à la libre circulation des personnes.
C'est le cas de Stéphane Julinet, membre du Gadem. Il a déclaré, lors de la même conférence, qu'il lui est arrivé de constater "des déplacements massifs de Subsahariens vivant à Fnideq (ville frontalière avec Sebta) à plusieurs kilomètres de là, vers la ville de Tiznit". En effet, notent les membres du groupe, "u desi les renvois vers les pays d'origine des migrants arrêtés ont fortement baissé, leur déportation, à destination d'endroits isolés ou pesservis, est cdevenue monnaieourante".
Les Syriens, nouveaux candidats aux frontières de Sebta et Melilia
Le net recul du nombre de candidats à l'immigration clandestine issus des pays d'Afrique subsaharienne ne fait pas pour autant baisser le nombre d'arrivées d'étrangers sur le territoire espagnol. Selon le Haut commissariat aux réfugiés, entre janvier et juin 2015, 4.849 individus ont franchi la barrière de Melilia, 4.049 d'entre eux sont d'origine syrienne. Une tendance confirmée par les chiffres de la Guardia civil, qui recense 3.288 Syriens dans les centres d'internement pour étrangers.
à lire aussi
Article : Visas au Maroc : BLS International renforce la sécurité des rendez-vous
BLS International renforce ses services de visa au Maroc grâce à l'IA et aux normes internationales et pour assurer ses opérations au Maroc en déployant des outils de supervision en temps réel et de contrôle opérationnel au sein des systèmes d'attribution des rendez-vous et des environnements de service, afin d'assurer une expérience plus fiable et plus transparente aux usagers.
Article : Khalil al-Hayya élu à la tête du bureau politique du Hamas
Le Hamas a élu Khalil al-Hayya à la présidence de son bureau politique, en remplacement du défunt Yahya Sinwar, selon un communiqué publié sur son compte officiel Telegram. Le nouveau dirigeant s'est imposé avec 35 voix, contre 34 pour l'ancien chef du mouvement, Khaled Mechaal.
Article : La réforme des prix des médicaments relance le dossier de la rémunération à l’acte des pharmaciens
Le projet de décret révisant les prix des médicaments pourrait rouvrir un chantier longtemps resté en suspens : celui de la rémunération à l'acte pharmaceutique, qui permettrait de payer le pharmacien pour la dispensation et le conseil, et non plus seulement à travers sa marge sur les médicaments. Selon nos informations, cette piste est actuellement examinée avec les autorités concernées.
Article : Créances en souffrance : où en est le projet de marché secondaire ?
Le projet de loi encadrant la cession directe des créances a été transmis au Secrétariat général du gouvernement. Alors que leur stock atteint actuellement 102,3 milliards de DH, Bank Al-Maghrib travaille en parallèle sur les volets fiscal, judiciaire et prudentiel nécessaires à la création de ce marché.
Article : Tafilalet-Figuig : 1.276 zones minières cherchent preneurs
Le ministère relance son appel à concurrence pour attribuer des permis miniers dans cette vaste région de l’Est marocain. Le dispositif, fortement élargi, couvre désormais près de 27.000 km² et impose de nouveaux engagements sociaux et environnementaux aux candidats.
Article : Bologne : la mort d’un Marocain lors d'une arrestation secoue l’Italie
Installé en Italie depuis plus de trente ans, Abderrahim Fakir a perdu la vie le 19 juillet sous les yeux de ses voisins. Retour sur un drame qui ébranle la péninsule italienne.