Risques sismiques: Faut-il s’inquiéter?
Quatre secousses sismiques ont été enregistrées au large d’Al Hoceima ce lundi. Serait-ce un signe avant-coureur d’un puissant tremblement de terre au Maroc?
Selon l’Institut national de géophysique du Maroc (ING), une secousse tellurique à 4h22 de magnitude 6,3 (échelle de Richter), suivie de 3 répliques, ont été confirmées ce lundi 25 janvier au large d’Al Hoceima. Les magnitudes enregistrées par les différents observatoires ne sont pas similaires. Selon un observatoire français, la principale secousse avait une magnitude de 5,4 et 6,1 selon un observatoire américain.
Ces écarts s'expliquent par «l’emplacement des appareils de chaque observatoire, qui permettent de calculer la magnitude, ainsi que la méthode de calcul», souligne Nacer Jabour, chef du service de la surveillance et alerte sismique à l’ING, contacté par Médias 24.
Même son de cloche pour le géophysicien et sismologue Tajeddine Cherkaoui : «Chaque observatoire effectue son calcul à partir de ses stations. C’est normal d’avoir quelques différences, mais il ne faut pas que la marge dépasse 0,5 degré, échelle de Richter», et d’ajouter: «Il y a plusieurs types de magnitudes (Mw, mbLG, mb, etc) dans l’échelle de Richter».
La secousse principale, qui, soulignons-le, n’a aucun lien avec le séisme qui a frappé Al Hoceima en 2004, a été suivie des trois répliques quelques minutes plus tard seulement (à 4h34, 5h54 et 6h10), alors que celles-ci surviennent, habituellement, quelques jours après le séisme principal. «Généralement, les répliques suivent le tremblement initial quelques jours après. C’est quelque chose de nouveau que nous avons observé lors de ce séisme » explique M. Jabour.
Heureusement, pas de gros dégâts enregistrés : 9 blessés à Al Hoceima, dont 3 ayant subi des fractures sérieuses et de légers dégâts matériels.
Un séisme à venir au Maroc?
A ce jour, il n y a aucun signe sûr pour dire qu’un tremblement de terre est sur le point de se produire. Néanmoins, les scientifiques peuvent prévoir un séisme dans une période de temps donnée. Cette période va généralement de quelques années jusqu’à quelques décennies.
« A présent, on ne peut pas dire que ces secousses constituent un signe précurseur d’un nouveau séisme. Mais la sismicité au Maroc reste relativement importante. Le pays n’est pas à l’abri d’un nouveau séisme», explique M. Cherkaoui.
Selon le sismologue, le nord du royaume est une région où l’activité sismique est plus intense. «Dans le nord du Maroc, la région est plus sujette à l’activité sismique, à cause du rapprochement et de la collision des deux plaques Afrique-Eurasie de 0,4 centimètres chaque année au niveau du détroit de Gibraltar ».
Pour le spécialiste de l’ING, Nacer Jabour, pas de réelles craintes à se faire, même si tout reste possible. « Même s’il y a eu ces secousses, il y a peu de chances qu’un séisme se produise. Mais il reste impossible d’en écarter l’hypothèse, car rien ne permet réellement de prévoir un tremblement de terre».
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