Grève générale. L'enseignement et les collectivités locales paralysés
Deux mois et demi après la dernière grève générale, la capacité de mobilisation syndicale ne semble pas s’être affaiblie, surtout pour le ministère réservoir qu’est l’Education nationale et le secteur du Transport. Tour d’horizon à Casablanca et Rabat
Le point saillant de la grève générale de ce mercredi 24 février concerne surtout le secteur public, avec un mot d’ordre largement suivi dans l’enseignement. La grande majorité des écoles primaires, collèges et lycées n’assurent aucun cours aux élèves.
Aucun véhicule de Mdina Bus, principale compagnie casablancaise de transport en commun détenue à 50% par l’Etat, n’est visible dans les rues de la capitale économique. Les bus des autres sociétés privées comme Lux transport ou Rafahiya Bus n’ont pas suivi l’appel à la grève et assurent normalement leur service.
La grève est une réussite dans la capitale économique
A Casablanca, le tramway ne circule nulle part, alors qu'à à Rabat, toutes les stations sont desservies.
Toujours dans le secteur des transports privés, rares sont les petits ou grands taxis qui se sont joints au mouvement de grève et seuls quelques chauffeurs syndiqués ont choisi de ne pas travailler.
Concernant le secteur de la justice, les tribunaux fonctionnent normalement pour ce qui est des audiences. Les fonctionnaires chargés de délivrer des documents administratifs sont en grève.
Les médecins des hôpitaux de la capitale administrative et économique assurent des permanences pour les cas d'urgence, empêchant la paralysie du secteur médical.
Dans les collectivités locales, les agents du ministère de l’Intérieur sont à leur poste, mais la plupart des agents des arrondissements ne dispensent aucune prestation.
Du côté des banques, seules quelques agences sont ouvertes au public.
Moubdii réservé
Joint par Médias 24, Mohamed Moubdii, ministre de la fonction publique et de la modernisation de l’administration, se dit incapable de répondre pour l’instant à la question de savoir si la grève d'aujourd'hui a mobilisé plus de monde que la précédente grève générale.
Il reconnaît toutefois qu'il y a "de vraies perturbations au niveau des transports en commun. Certains secteurs comme l’enseignement et les collectivités locales sont indéniablement plus touchés que d’autres".
Les chiffres des ministères les plus touchés ne sont pas encore disponibles. "Les syndicats à l’origine de cet appel à la grève ne doivent pas se contenter d’appeler à l’arrêt du travail. Ils doivent surtout faire des propositions sérieuses sur le dossier de la réforme des retraites que le gouvernement a engagée», souligne-t-il.
Les syndicats réjouis
Abderahmane Azzouzi du syndicat FDT annonce quant à lui des chiffres qui contredisent complètement les déclarations réservées et optimistes du ministre de la fonction publique.
Il affirme que le secteur public de la santé est paralysé à 80%, l’enseignement à 94%, 60% des bus casablancais et 50% des taxis sont immobilisés, et 90% des collectivités locales font grève.
Si ces chiffres sont difficilement vérifiables, il semble que le secrétaire général a tendance à forcer le trait car selon nos propres observations, il n’y a aucune pénurie de grands ou petits taxis à Rabat et Casablanca.
Plus mesuré, son collègue Mohamed Handouf, secrétaire général du syndicat des fonctionnaires UMT déclare qu’au niveau national, 70% (et non 90%) des enseignants ont suivi l’appel à la grève.
Selon lui, 90% des fonctionnaires du ministère de l’agriculture ne se sont pas rendus sur leur lieu de travail et 100% des agents de la conservation foncière boycottent leur activité habituelle.
Ce syndicaliste conclut que des représentants syndicaux de 10 ministères marocains effectuent un sit-in de protestation devant le siège du ministère de la fonction publique et de la modernisation de l’administration à Rabat
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